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Coronavirus - Editoriaux - Santé - 1 mai 2020

Le professeur Raoult persiste et signe

a donné, ce 30 avril, une interview très intéressante sur BFM TV. Et son intérêt n’est pas dans ce que nous attendions. Il n’est pas médical…

Le professeur persiste et signe. Même s’il se contente d’être allusif… Cette épidémie ne sera peut-être pas aussi cruelle qu’on ne nous l’a fait croire. Scandale… Bien sûr qu’elle tue ! Qui l’a nié ? Il faut soigner du mieux qu’on le peut. Être pragmatiques. Mais l’histoire dira bientôt dans quelles proportions. Le Covid-19 n’aura, sans doute, pas fait plus de morts que bien d’autres épidémies avant lui. C’est ce réalisme qui choque et provoque au cœur du monde policé par la bien-pensance.

Aussi va-t-il plus loin, se demandant pourquoi cette psychose collective ?

À cause de la peur ! La peur, oui. Nous sommes vieux, fébriles, inhabitués aux drames, ankylosés dans notre confort et notre certitude du progrès. Ce qui n’enlève rien à l’ampleur et à la dureté du virus. Mais la peur explique la difficulté, pour les politiques, de gérer cette crise sanitaire.

La gestion de la peur est plus difficile que celle de l’épidémie. Nous ne sommes pas collectivement prêts à assumer les duretés d’un tel phénomène brutal et perturbateur au cœur de nos vies bien réglées.

L’apparent cynisme du professeur Raoult résulte de ce qu’il voit la réalité en face telle qu’elle est et qu’il se contente de vouloir soigner du mieux qu’il peut, avec les moyens dont il dispose. Il ne prétend pas détenir la solution miracle. Ses traitements sont-ils les bons ? A-t-il scientifiquement raison ? Ses méthodes ne sont pas conformes aux protocoles du système inspiré à la fois par le principe de précaution qui fausse la gestion du risque et du danger, et par l’entretien d’une économie et d’une culture inadaptées à la gestion d’une crise épidémique.

Telle est, sans doute, la raison de son succès et du mouvement irrationnel qui accompagne ses interventions ; bien au-delà des vertus réelles ou supposées de la chloroquine ! Il dit une vérité qui semble inaudible, mais une vérité dont le peuple confiné a besoin.

Car derrière les incertitudes de l’action politique se cache la vanité du risque zéro et la prétention du principe de précaution. Une action politique qui, à force de vouloir sécuriser et rassurer, entretient la peur. Car la peur se soigne par la confrontation au réel, elle qui n’évite pas le danger. Et si nous avions besoin de l’affronter, ce virus, plutôt que de nous en protéger ? Alors que les scientifiques doutent eux-mêmes de leur savoir immédiat et ne peuvent précisément pas donner aux politiques les moyens de fournir l’assurance tous risques dont rêvent les technocrates qui inspirent tous leurs plans !

Le blog de Bernard Hawadier.

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