Pour l’ancien Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, les radars et les 80 km/h étaient la seule solution pour limiter le nombre de morts sur les routes. 2020 fut, au contraire, l’année... des excès de vitesse. Le récent rapport de la Sécurité routière recense 13,3 millions d’infractions, soit une augmentation de 3,0 % par rapport à 2019. Sur les routes désertes durant le confinement, certains usagers ont profité des sensations de la vitesse.

Dans le rapport de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), il est sous-entendu que les gilets jaunes et les manifestants contre la réforme des retraites auraient dégradé un nombre de radars tel que les chiffres ne seraient pas représentatifs. « Cette hausse est un retour aux valeurs de 2018 suite à la baisse de 2019, en partie due au vandalisme du dispositif du contrôle automatisé et à la réorganisation de l’activité des forces de l’ordre pendant les mouvements sociaux du début de l’année 2019 », explique, sans l'ombre d'un doute, l’ONISR. L’ancien Premier ministre Édouard Philippe avait tenu personnellement à faire appliquer cette mesure dont l’objectif était de réduire la mortalité sur les routes. Mais l'influence du vandalisme est contestée par l’association 40 millions d’automobilistes. Selon eux, la dégradation des radars a commencé bien avant : le 1er juillet 2018, date de l’instauration des 80 km/h. « Non, les 80 km/h n'ont pas sauvé des vies », déplorait Alexandra Legendre, porte-parole de la Ligue de défense des conducteurs, en septembre 2021, auprès de Capital. Selon plusieurs associations, la Sécurité routière essaie de reporter la faute sur les mouvements sociaux de l’année 2019 afin de masquer son propre échec avec les 80 km/h. Questionné à ce sujet, l’ONISR dément cette hypothèse.

Plus de sévérité avec les excès de 2020 ? 

Selon le porte-parole de 40 millions d’automobilistes, « on met tout le monde dans le même panier, or 80 % d'automobilistes font des excès de vitesse entre 1-10 km ». Une sévérité que ne connaissent pas nos voisins anglais. De l’autre côté de la Manche, une tolérance est appliquée pour les petits excès de vitesse. Les appareils de mesure de la vitesse ont une marge entre 3 et 4 km/h, à cela s'ajoutent les 10 % que peuvent accorder les forces de l’ordre anglaises au-dessus de la vitesse maximale autorisée. Mais voilà, les radars anglais sont bien moins rentables que leurs cousins français. « En Angleterre le coût d’entretien des radars oscille entre 100-150 millions et les amendes rapportent autant : le budget est donc à l'équilibre. En France, c’est une autre histoire, car le coût d’entretien est d’environ 150 millions d’euros alors que les radars rapportent plus d’un milliard de recettes », précise le porte-parole de l’association qui défend les conducteurs. Que fait l'État de cette manne ? « 87 % des recettes issues des radars sont réinvestis dans des infrastructures et des outils en faveur de la sécurité routière », affirme par mail Thierry Monchâtre, responsable des relations presse de la Sécurité routière. L'argent des amendes est donc réinvesti en partie dans des... radars ! Un excellent business model.

13 janvier 2022

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