Nos ancêtres les Gaulois n’avaient qu’une seule crainte : que le ciel leur tombe sur la tête. Mais force est de constater que les temps ont changé : dans le parc qui leur est consacré, à quelques kilomètres au nord de Paris, et qui porte le nom de notre plus célèbre héros de bande dessinée, c’est désormais lorsque la casquette vous tombe de la tête que commencent les mésaventures !

Ainsi, au milieu des manèges et des attractions nouvellement rouvertes après des mois de fermeture, c’est à un spectacle inattendu que visiteurs et enfants ont assisté, il y a quelques jours : celui d’une bagarre générale entre des « jeunes » et le personnel chargé de l’accueil et de la surveillance du parc de loisirs. En cause, la perte d’une casquette sans doute mal vissée ou posée à l’envers, sur le crâne sans doute trop étroit d’un « jeune » visiteur souhaitant aussitôt l’arrêt du manège pour récupérer son précieux couvre-chef. Las, les règles de sécurité imposant de ne pas circuler sous les installations réclamaient d’attendre la soirée et la fermeture du parc pour s’adresser aux objets trouvés. Si l’on peut regretter, au pays des irréductibles réfractaires, ce nouvel interdit de caserne retranchée romaine, il n’y a sans doute pas de quoi se transformer en sanglier hirsute. Et pourtant, voici le résultat : mouvement d’humeur et bousculade, sous les yeux ébahis du public familial assistant à la scène, et – sans potion magique, s’il vous plaît – coups, contusions et côtes cassées pour le personnel pris à partie par l’homme sans casquette et ses compères, précise Le Parisien.

La direction a fait part de son regret pour ce malheureux événement, d’autant qu’il risque de ne pas faire la promotion d’un site qui peine déjà à attirer de nouveau les visiteurs. Elle convient que l’offre tarifaire avantageuse du moment attire un public moins familial, de « jeunes » désœuvrés mais qui ont eux aussi droit au loisir, à la fête et au bonheur, quitte à entraver celui des autres. Quant aux public familial, il se le tient pour dit, et les nombreux témoignages font état d’un climat de plus en plus délétère, d’un esprit de plus en plus éloigné de celui du village gaulois de nos enfances, et régulièrement théâtre d’une grande foire du trône plus proche de la foire que du trône. Avis à la population : on se consolera avantageusement en allant découvrir le Puy du Fou, à quelques kilomètres de route et à des années-lumière de cette atmosphère banlieusarde. Passons.

Triste constat, cependant, de voir le devenir le Parc des rixes, « nos ancêtres les Gaulois » laisser place à « nos jeunes les barbares », et de devoir donner raison à César qui s’interrogeait, au début de chaque album, sur sa totale domination sur la Gaule… Car cette fois, c’en est bel et bien fini du petit village qui résistait encore et toujours à l’envahisseur. La Gaule est-elle entièrement dominée ? Toute ? Eh bien, oui, toute… Et le village d’irréductibles ? Transformé en grand manège où l’on perd, non seulement sa casquette, mais sa tête, son temps, ses repères. Jusqu’à tomber, comme un fruit trop mûr, sous les coups des assauts extérieurs.

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