C’est devenu, au fil des années et dans des villes de plus en plus nombreuses, une initiative culturelle et patrimoniale appréciée des habitants, plébiscitée par les touristes et recherchée par les estivants : à la nuit tombée, un monument, ou un parcours de sites, s’habille de lumière, sous les projecteurs découpant sur les silhouette de pierre une magie de couleurs, une fresque féerique, une chanson de geste. Manière exceptionnelle de réconcilier Histoire et haute technologie, de faire vibrer les âmes et communier les cœurs, de célébrer, en une rêverie patrimoniale et technique, nos racines qui ont tellement soif de notre émotion.

On appelait cela les son et lumière, comme au Lude, puis l’inégalable Cinéscénie comme au Puy du Fou, mais la famille s’est agrandie, la créativité s’est déployée et c’est un florilège de sites et de villes, désormais, qui attirent des amateurs et des curieux toujours plus nombreux. D’autant que ces spectacles, par nature extérieurs et accessibles, répondent mieux que d’autres aux circonstances nouvelles de l’accueil du public : déambulations à l’air libre, tableaux successifs, formats resserrés, ils permettent à un large public de découvrir les merveilles de notre culture. Ces vastes théâtres de lumière, empruntant leurs techniques aux théâtres d’ombre, ces nuits aux chandelles à ciel ouvert, où l’on aime à lever les yeux dans la nuit étoilée, ce cinéma extérieur, révélant la grandeur de nos bâtiments et de nos bâtisseurs, sont capables de mêler les arts dans un jeu de couleurs, de peintures, de vitrail et de nous faire concorder, c’est-à-dire de faire converger les cœurs autour d’une célébration commune comme il en existe peu.

Grands ou petits, amateurs ou connaisseurs, celui qui croit au Ciel et celui qui n’y croit pas, tous, comme rarement, nous retrouvons sur la place publique, laissant un peu notre tête un peu trop cartésienne, pour laisser toucher les cœurs et redevenir, le temps d’une courte soirée en fore de feu d’artifice, les enfants d’une même mère patrie. Il ne faut jamais lâcher la main de l’enfant que l’on a été. Alors écarquillons les yeux, tournons-nous vers les étoiles et laissons-nous bercer, le temps d’un songe d’été, par les scénographies de lumières de Chartres ou du Puy-en-Velay, de la Nuit aux Invalides ou du mont Saint-Michel, et poussons les portes, au réveil, de ces lieux imaginés par Culturespaces, de l’Atelier des Lumières aux Bassins de Lumière, en passant par les Carrières de Lumières et qui, de à Bordeaux en passant par les Baux en Provence, réenchantent le rêve français en nous immergeant tout entier dans les couleurs retrouvées de nos vies trop grisées.

Retrouvons nos couleurs ! Et si c’était cela, le programme de notre été, et le « nouveau chemin » que d’autres, dans le noir, peinent tant à trouver ?

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