À en croire Christophe Castaner, ex-ministre de l’Intérieur, et sa consœur Albane Gaillot (hier LREM, aujourd’hui non inscrite), il n’y a rien de plus urgent, avant la fin du quinquennat, que la réforme de l’IVG, une loi déjà rejetée par le Sénat.

L’objectif est de rallonger le délai légal de 12 à 14 semaines, c’est même « une priorité absolue », dit Mme Gaillot. Tout comme il est indispensable d’en finir avec la clause de conscience spécifique pour les médecins qui ne veulent pas pratiquer d’avortements.

Castaner dénonce, en ce domaine, « de vraies inégalités territoriales et sociales. Si on veut garantir un droit réel et égal à celles qui doivent être protégées, il est nécessaire d’allonger les délais », dit-il, précisant qu’en l’espèce, il « n’avait pas la même approche » que le chef de l’État. En ces temps de « zemmouritude », Emmanuel Macron ne veut pas se fâcher avec son électorat de droite.

Cela s’inscrit dans la série de mesures en faveur des femmes : un enfant si je veux quand je veux, toute seule, sans papa, avec une autre maman, cela grâce à la PMA pour toutes. Néanmoins, il reste encore un peu de travail à faire pour échapper aux stéréotypes discriminateurs.

C’est Libération qui nous révèle, ce jeudi, le contenu d’un rapport remis à la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale. Rédigé par Gaël Le Bohec, député d’Ille-et-Vilaine, et Karine Lebon, députée Gauche démocrate et républicaine de La Réunion, il alerte sur la nécessité d’éduquer les parents avant même la naissance de leur enfant car « les stéréotypes de genre peuvent commencer in utero ».

Karine Lebon est professeur des écoles ; elle voit là de drôles de choses. Ça commence dès la maternelle, dit-elle : « Quand on installe des jeux de dînette ou des poupées, les enfants s’en servent de manière mixte sans problème. Mais ça n’est pas toujours du goût des adultes. J’ai déjà entendu des agents communaux dire aux enfants : « Sortez de là, les garçons ! La cuisine, c’est pour les filles. » Ces phénomènes sont à l’œuvre très tôt, signe que le patriarcat, point de départ des violences, est déjà à l’œuvre. »

Nos rapporteurs sont allés quérir l’aide d’une chercheuse du CNRS, la sociologue Christine Delphy. Cette dame est catégorique : « Les stéréotypes de genre s’immiscent déjà avant même que l’enfant ne soit venu au monde, influant la manière dont les parents vont décorer sa chambre, toucher le ventre de la future mère ou projeter leur vie future avec lui. » Maman rêve d’acheter des petites robes à sa fille et papa de jouer au ballon avec son fils. C’est horrible. Si, en plus, on offre une Barbie™ à la gamine et un camion de pompiers au gamin, c’est le assuré. Il faut donc « éduquer les parents à l’égalité entre les filles et les garçons dès la grossesse » et, pour cela, mettre en place « des séances d’accompagnement à la parentalité axées sur l’égalité par les mairies ou les caisses d’allocation familiales ». C’est urgent, insiste Gaël Le Bohec, car « les stéréotypes de genre peuvent commencer in utero. Il faut mobiliser tous les intervenants à chaque étape de la vie de l’enfant, depuis la parentalité jusqu’à la scolarité, en passant par la petite enfance. »

Je me demande même s’il ne faudrait pas commencer avant de monter au lit, en amont de la conception, laquelle est déjà, en soi, une patriarcale. Surtout, il faudrait interdire l’échographie en ce qu’elle révèle aux parents mal éduqués si l’enfant est pourvu ou non d’un petit robinet, source de toutes les dérives.

Les rapporteurs proposent une vingtaine de mesures, dont la « masculinisation des métiers de la petite enfance ». Trop de femmes pour s’occuper des gosses, faut que ça change ! Et puis, il faut former les enseignants, réécrire les manuels scolaires et dégenrer les cours d’école. Et puis des quotas « du le moins représenté » dans les classes prépa.

Au fait, c’est quel genre, ça ?

7 octobre 2021

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