Venues de tout le royaume à Manchester, 10.000 personnes attendaient, avec impatience, après trois jours de débats, de conférences, le clou du congrès des conservateurs. Deux ans qu’ils ne l’avaient pas vu. Qu’ils aient voté pour le Brexit ou pas, en 2016, ils sont aujourd’hui derrière leur leader. « J’aime Boris car il est positif et patriote, explique James I., 25 ans. Il fait les choses, comme le Brexit et les vaccins. Il est aimé dans le parti car c’est un gagnant. Rien d’autre ne compte. »

Pendant quarante-cinq minutes, Boris a fait du BoJo sous les rires et les applaudissements d’un public acquis. Tacles sur Keir Starmer, le leader du Labour, « qui ressemble à un commandant de paquebot de croisière capturé par des pirates somaliens essayant désespérément de changer de cap »Allusion à l’aile gauche du Labour, fidèle à Corbyn (sorte de Mélenchon) qui résiste à la ligne réaliste ; ou bien sur Michel Barnier, négociateur du Brexit. « Qui appelle désormais la France à « reprendre le contrôle » (en français) ? C’est ce bon vieux Michel Barnier. C’est ce qui arrive quand vous essayez de négocier avec Lord Frost, le plus grand gel depuis le grand hiver de 1709 ! » (« That’s what happens if you spend a year trying to argue with Lord Frost, the greatest frost since the great frost of 1709 ».)

À propos de la guerre culturelle en cours avec le mouvement woke, Boris Johnson a très sérieusement averti que la Grande-Bretagne risquait un « iconoclasme culturel sans s’en rendre compte ». Notre consœur du Figaro, Eugénie Bastié, vient de tweeter pertinemment : « Ceux qui se plaignent du débat en France devraient regarder vers le Royaume-Uni où règne la folie woke et où on débat si oui ou non une femme est quelqu’un qui a un col de l’utérus. Byzance et le sexe des anges. »

Grâce à un jeux de mots sur le slogan post-Covid du Parti conservateur, le « Build Back Better » (« Reconstruire en mieux ») qui fleure un peu trop le Great Reset, voici un « Build Back Burger » qui évoque la fin de l’interdiction de l’exportation du bœuf britannique aux États-Unis.

« Il est fantastique, s’enthousiasme, auprès de Laure Van Ruymbeke, la correspondante de Libération, Mary W., septuagénaire, venue avec ses amies. Il parle de la grandeur de notre pays. C’est pour cela que j’ai voté le Brexit. Et Boris, rien ne l’arrêtera ! »

Éloge de l’esprit unique des Britanniques, incarné par les soignants, les entrepreneurs ou les sportifs, Boris s’émerveille qu’un pays représentant 0,8 % de la population mondiale ait pu se hisser à la quatrième place des médailles aux derniers Jeux olympiques. « C’est cet esprit que nous allons libérer. » C’est un nouveau Royaume-Uni « libéré » de Bruxelles.

Levelling up (« redressement ») fut le mot le plus répété, apparu en 2019 lors des générales, et ainsi défini : « Utiliser nos libertés post-Brexit pour construire la prospérité, renforcer et relever chaque partie du pays. »

Une hausse des impôts permettra de ne pas avoir recours à l’emprunt. Boris Johnson, à l’inverse du Président Macron, a évoqué le « trou énorme dans les finances publiques » provoqué par la pandémie, « une météorite » que « Margaret Thatcher n’aurait pas ignorée ». « Elle aurait agité le doigt et dit : « Davantage d’emprunts maintenant, ce seront des taux d’intérêt plus élevés et encore plus d’impôts plus tard ». »

Inflexible sur l’immigration le ministre de l’Intérieur Priti Patel s’est réjoui d’avoir « mis fin à la liberté de circulation ». L’objectif du gouvernement est d’attirer les cerveaux du monde entier, « les meilleurs scientifiques ». Même s’il pourront utiliser l’immigration à court terme selon leurs besoins, tout en améliorant les conditions de travail et les salaires pour attirer les Britanniques vers certains métiers.

8 octobre 2021

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