Le Casse du siècle : Sarah Knafo ouvre les comptes du système

Dans son livre, l'élue promet de révéler comment l’argent des Français se volatilise au profit d’un système insatiable.
image @RaphaëlleRivola

Avis de recherche : où est passé l’argent des Français ? C’est à cette question que tentera de répondre Sarah Knafo, le 2 septembre prochain, jour de parution, chez Fayard, du Casse du siècle, son premier livre. Un ouvrage de 352 pages consacré à son sujet de prédilection : les finances publiques, les gaspillages et le train de vie d’une classe politique qui exige toujours davantage d’efforts des contribuables mais semble incapable de s’en imposer à elle-même.

Le ton est donné dès la présentation de l’ouvrage : « Ils vous ont tout volé. Ils ont tout détruit. Et ils tiennent tout le système. Ils ont réussi le casse du siècle. » Sarah Knafo assure avoir réuni, après une année d’investigation, « tous les indices », « toutes les preuves » et même « l’organigramme de toute leur organisation ». Avec cette promesse adressée au lecteur : « Vous entrez dans l’enquête en victime. Vous en sortirez en juge. »
La campagne de lancement de l’ouvrage se veut tout aussi ambitieuse. Un site Internet dédié invite les lecteurs à s’inscrire pour recevoir de « nouveaux indices », découvrir les coulisses du lancement ou accéder à des extraits inédits.

L’AFD, illustration de la dépense idéologique

Sarah Knafo ne part pas de zéro. Depuis son élection au Parlement européen, l’ancienne magistrate de la Cour des comptes s’est fait une spécialité de débusquer les dépenses publiques les plus invraisemblables. L’Agence française de développement, en particulier, est devenue l’une de ses cibles favorites. Officiellement, cette AFD finance les transitions vers « un monde plus juste et durable » dans les outre-mer et quelque 150 pays. Dans les faits, ses dépenses s’avèrent souvent très idéologiques. « Si on met les bons mots, "environnement", "genre", "inclusion", on peut avoir quelques millions supplémentaires », ironisait Sarah Knafo, sur CNews, avant d’égrener plusieurs projets puisés dans les données de l’agence. L’Albanie a ainsi bénéficié d’un programme de plus de 50 millions d’euros destiné à renforcer « l’égalité de genre dans l’accès aux opportunités économiques ». En Jordanie, l’agence a engagé 150 millions d’euros, là encore sous forme de prêt et de subvention, pour « institutionnaliser et mettre à l’échelle la budgétisation sensible au genre ». À cela s’ajoutait une subvention de près 28.000 euros pour faire du cirque « un vecteur d’avenir pour la jeunesse d’Afrique du Sud »

L’élue s’était également fait remarquer en dénonçant les 800 millions d’euros d’aide au développement généreusement versés par la France à l’Algérie. Alger avait tenté de répliquer et porté plainte pour « diffusion de fausses nouvelles », mais la procédure fut classée sans suite, l’infraction n’étant pas caractérisée.

À Paris, le « casse Hidalgo »

La métaphore du casse n’est pas nouvelle, chez Sarah Knafo. En février dernier, alors candidate à la mairie de Paris, elle avait déjà dénoncé le « casse Hidalgo », résultat, selon elle, de vingt-cinq années de gestion socialiste de la capitale. « Pas besoin de cagoules, pas besoin de perceuses, juste d’un mandat municipal et d’un peu de créativité comptable », lançait-elle, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.
Premier volet de son réquisitoire : l’immobilier. L’élue Reconquête a dévoilé comment la ville rachète des immeubles privés pour les transformer en logements sociaux et perçoit, auprès de ses bailleurs, des décennies de loyers capitalisés en avance. Une « pyramide de Ponzi immobilière » qui permet de financer de nouvelles acquisitions en reportant à plus tard la catastrophe économique à venir. Deuxième volet : le train de vie de la municipalité. Sarah Knafo a pointé le nombre pléthorique de collaborateurs, ainsi que des agents dont les intitulés semblent parfois sortis d’une parodie administrative : des adjoints à « la ville du quart d’heure », à « l’économie circulaire » ou encore à l’agriculture dans Paris ! Enfin vient le clientélisme : la capitale verse en effet, chaque année, plusieurs centaines de millions d’euros de subventions à des associations dont la raison d’être laisse parfois à désirer…
Avec Le Casse du siècle, Sarah Knafo ne limite plus ses investigations à l’AFD ou la mairie de Paris. Elle entend élargir le procès à l’ensemble du système français. Le grand public connaît déjà les suspects ; place, maintenant, aux réquisitions et aux solutions.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

106 commentaires

  1. Et ce n’est pas encore fini puisque avant 2027 le macron va nous laisser une ardoise pas loin des 4000 milliards de dettes il aura tout fait pour ruiner complément la France et il est fière de lui

  2. C’est toute la gauche plurielle qui se gave depuis des années. Elle tient l’école, la justice, l’information Etc..et Macron a place a la tête de toutes les institutions piliers de la France cette gauche voir extrême gauche. Vous pensez bien que pour changer tout ca, ce sera forcement brutal, la négociation sera rude.

  3. Il y a 11 ans, le livre d’Agnès Verdier-Molinié « On va dans le mur » faisait déjà un état des lieux sans concessions.
    Mais comme personne ne l’a lu, les français sont passés à coté des 200 milliards d’euros de gaspillage PAR AN !!!

  4. Avec un peu de courage et moins de mercantilisme on arrive à supprimer certains organismes qui nous plombent. Trump a su le faire avec l’USAID.

  5. Et dire qu’elle ne représente que 2 à 5% d’électeurs pour la présidentielle. C’est la preuve que les Français aiment se faire gruger. Ils préfèrent MLP et ses renoncemennts vis à vis de l’UE. Pôvre France !!!!

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