Le 2 novembre 2021 était un jour de vérité. Terrible et crue pour ceux d’entre nous qui pourraient encore se bercer d’illusions. Devant la cour d'assises spéciale de Paris, le terroriste a livré simplement la raison de notre défaite civilisationnelle annoncée.

L’homme a 32 ans. Il est d’origine et de culture familiale marocaine, mais de nationalité française uniquement car ses parents l’avaient obtenue, même s'ils ont vécu en Belgique où il est né. Identité compliquée, enfance simple. Depuis son box, il se décrit comme un gamin « calme, gentil ». Ses professeurs le disent « bon élève ». Il obtiendra l’équivalent belge du avant de travailler comme électromécanicien dans la de transports intercommunaux de Bruxelles. Malgré cela, sa vie est émaillée de délits dits mineurs, d'une incarcération en 2011, d'infractions diverses et de rencontres. Un parcours initiatique... On connaît la suite.

La révélation : « J'ai été imprégné des valeurs occidentales », dit Abdeslam, devant ses juges. « Selon vous, les valeurs de l'Occident, ça correspond à quoi ? », questionne un avocat des parties civiles. Réponse du prisonnier : « C'est vivre comme un libertin, vivre sans se soucier de Dieu, faire ce qu'on a envie. » Tout est là ! Avant l’illumination et le retour à la foi islamique, Abdeslam se drogue, se saoule, fréquente les bars gays de Bruxelles. « Vivre comme un libertin. » Assouvissement du désir. Égoïsme. Dégradation de l’âme et du corps. Jeunesses gâchées.

En janvier 2015, La parution de Soumission avait échauffé la bien-pensance. Rappelez-vous : Michel Houellebecq y soignait ses angoisses égoïstes de dévirilisation en imaginant le bonheur masculin retrouvé dans une République française islamique en 2022 ! Mohammed Ben Abbes, fils d’un épicier tunisien de Neuilly et leader d’un nouveau parti, La Fraternité musulmane, réussissait, grâce au soutien des partis établis contre Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, à se hisser à la fonction suprême. Le « pactisant » (dhimmi) par excellence était François Bayrou, qui devenait Premier ministre de ce basculement civilisationnel.

Le positionnement récent de ce politicien contre les choix défensifs d’Éric Zemmour, qu’il accuse d’organiser la « subversion » des esprits en essayant de « détruire ce qu’il y a de plus précieux de notre héritage français » – sans doute faut-il comprendre « tolérance » –, illustre à la fois sa canaillerie intellectuelle et son conformisme culturel falot. Bref, « un crétin, un animal politique sans consistance, tout juste bon à prendre des postures avantageuses dans les médias », écrivait Houellebecq. Ne peut-on voir dans ce portrait romancé au vitriol l’image trop réelle de la trahison des élites, incarnées par une classe politique veule, complice, par carriérisme, de la destruction des valeurs républicaines et nationales ?

Mais ces élites établies sont les émanations des masses qui les portent, partageant avec elles les nouvelles « valeurs occidentales » d'Abdeslam : perte d’idéal social ou politique, absence de rêve communautaire et national, déstructuration familiale et assouvissement suicidaire du Moi. Coquilles vides ! N’importe quel système de valeur régénérateur, fort, offrant une vision claire de l’avenir collectif, peut s’imposer à ces mirages. C’est ce qu’ont compris les nouveaux guerriers de l’ que la foi détermine. Pas seulement les terroristes. Les prosélytes d’abord, ceux qui s’imposent à la rue, en extériorisant leurs certitudes. La campagne de « tolérance » du Conseil de l’Europe en faveur de la « diversité » et du « respect du hijab » est aussi leur victoire. Un signe d’abandon culturel et moral qui « porte la subversion » d’un monde, aveugle et sourd à leur réalité totalitaire. L’acceptation avant la soumission ?

4 novembre 2021

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