La Grande Librairie : « Quelque chose de rance flotte dans l’air. » Pas faux !

« Le cantique moisi de l’origine, [...] la vieille rengaine de l’ordre et du travail, de la famille, de la patrie ».
Capture écran France Télévisions
Capture écran France Télévisions

La rééducation se met en place, sur le service public. Tout comme Laurence Bloch, la dame qui veut repêcher « ces gens qui n’ont pas un patrimoine culturel suffisant pour être en tranquillité avec ce monde », la Grande Librairie (France 5) entend faire œuvre pie. Ses curés-kapos sont prêts. Ils n’attendent plus que l’ouverture des camps.

La vieille madone du gauchisme culturel – ex-directrice de la stratégie de Radio France – ayant donné le coup d’envoi de l’opération de redressement, Augustin Trapenard, l’animateur qui a succédé à François Busnel, s’est aussitôt glissé dans le costume. Investi du rôle de rééducateur de la France moisie, il a confié la conclusion de son émission du mercredi 22 octobre au romancier Olivier Adam.

La France qui pue

Penché en avant, ses yeux bleus assombris par l’urgence du danger, Olivier Adam sort sa tirade. C’est un tel morceau d’anthologie qu’en voici la retranscription intégrale.

« Quelque chose de rance flotte dans l’air, comme ressurgi des temps obscurs qu’on croyait révolus. On le sent bien, la marée progresse. Le barrage est tout près de céder. La boue va tout recouvrir, au prochain tour ou au suivant, à la prochaine secousse. Partout on l’entend monter, le chant aigre de l’identité. Le cantique moisi de l’origine, du repli et du rejet, la vieille rengaine de l’ordre et du travail, de la famille, de la patrie. Le mépris de tout ce qui élève, augmente, démultiplie ; nuance, mélange, complexifie. Et Dieu, par-dessus tout ça. »

Quel talent ! Quelle prescience ! Quel flair, quel nez ! Il le sent : la France pue. Il faut tirer la chasse sur la famille, le boulot, le pays. L’ouïe sans doute moins sensible que l’odorat, Adam nous épargne les bruits de bottes mais on a compris que les arrière-petits-enfants du Maréchal sont en train de les astiquer, au fond de la sacristie.

« Je pense à mes enfants et me souviens du temps pas si lointain où nous ne savions pas vraiment qui était quoi ni d’où chacun venait. Nous nous prenions comme nous étions, comme nos trajets nous avaient faits. Comptait, par-dessus tout, ce qui nous rassemblait, où nous allions et d’y aller ensemble. Nos parents, nos professeurs nous avaient enseigné de ne nous fier qu’aux Lumières, aux mots gravés aux frontons. De nous méfier des racines qui entravent et des souches qui pourrissent. De n’attendre du ciel qu’un peu de bleu et des réserves de pluie. Ils nous rêvaient ouverts, éclairés, peuplés de multitudes. Délivrés. Désassignés. Réinventés. »

On se souvient, en effet, d’un temps où nous ne savions pas qui était quoi, ni d’où chacun venait. On se serrait les coudes pour monter dans l’ascenseur social, c’est tout ce qui comptait. S’il en va autrement aujourd’hui, à qui le doit-on, sinon à Olivier Adam et ses amis ? Qui veut assigner chacun dans sa petite case ? Qui n’en finit plus de dérouler l’alphabet pour y répertorier son non-genre et ses bobos ? Qui a inventé le racisme le plus abouti en séparant, dans les réunions, « racisés » et « non-racisés » ? Qui casse quotidiennement du chrétien et du juif ?

Rien de nouveau, sous le soleil. Pas besoin de baratin ni d’envolées lyriques, on a reconnu le vieux slogan de la gauche, celui du délire prométhéen qui nourrit tous les despotes : « Du passé faisons table rase. »

L’odeur de mort de ceux qui ne veulent plus d’Histoire

« Mais voilà, ça se propage. Vieux refrains réactionnaires, vieux couplets nationalistes, patriarcaux, autoritaires, illibéraux, virilistes. Chansons tristes du déni climatique et du complotisme. »

Eh oui, ça résiste. Des maux nouveaux sont advenus qu’il faut combattre. On a beau le dégenrer à marche forcée, l’homme nouveau, plombé par le climato-scepticisme et le complotisme, peine à sortir. L’accouchement est difficile. Qu’on se rassure, Olivier Adam a un remède :

« Alors, puisque c’est, dit-on, une guerre culturelle qu’on nous livre, ne désarmons pas, demeurons éveillés, ne nous laissons pas réduire. Luttons vers à vers, répliquons pied à pied, bataillons mot pour mot, combattons livre à livre. »

Sur le plateau, on applaudit à tout rompre. « On » est entre savants et sachants, dans le huis clos douillet du service public financé par nos impôts. « On » sait où est le Bien, pas comme ces ploucs qui, à l’heure où Olivier Adam déclame son prêchi-prêcha, sont déjà dans leur lit. Rien que des sans-dents qui se lèvent tôt, des Nicolas-qui-paie, des amateurs de fêtes patronales et de banquets ruraux qui croient voir dans les vers à pieds du poète de quoi siffler un bon coup de rouge sur la rondelle de saucisson.

Il y a du vrai, dans cette tirade : « Quelque chose de rance flotte dans l’air. » C’est l’odeur âcre des guillotines qui ressortent comme des jouets, le parfum frelaté des tartuffes du vivre ensemble, l’haleine fétide des chantres de la créolisation et des champions de l’entre-soi. C’est la puanteur de l’hypocrisie et, pour finir, l’odeur de mort de ceux qui ne veulent plus d’Histoire.

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

76 commentaires

  1. Quelque chose de rance flotte effectivement dans l’air de l’audiovisuel public comme sur certains bancs de l’assemblée nationale. L’avenir du peuple français n’inspire pas la gauche qui brille par sa volonté d’avilir les français, de briser l’élan de ceux qui se démènent pour notre pays au nom de je ne sais quel idéal, si ce n’est leur soucis de conserver et d’arrondir leurs petits privilèges d’élus. Et pour ça, ils sont combatifs.

  2. « la vieille rengaine de l’ordre et du travail, de la famille, de la patrie. »
    Le régime de Vichy a dévoyé trois idées fondamentales pour qu’une société DEMOCRATIQUE puisse fonctionner : travail, famille et patrie. Ces trois concepts ont été utilisés, non pour émanciper, mais pour asservir. Un peu à la manière, toute proportion gardée, dont la socialo-macronie utilise de manière également dévoyée le « vivre ensemble », « l’état de droit »,  » les valeurs de la République ». etc. C’est d’ailleurs ce qu’avait remarqué Orwell à la même époque en observant l’URSS de Staline dans laquelle les mots signifiaient le contraire de ce que, normalement, ils devaient signifier.
    Sous Vichy on risquait sa vie si on s’opposait à la dictature de Pétain et de ses sbires qui avaient fait le choix de trahir la France au profit de l’un des pires totalitarismes de l’Histoire.
    Il est évident, qu’avec le temps, travail, famille et patrie sont devenus totalement inentendables tant ils étaient négativement connotés. L’ignomie absolue de « Arbeit Macht Frei » était passée par là…
    L’Histoire fut totalement réécrite par les communistes et les socialistes à la Libération pour mieux faire oublier que l’assemblée qui avait voté les pleins pouvoir à Pétain était celle issue du Front Populaire. Ils firent également oublier que les principaux ministres et/ou collabos venaient très majoritairement de la gauche : Laval, Doriot, Déat, etc. Par exemple René Beulin un des principaux dirigeants de la CGT (sic) avant guerre sera ministre du travail de Pétain !!
    Depuis la Libération nous vivons, de facto, dans un monde Orwellien, ou la gauche prétend que des mots aussi simples que travail, famille et patrie sont totalitaires.
    Tout comme le nazisme, le régime de Vichy était d’inspiration socialiste (étatisme, économie administrée, etc.). Vichy a rendu un immense service à la gauche. Depuis la fin de la guerre celle-ci vit sur une rente, à savoir l’extrême droite ennemie de la République.
    Le « barrage » des castors l’an passé aux législatives avec Attal montre que ces billevesées sont désormais parfaitement ancrées, grâce à l’éducation nationale, l’enseignement supérieur et les médias, dans l’esprit des Français et que les faire disparaitre risque de prendre plusieurs générations, si tant est qu’on puisse y arriver.

    • Car aujourd’hui , c’est bien connu on peut tout dire , tout écrire et tout faire librement , en dehors des fourches caudines du « politiquement correct » ,sans aller en prison ou être poursuivi par des juges impartiaux , ainsi que le faisait le régime de Vichy.

      • Vous avez parfaitement raison. En France aujourd’hui la liberté d’expression se trouve muselée par la « justice », quand ce n’est pas par des administrations non élues telles que l’arcom.
        Mais j’espère que vous reconnaitrez que, pour l’instant, on ne risque pas encore un séjour au Goulag pour s’être exprimé librement. Cependant l’incarcération totalement délirante et arbitraire de Sarkozy semble indiquer une tendance à un durcissement des sanctions envers les opposants. Et cette tendance est extrêmement inquiétante.
        Idem pour les passages à répétition de Zemmour ou d’autres devant la 17ème chambre sur des plaintes d’assoces telles que SOS Racisme, la Licra et autres fouteurs de m… !
        Idem pour la censure par l’Arcom de C8 et de NRJ12. Je pense que Macron cherche à faire fermer CNews avant 2027 ! Le soi-disant « antisémitisme d’Erik Tegner » qui est totalement mensonger, me parait constituer une provocation dans ce but.
        La macronie montre chaque jour un visage plus inquiétant.
        PS. Je suppose que vous vouliez parler des juges de Vichy comme étant des juges « partiaux » et non des juges « impartiaux »… ;)

  3. Quelques mots à l’attention de cette « contradiction » incarnée, Olivier Adam. A vous lire, le lecteur vous découvre d’avant garde, ouvert au possible voire au surnaturel, embrassant une forme de surpuissance inhumaine, le sachant par excellence aux exhalaisons euphorisantes. Lorsque l’on dispose d’un esprit aussi aventureux, d’avant garde, ouvert, ce que vous considérez, pour quelles raisons ne pas supporter , ne pas tolérer la différence ? Quelques lacunes dans le raisonnement ? Quelques fissures cérébrales ? Ou quelques indigestions idéologiques ? Il faut de tout pour faire un monde. L’uniformité, un… deux…. au pas cadencé….. heil. …serait-elle votre crédo bien voilé ? Cet aperçu n’est que l’arbre mis en avant.

    • Non il faut retrouver,de l ‘ordre ,de la rigueur , de la civilité de la citoyenneté, du respect dans notre pays qui part à vau-l’eau.

    • Il faut de tout pour faire un monde, bien sûr. Mais dans ce tout il ne faut faire disparaître personne. Sinon …il n’y a plus de tout…

  4. Une consolation dans la logique de leur détestation de la Famille, ces gens ne font pas d’enfants. Ils ne se reproduisent pas. Comme les Cathares souvent cités comme « victimes de l’Eglise » par les ignorants. Alors que les Cathares ont des points communs avec les Ecolo-bobos d’aujourd’hui : ll’Homme est mauvais, il ne faut pas se reproduire, pour les Cathares, manichéens je simplifie, le but était de rejoindre Dieu, l’incarnation humaine était une punition, donc ne surtout pas se reproduire. D’où la disparition des Cathares. Tous ces gauchos-bobos n’ont pas d’enfants, pas pour Dieu mais pour protéger la planète. C’est la même détestation de l’Humain

    • Euh… les Cathares, ils ont aussi disparu du fait de la croisade en général, et du légat du Pape en particulier… avec quelques dégâts collatéraux sur le reste de la population occitane : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! »

  5. Un régal de vous lire madame Delarue. Le rance c’est eux les déconstruits,les bobos, les wokistes, tous ces empêcheurs de vivre comme on le souhaite.

  6. maintenant si les gens n’ont pas compris dans quelles mains sont le radios et médias depuis 50 ans et que cela continue avec ses personnes nauséabondes

    • Les gens commencent à comprendre. Le succès de nouveaux médias sur Youtube, du JDD, de CNews, de Frontières, de BV montre que de nombreux Français en on ras la casquette de la moraline socialo-coco-escrolo ! Cette morale délivrés sous forme de suppositoire dont la taille correspond au « sapin de Noel » qu’Hidalgo avait exposé place Vendôme il y a quelques années ne passe plus…

  7. De purs propos de bobos complètement déconnectés de la réalité que vit au quotidien la majorité des français complotistes qui s’étonnent de ne plus reconnaître leur pays……cette émission que je ne suis plus tellement elle est devenue la porte-parole de tous ces bien-pensants qui vivent dans leur appart digicodé des bons quartiers.

  8. « Quelque chose de rance flotte dans l’air » ? Oui et c’est l’odeur de la décomposition du stupide et grandiloquent discours gauchiste. Profitez-en bien pour quelques mois encore.

  9. J’ai un nom et un prénom italien et c’est seulement à l’âge de la quarantaine sous Mitterrand et ses sbires de « touche pas à mon pote » que subitement je ne me sentis plus français. C’est une facette du mal qu’ont fait Mitterrand et J Drai à la France qu’on paye au centuple aujourd’hui.

  10. Mensonge: j’ai toujours su que Pechowsky était polak, que Casagrande était espagnol que Difranco était italien, mais nos différences d’origines se sont estompées au fil de nos études et jeux pour que maintenant il n’y en ait plus. Ce n’est plus le cas.

  11. Grande librairie et petite audience: en dix ans, l’audimat, l’aura et l’influence de cette émission se sont effondrés.
    Ces vieilles antiennes répétées à l’envi me font penser aux discours de Fidel Castro. Sauf que là, on n’est pas obligé d’écouter. Heureusement.

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