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Economie - Editoriaux - 6 avril 2020

Le début d’une dépression mondiale

Un krach boursier international s’est produit, en mars 2020. La tendance ne peut pas être inversée, avec de nombreux secteurs d’activité à l’arrêt : commerces non alimentaires, tourisme, hôtellerie, restaurants, usines, etc. La seule bonne nouvelle concerne la baisse du prix du pétrole qui fait suite au ralentissement de l’économie mondiale. Néanmoins, le prix est trop bas pour les producteurs de pétrole de schiste aux États-Unis. Ces producteurs sont très endettés et des faillites sont à prévoir.

Comment payer les loyers et rembourser les emprunts sans revenu ? Les entreprises vont avoir de plus en plus de difficultés dans les mois à venir. Cette situation va entraîner des dépôts de bilan pour les commerces et les entreprises les plus fragiles. Le chômage va bondir. Certaines banques, déjà asphyxiées par les taux d’intérêt bas, vont faire faillite. L’argent des épargnants géré par ces banques va s’évaporer.

Les banques centrales ont réagi en injectant davantage de monnaie dans le circuit financier. La BCE et la Fed ont annoncé de la création monétaire. Mais cette politique laxiste est déjà mise en œuvre depuis des années. Elle a permis d’obtenir des taux d’intérêt négatifs pour les emprunts d’État. Ce système est conçu pour servir les intérêts des États déficitaires. Les banques achètent les obligations étatiques et elles les revendent à la BCE. Toutefois, la création monétaire sans création de richesses en proportion provoque de l’inflation. Mais à la place d’une hausse des prix, ce sont les cours boursiers et le bilan des banques centrales (avec les obligations achetées) qui ont augmenté. Ainsi, la BCE est devenue un important créancier des États de la zone euro.

Des plans de relance par le déficit budgétaire sont mis en œuvre : ça ne coûte rien, c’est l’État qui paye. Néanmoins, les dettes étatiques sont des impôts différés. Le système repose sur l’illusion que les peuples vont rembourser les dettes accumulées par les États (2.400 milliards d’euros pour les Français).

Deux solutions permettent de sortir de la crise : la première est l’hyperinflation, qui permet de rembourser les créanciers en monnaie de singe. La seconde solution consiste en annulations de dettes. Les aides financières et les reports de cotisations consentis par l’État orientent vers la première solution.

Mais la seconde solution est d’ores et déjà mise en œuvre. Ainsi l’État libanais a fait défaut sur sa dette, le 9 mars 2020, dans l’indifférence générale. Il a déclaré être dans l’impossibilité de rembourser un emprunt de 1,1 milliard d’euros. Ce défaut de paiement devrait être le premier d’une série car la baisse des PIB, en 2020, conduira des États surendettés à faire défaut. Ce sera l’occasion de négocier des rééchelonnements et des annulations de dettes pour éviter aux peuples de se faire tondre comme des moutons.

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