J’aime bien Fécamp et son charme suranné d’ancien grand port de la morue, sa superbe maison Bénédictine et son front de mer très anglo-saxon où on s’attend à croiser Hercule Poirot, le capitaine Hastings et, pourquoi pas, Miss Marple se promenant sur le front de mer.

Le site a déjà été copieusement dénaturé par un petit champ d’ dont on aperçoit les pales tournant au sommet de la falaise qui surplombe le port, dans la perspective de la chapelle consacrée aux terre-neuvas. Mais décidément, il semble que l’éolien ait le vent en poupe, à Fécamp, puisque le lancement du projet « éolien off-shore » vient d’être annoncé par EDF.

71 seront installées au large de Fécamp, dans un rayon de 13 à 22 kilomètres des côtes. Ces « monstres marins » doivent produire, en 2023, 500 mégawatts, de quoi alimenter la consommation annuelle de 770.000 personnes, soit 60 % de la population de Seine-Maritime.

Ces chiffres peuvent impressionner le vulgum pecus, mais ils sont naturellement à relativiser.

Non loin de Fécamp se trouve le site de Penly : deux réacteurs nucléaires y fonctionnent en toute depuis 1990 et 1992. Ces deux réacteurs produisent, chacun, 1.300 mégawatts, soit 2.600 mégawatts au total et, donc, l’équivalent de cinq champs d’éoliennes, soit 350 « grands oiseaux » environ.

Au surplus, un rapide examen des participants au projet « off-shore » montre que tout cela n’est pas réellement franco-français puisque l’on trouve EDF à 35 %, la canadienne Enbridge à 35 % et le groupe allemand Wdp pour 30 %. L’État français qui, via EDF, garantit un prix d’achat du kWh n’est même pas majoritaire. Cerise sur le gâteau, c’est Siemens (à qui l’État français a bradé la branche « énergies renouvelables » d’Alstom) qui fournira les éoliennes !

Nonobstant toute considération sur l’aberration économique et environnementale que constitue l’éolien (que la plupart des pays abandonnent pour revenir au nucléaire), le montage de ce projet est en contradiction totale avec ce qui est claironné sur la relance de l’industrie française ! Quant au nucléaire, on semble découvrir que cette filière « maudite » est un véritable atout pour l’industrie française. Bravo, bravissimo, seulement la technologie française est largement dépassée et on ne sait même plus faire des soudures aux normes nucléaires, comme je l’ai déjà expliqué dans ces colonnes.

Monsieur Le Maire redécouvre le fil à couper le beurre. Vous allez voir, il va bientôt vouloir relancer la technologie du Minitel™ pour concurrencer Internet et les GAFAM et, pourquoi pas, la machine à vapeur de Cugnot pour relancer Renault !

En attendant, j’espère que les coquilles Saint-Jacques ne vont pas se barrer à toutes jambes quand Bouygues se mettra à couler le béton du perchoir de ces grands oiseaux de malheur.

7 juin 2020

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