Le centre d’accueil d’urgence de , qui abrite déjà 1.160 migrants, a atteint son seuil de saturation. Dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 août, près de 370 nouveaux migrants ont débarqué sur l’île, auxquels il faut ajouter une cinquantaine de personnes, principalement des femmes et des enfants, secourus en Méditerranée par le navire Louise-Michel. Le maire de Lampedusa, Totò Martello, n’en peut plus : pour faire réagir le gouvernement italien, il vient d’en appeler à la grève générale.

L’édile de cette petite île, située à 200 kilomètres au sud de la Sicile, constate que le gouvernement central garde le silence, comme s’il oubliait que Lampedusa fait partie du territoire italien. Il réclame une politique de transfert des migrants vers d’autres territoires de la péninsule et l’établissement de blocus maritimes. Le président de la région avait déjà – vainement – tiré le signal d’alarme en publiant une ordonnance de transfert des migrants de ses centres d’accueil ; il dénonçait, notamment, des conditions d’hygiène intolérables avec l’épidémie de Covid-19. Les migrants continuent donc d’affluer, avec la complicité des passeurs.

Totò Martello s’étonne qu’un vieux bateau de pêche, transportant près de 370 migrants, ait pu débarquer sans encombres ses passagers : « Si un bateau de pêche de cette taille avec des centaines de personnes arrive ici et que personne ne le remarque, cela signifie qu’il n’y a pas de contrôles en Méditerranée. Mais que font les navires militaires ? » interroge-t-il. Le gouvernement aurait-il peur de faire preuve de fermeté, comme avait tenté de le faire Matteo Salvini ? Il faut dire qu’on est sensible, en comme en France, au chantage idéologique qui vous fait passer pour un facho dès que vous mettez en cause l’arrivée massive de migrants.

Outre les partisans d’un accueil sans limites, au nom de principes humanitaires dévoyés, il y a ceux qui souhaiteraient que les migrants soient plus équitablement répartis dans l’Union européenne. Mais, dans les deux cas, ils n’apportent pas de solution au problème de l’immigration qu’ils contribuent, par leur passivité ou leur connivence, à encourager. Tout comme le politiquement correct a tendance, en matière de délinquance, à se soucier plus de leurs auteurs que de leurs victimes, ces généreux bien-pensants se soucient plus des immigrés que des populations qui subissent les conséquences de leur afflux.

Qui ne voit qu’exception faite des véritables réfugiés politiques – qui sont loin d’être les plus nombreux –, la majorité des migrants sont des migrants économiques qui croient trouver en Europe de meilleures conditions de vie ? Qui ne voit qu’on ne peut offrir du travail – généralement peu rémunéré – qu’à une minorité de ces étrangers, que les autres sont laissés à eux-mêmes ou reçoivent des allocations qui coûtent cher au budget des États ? Sans compter que beaucoup gardent leur culture et sont rebelles à toute intégration.

La seule attitude digne de l’Europe consisterait en une politique volontariste de maîtrise des flux migratoires : en apportant une aide économique contrôlée aux pays qui en ont besoin, en luttant efficacement contre les passeurs et tous ceux qui trouvent de bonnes raisons d’alimenter l’immigration. Apparemment, sauf quelques rares exceptions, elle n’en prend pas le chemin, à commencer par la France. Par irresponsabilité ou pour se donner bonne conscience, par lâcheté ou par intérêt, nos dirigeants laissent faire. Mais croient-ils seulement à la France ? Dans ces conditions, l’appel du maire de Lampedusa, tout symbolique qu’il est, est un coup de semonce qu’il serait bon d’entendre.

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