Editoriaux - 7 janvier 2019

Le miracle nucléaire !

L’idée communément diffusée est que le nucléaire constitue un terrible danger pour l’humanité. Je pense rigoureusement l’inverse : le nucléaire est une magnifique chance.

Il existe deux façons de produire de l’énergie à partir des atomes : ou bien on « les casse » (et c’est la fission) ou bien on les force à « se rencontrer » (et c’est la fusion). Dans les deux cas, il se dégage une énorme énergie liée à la perte de masse ; c’est ce qu’Einstein a mis en évidence avec sa célèbre formule E= mc2E est l’énergie dégagée, m la masse perdue lors de la fission ou de la fusion et c2 le carré de la vitesse de la lumière (300 000 km/s).

La fission nucléaire est un phénomène totalement maîtrisé : on casse des atomes en série et on récupère l’énergie dégagée pour faire tourner des turbines qui produisent de l’électricité. Le combustible utilisé est un minerai particulièrement « lourd » : l’uranium.

Nos centrales nucléaires, qui produisent 75 % de notre électricité, fonctionnent selon ce principe depuis des décennies sans qu’aucun accident notable ne se soit produit, tant les normes de sécurité sont draconiennes pour confiner les radiations et contrôler les réacteurs.

Il n’y a aucune raison scientifique de « démanteler » les centrales. Seuls des motifs « politiques » peuvent le justifier. Évoquer la notion de coût de démantèlement n’a donc aucun sens.

Le drame de Tchernobyl est dû à la conjugaison d’une terrible défaillance humaine et d’un hallucinant défaut de construction. Imaginez un instant que vous laissiez s’emballer votre machine à faire des pop-corn sans mettre un couvercle ! Résultat garanti : ça « gicle » de partout sans contrôle ; c’est ce qui s’est passé.

Quant à Fukushima, quelle étrange idée de bâtir une centrale nucléaire dans une zone sismique ! C’est comme si on mettait un récipient contenant de la nitroglycérine sur un vibro-masseur ! Comme dans Le Salaire de la peur, ça pétera tôt ou tard !
Il est vrai que casser des atomes, cela provoque des radiations dangereuses et des déchets qu’il faut stocker quelque part. Mais les enfouir à des kilomètres sous terre dans des emballages ultra-sécurisés, c’est probablement moins risqué qu’une quelconque ancienne décharge municipale !

D’autant plus que les quantités en cause sont faibles : un gramme d’uranium permet de produire autant d’énergie que 2,5 tonnes de charbon.

Et, au surplus, on sera, sous peu, capable de réutiliser ces déchets comme combustible, comme c’est le cas du fameux MOX.

Mais admettons que la technologie « fission » soit dépassée et intéressons-nous à la technologie « fusion ».

Là, au lieu de « casser du lourd », on « fait fusionner du léger ».

Un noyau de deutérium (isotope de l’hydrogène) plus un noyau de tritium (autre isotope de l’hydrogène), cela donne de l’hélium plus un neutron et fournit beaucoup, beaucoup d’énergie. C’est la bombe H. Le soleil, qui nous permet la vie, est une gigantesque bombe H !

Mais pour parvenir à cette fusion, il faut porter les isotopes de l’hydrogène à très haute température ; c’est toute la question des recherches actuelles, dans le cadre notamment du projet international ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor). Nul doute qu’on y parviendra si on donne les moyens nécessaires à la recherche fondamentale. Et là, non seulement on disposera d’une ressource quasi illimitée, puisqu’il y a de l’hydrogène partout (dans l’eau des océans, par exemple), mais on pourra produire de l’électricité sans CO2 (gaz carbonique) ni particules fines, avec des déchets radioactifs d’une durée de vie de quelques années. Dans un litre d’eau de mer, il y a environ 33 grammes de deutérium, et 33 grammes de deutérium, cela équivaut à 700 tonnes de pétrole…

Moi, l’hérétique, je pense que « ça vaut le coup d’essayer », mais conçois bien qu’une telle perspective d’énergie abondante, bon marché, disponible pour tous effraye les tout-puissants lobbys pétroliers et les « écologistes ». La vraie transition énergétique, c’est la mise au point de la fusion thermonucléaire contrôlée, et je fais confiance au génie des scientifiques pour ramener un peu de soleil sur terre.

À lire aussi

Lubrizol : ne pas se tromper de responsable…

Avec le cas Lubrizol, on touche du doigt aux aberrations de la « gestion de l’aménagement …