Editoriaux - Santé - 12 février 2020

Le printemps est bientôt là, un grand danger vous guette : les tiques porteuses de la maladie de Lyme

Un article du 19 janvier, dans Le Parisien, titre : « De plus en plus de tiques porteuses de la maladie de Lyme dans les forêts d’Île-de-France ». Pas tout à fait exact : les tiques sont l’agent de transmission des bactéries occasionnant la maladie de Lyme, ou borréliose ; les activités humaines sont responsables de la propagation, c’est plus juste.

Sans prétention de détenir la vérité, je vais tenter d’apporter des explications à cette augmentation du nombre d’humains et d’animaux (d’élevage, de compagnie et sauvages atteints de cette maladie).

Comme pour des conflits, par exemple les Première et Deuxième Guerres mondiales ou plus récemment le chaos en Libye, où les raisons du déclenchement sont multiples : idéologiques, politiques, économiques, personnelles, les causes de propagation d’une épidémie ou d’une pandémie sont également nombreuses et complexes.

Concernant la maladie de Lyme :

– La déforestation en France, avec une pratique désastreuse qui consiste à raser des forêts de feuillus provoquant la mort et la disparition de nombre d’animaux mais aussi la migration de toutes les espèces qui y trouvaient un abri et un lieu d’alimentation. Petits et grands mammifères, oiseaux, insectes et aussi plus discrètement les rongeurs se déplacent pour gagner un lieu plus accueillant. Les rongeurs sont les réservoirs principaux de nombreux microbes responsables de zoonoses.

– La destruction ahurissante et cruelle des prédateurs naturels des rongeurs favorise l’explosion en nombre et l’expansion géographique de ceux-ci. Le renard, principalement concerné par cette chasse, est classé à tort nuisible alors qu’il est un allié essentiel des paysans mais plus généralement de l’assainissement de l’environnement et donc de tous les humains.

– La disparition des oiseaux : en Europe et en France, leurs populations ont diminué d’un tiers en quinze ans. Les raisons en sont, là aussi, multiples : pesticides, destructions d’habitat, feux d’artifice, collisions routières, pollutions lumineuses qui perturbent les routes migratoires, pratiques de chasse à la glu et autres piégeages. Avec cette diminution d’effectif, les prédateurs de tiques que sont, par exemple, les mésanges ne remplissent plus leur rôle. La reproduction des tiques est donc facilitée.

– Le transport d’animaux domestiques et d’élevage dans le monde, en Europe et en France. Animaux qui peuvent très bien être « infectés » par la borrélie. Ils transmettront donc la bactérie à des tiques saines qui, à leur tour, diffuseront le microbe.

– La défaillance du système de santé sur ce sujet qui, pour des raisons diverses, n’a pas pris au sérieux le diagnostic et le traitement de la maladie de Lyme. Des humains infectés qui, sans être soignés, deviennent ainsi des réservoirs inconscients de la bactérie. Aucune étude sérieuse ne peut nier cette possibilité qui, je suis d’accord, reste à être démontrée.

On voit bien là que c’est un ensemble de raisons, toutes liées aux activités humaines, qui sont responsables de la propagation de la bactérie et donc du nombre en augmentation d’individus atteints de la borréliose.

Le printemps arrive, je vous souhaite à cette occasion de bonnes promenades en forêt.

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