Culture - Editoriaux - Education - Sciences - 15 octobre 2017

L’effondrement de l’Éducation nationale n’est pas un mythe !

“Classement Pisa : les élèves français toujours médiocres” était le titre du Figaro du 6 décembre 2016. La France “affiche une peu glorieuse 26e place en sciences”. Nous sommes derrière Singapour, le Japon, l’Estonie, Taïwan, la Finlande, le Canada, la Chine, la Corée du Sud, l’Australie, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, la Suisse et même les États-Unis. Sans compter qu’on tire au sort les élèves pouvant aller à l’université ! Un bon élève sera derrière un cancre.
 
“Ils ne savent plus faire un calcul mental”, dit le proviseur du lycée du Parc à Lyon, Pascal Charpentier. Le proviseur adjoint de Janson-de-Sailly observe que “les élèves étrangers, issus d’Asie ou même de Tunisie ou du Maroc, prennent immédiatement les premières places de la classe”. “Cette baisse de niveau est le résultat de la réforme du lycée mise en place juste avant 1995, et la décision de remplacer les terminales C (mathématiques et physique) et D (biologie) par la terminale S, et la rendre plus accessible”, estime Pascal Charpentier.
 
Le magazine Capital, en 2012, estimait que le privé s’en sortait beaucoup mieux que le public : “Scolarité payante, sélection des élèves, choix des enseignants, implication des parents, autonomie des chefs d’établissement… le privé affiche de meilleurs résultats.” En 2011, l’enseignement privé a refusé 40.000 dossiers, faute de place. “Pour ces parents hantés par le déclassement, ils estiment que leurs enfants, mieux suivis, auront plus de chances d’accéder à des études supérieures.”
 
Nous avons comme ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, agrégé de droit public, ancien recteur d’académie et ancien directeur de l’ESSEC, qui semble à l’opposé des ministres précédents qui ont sabordé notre enseignement. Le magazine Causeur a titré son numéro de septembre “École : la dernière chance ?”
 
Alain Finkielkraut estime que “Blanquer n’est pas un ami du désastre”. “Pour combattre l’iniquité […] on a proclamé l’égalité de tout avec tout : du rap avec la littérature, de la culture des jeunes avec la culture scolaire et des modes d’expression les plus frustes avec les plus élaborés. À la fin du siècle dernier, Ségolène Royal a proposé dès l’école primaire une pratique accrue de l’oral au détriment de l’écrit, jugé trop favorable aux enfants de milieux favorisés.” Comment détruire l’école. Dans les quatre plus grandes écoles, la proportion d’élèves d’origine modeste est passée de 29 % en 1950 à 9 % en l’an 2000.
 
Le ministre semble conscient : “Nous sommes dans cette situation d’inégalité, car beaucoup de choses contre-productives ont été entreprises au nom de l’égalité.” Espérons qu’il arrivera à rétablir le principe d’autorité à l’école et à leur réapprendre à savoir lire, écrire et compter pour le plus grand bien de nos jeunes.

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