Editoriaux - Polémiques - 12 décembre 2018

Police : la CGT jette de l’huile sur le feu

Après l’attentat terroriste survenu à Strasbourg ce mardi soir, et qui a fait au moins deux morts et treize blessés, dont cinq restent en urgence absolue, l’affaire pourrait paraître anecdotique. Pourtant, elle mérite que l’on s’y arrête un instant, car elle illustre parfaitement le double langage qui anime parfois certaines organisations syndicales, par ailleurs souvent donneuses de leçons.

C’est à nouveau une affiche de la CGT qui a profondément choqué les policiers, incitant un de leurs syndicats, Vigi ministère de l’Intérieur, à déposer plainte. Cette affiche, qui représente un policier en tenue de maintien de l’ordre, tenant dans ses mains une matraque ensanglantée et un ours en peluche démembré à ses pieds, comporte également la mention “Touchez pas à nos enfants”. Allusion évidente aux dernières manifestations des gilets jaunes et des lycéens qui ont provoqué de nombreux blessés, tant parmi les manifestants que parmi les forces de l’ordre, ce message de la centrale syndicale de Martinez vient, une fois de plus, jeter inutilement de l’huile sur le feu.

Une fois de plus, parce que la CGT s’était déjà illustrée lors des manifestations anti-loi Travail de 2016 en diffusant une affiche similaire, appelant clairement à la haine contre les policiers et les gendarmes. Martinez s’en était vaguement excusé, sans toutefois condamner clairement cette pratique détestable qui consiste à focaliser la responsabilité des violences commises sur les seules forces de l’ordre. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve, n’avait d’ailleurs pas jugé utile de déposer plainte. Pratique devenue courante, donc, de la part d’un syndicat qui n’hésite pas à tenir un double langage, prônant la réconciliation avec les gilets jaunes d’un côté, mais ne rechignant pas à manœuvrer en sous-main pour envenimer une situation sociale déjà compliquée. Chacun jugera du sens des responsabilités d’une telle organisation qui perd, par ailleurs, du terrain chaque jour auprès des travailleurs.

Mais au-delà de cette affiche, il est nécessaire de revenir sur ces scènes de violence qui envahissent notre quotidien depuis maintenant près d’un mois. Il faut bien que chacun comprenne qu’une opération de maintien de l’ordre n’a rien d’une partie de campagne. Les nombreuses manifestations qui se déroulent chaque jour dans notre pays sont, en général, paisibles et pacifiques. Mais il se trouve que certaines d’entre elles, généralement porteuses d’un conflit majeur entre les citoyens et le pouvoir en place, ont pris, depuis quelques années, un cours systématiquement violent. Infiltrées par des extrémistes de tous bords, ou comportant en leur sein un certain nombre d’individus radicalisés, les affrontements avec les policiers et les gendarmes sont devenus courants et toujours plus brutaux. Le nombre des blessés et les importants dégâts occasionnés attestent de cette dérive regrettable qui caractérise, désormais, bon nombre de nos combats sociaux. C’est donc en toute responsabilité que chacun doit comprendre les risques qu’il encourt en participant à ces rassemblements qui ne peuvent, compte tenu du contexte, que dégénérer. Et les violences commises sont condamnables d’où qu’elles proviennent.

Rappelons, pour mémoire, qu’une vingtaine d’enquêtes concernant les agissements des forces de l’ordre lors des dernières manifestations sont actuellement en cours. Certaines d’entre elles déboucheront, à juste titre, sur des sanctions. Il n’en demeure pas moins que toute incitation à la haine, d’où qu’elle provienne, doit être sanctionnée sévèrement. Si Castaner a été capable de déposer plainte contre Nicolas Dupont-Aigan, voyons s’il sera capable de la même démarche contre la CGT.

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