La célébration des identités locales comme fer de lance de l’économie culturelle ? En direct de son grand parc, Nicolas de Villiers répond au micro de Boulevard Voltaire. Revenant sur cette menace de virus qui plane sur le secteur touristique, il invite également chaque région à célébrer ses racines par d’autres « » dans toute la France.

Il y a un mois, le Puy du Fou ouvrait enfin ses portes. Quelle réponse feriez-vous à ceux qui vous reprocheraient d’être à l’origine de nouveaux clusters ?

C’est une très bonne question. Nous ne sommes pas du tout à l’origine de nouveaux clusters puisque nous n’avons pas ouvert le Puy du Fou dans des conditions qui auraient été déraisonnables.
Nous avons ouvert le Puy du Fou parce que nous savions que nous étions capables de proposer une organisation qui soit non seulement conforme aux souhaits de l’État, mais qui soit aussi très exigeante, bien au-delà de ce que l’État demande. Nous étions donc capables d’accueillir nos visiteurs dans la sécurité sanitaire et, par conséquent, dans la sérénité. C’est pour cette raison-là que nous nous sommes battus. Nous savions que nous n’étions pas les seuls dans ce combat et que, derrière nous, beaucoup de voix silencieuses souhaitaient que notre combat soit gagnant. Tous les lieux culturels, de tourisme et de loisir savaient que si le Puy du Fou gagnait ce combat, tous les lieux de culture et de tourisme allaient aussi dans notre sillage pour ouvrir leur porte. C’est, d’ailleurs, ce qui s’est passé, le 2 juin dernier.

Le Puy du Fou est, aujourd’hui, une marque internationale avec, notamment, une deuxième saison en Espagne. Quel accueil les Espagnols font-ils à ce savoir-faire français ?

Nous avons été très surpris d’être particulièrement bien accueillis par les Espagnols. Ils ont finalement vibré au spectacle que nous leur avons proposé qui raconte pourtant l’Histoire espagnole. Ce spectacle est écrit par des Français avec tous les conseils historiques et culturels pour éviter que nous soyons hors sujet. Il fallait donc toucher le cœur des Espagnols par un spectacle qui célèbre l’âme du peuple espagnol. Je crois que nous avons réussi pour partie, même si c’est toujours une œuvre perfectible. En tout cas, le premier soir, nous avons vu les larmes des Espagnols couler, et ce, chaque soir de représentation. Cela montre que les Espagnols ont particulièrement été touchés par ce premier spectacle qui, naturellement, était l’éclaireur. Dans les mois à venir, d’autres spectacles sur l’Histoire de l’Espagne auront lieu. En mars 2021, nous ouvrons notre premier parc Puy du Fou en Espagne.

Vous fourmillez de projets pour les années à venir. Avez-vous des surprises à nous révéler ?

Nous sommes toujours tournés vers les années à venir avec l’idée d’une créativité permanente. C’est vraiment la stratégie du Puy du Fou et notre état d’esprit, celle à la fois de nous renouveler pour nous-mêmes, mais aussi pour nos visiteurs. Ces derniers aiment venir chaque année au Puy du Fou avec la découverte de nouvelles surprises. Cette année, nous avons ouvert un nouveau spectacle qui s’appelle « Les Noces de feu ». Ce spectacle est tout en poésie et en même temps très spectaculaire. C’est une féerie nocturne qui se déroule sur un lac d’où émergent toutes sortes de surprises particulièrement gigantesques et impressionnantes, mais qui sont à chaque fois servies par une poésie. Le Grand Siècle est notre nouvel hôtel inspiré de l’architecture et de l’univers de Louis XIV, le Roi-Soleil. Notre théâtre Molière est un lieu de congrès qui s’inspire lui aussi de l’architecture du Roi-Soleil. L’objectif, pour nous, est de continuer à faire rêver nos visiteurs français et étrangers à partir de ce qui constitue l’âme du peuple français, l’Histoire de France, le patrimoine français, la culture française dans toutes ses dimensions et toutes ses images d’Épinal. C’est finalement en puisant dans l’imaginaire collectif français que nous inventons nos nouveaux spectacles.
Par conséquent, pour les années à venir, il y aura bien sûr de nombreuses nouvelles surprises au Puy du Fou.

Le Puy du Fou fait vivre économiquement et touristiquement un bassin d’emploi. Pensez-vous qu’ailleurs, en France, la célébration des identités locales puisse être un des fers de la relance ?

Je suis convaincu que chaque province française a une identité. La France est riche de toutes ses identités qui partagent ensemble ce même légendaire français. Oui, je crois qu’en France, il y a la richesse patrimoniale pour faire des Puy du Fou dans toute la France. Pourquoi pas. C’est à l’initiative de chaque région, de chaque terroir et de chaque province française dans toute leur richesse, toute leur histoire et toute leur identité que de faire une chanson de geste de leur propre histoire. Je crois donc que c’est possible.
La France est riche de toutes ces couleurs-là absolument extraordinaires. Elles sont ce que nous avons sans doute de plus cher et de plus précieux. Il faut les montrer à celles et ceux qui viennent nous voir du monde entier. La France est, d’ailleurs, le premier pays touristique du monde entier. Elle fascine le monde par son art de vivre qui est une recette tout à fait mystérieuse née de la rencontre de toutes ces traditions, de tous ces rites et de toutes ces coutumes qui ont marqué la France dans toutes ses régions. La France est un pays qui s’étale sur un territoire qui n’a pas bougé depuis 1.000 ans, même si elle a eu des moments de faiblesse. Parfois, nous avons été mis en difficulté, mais nous n’avons pas perdu cette identité-là. C’est très unique dans l’histoire du monde. Je crois que c’est une chance qu’il faut absolument cultiver et montrer au monde.

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