La France ultra-endettée s’est offert des JO à 6 milliards ! Trois fois plus que le devis…
La Cour des comptes vient de publier un rapport sur le coût, pour l'État, des Jeux olympiques : six milliards d’euros, soit trois fois plus que prévu. Les organisateurs protestent et, pourtant, les chiffres sont têtus. Une seule erreur dans son constat, pas l’État qui paie, mais un prénom avec lequel il rime : Ce n’est pas l’État, mais Nicolas qui paie. Comme toujours.
Les organisateurs prétendent que la Cour des comptes aurait intégré à tort certains coûts puisque, par exemple, des infrastructures destinées à servir au-delà des Jeux olympiques. Ils voudraient passer quelques lignes ailleurs. C’est la martingale classique d’une entreprise en faillite et experte en passe-passe comptable. Pourtant, la Cour des comptes est bonne fille, elle prévient tout de suite qu’elle n’a pas intégré le coût lié au fameux « plan baignade » dans la Seine, compte tenu de son imprécision, dont le montant est estimé entre 200 millions d’euros et 1 milliard d'euros. Possiblement, donc, à elle seule un sixième du montant global restant. Ce n’est plus le plan baignade, c’est le plan noyade des finances publiques.
Immense gabegie
Que retenir, dans cette immense gabegie ?
Qu’est loin le temps des gouvernants façon Thatcher qui, en fille d’épicier ayant vécu la guerre, tenait de son père l’habitude de retourner les enveloppes au 10 Downing Street pour pouvoir les réutiliser. O tempora, o mores !
Citons, par exemple, le livret pédagogique - c’est la passion flyer de ce gouvernement - intitulé « Au cœur des Jeux », diffusé aux élèves de CP et de CM2, pour la modique somme de 15,2 millions d'euros. Autant mettre la somme directement à la benne. Qu’en ont fait les enfants ? Rien, ou peut-être des avions en papier. « Ce kit donnera lieu à un temps d’échanges entre les élèves et leurs professeurs sur l’histoire des Jeux olympiques et l’importance qu’ils revêtent pour notre pays », explique-t-on sur les sites de l’Éducation nationale. On préférerait qu’ils échangent sur l’accord du participe passé et du COD avant le verbe. Là, l’échange passe assez mal, visiblement.
Que par ailleurs cette sécurité pendant les JO que l’on nous vante, à raison, sur tous les tons, a coûté une blinde : 1,4 milliard d’euros, assumé à 95 % par l’État, avec « une stratégie de saturation de l’espace public » que chaque Parisien, notamment, a pu voir. Sécuriser la France lors d’un événement festif a un prix colossal et ne peut donc rester qu’exceptionnel. D’où les épisodes d’émeutes récurrents, ces derniers temps. Mieux vaut s’y habituer.
Enfin, que l’on peut s’interroger sur les dépenses d’infrastructures majeures (estimées à 1,24 milliard d'euros), qui ont été faites dans le cadre de ces JO mais dans une perspective « d’héritage ». Ce sont peu ou prou ces dépenses que les organisateurs disent ne pas vouloir assumer car elles sont prévues pour rester… oui, mais rester jusqu’à quand ? Il y a eu, par exemple, le Pôle de référence inclusif de sportif métropolitain (PRISME), pour 63,7 millions d'euros, à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, ou encore le centre aquatique d’Aulnay-sous-Bois (40,9 millions d'euros). On sait qu’Aulnay-sous-Bois a vu partir en fumée plusieurs bâtiments, en juin 2023. À Bobigny aussi, les émeutes ont fait des dégâts.
Fête permanente
On peut surtout se demander pourquoi un pays aussi dramatiquement endetté que le nôtre va dépenser dans des Jeux ? Combien de scanners pour les hôpitaux, dans ces six milliards ? Pourquoi s’être (encore) porté volontaire en 2030 ? C’est que, comme tous les gouvernants décadents en fin de règne au bord de la bascule ultime, les nôtres sont frappés du syndrome de la fête permanente. On connaît la république de Venise, la Régence - confer le film de Bertrand Tavernier Que la fête commence... dont la dernière image annonce la révolte proche du peuple - et puis, bien sûr, l’Empire romain. Cocteau disait : « La décadence est la grande minute où une civilisation devient exquise. » Le problème, c’est la minute d’après, quand les lampions sont éteints, que l’on retourne à l’obscurité et, donc, à l’obscurantisme.
Une civilisation commence guerrière, elle se termine (souvent) en bacchanale. C’est le fameux tableau de Thomas Couture au musée d’Orsay : Les Romains de la décadence. Thomas Couture avait associé son œuvre à deux vers de Juvénal : « Plus cruel que la guerre, le vice s'est abattu sur Rome et venge l'univers vaincu. » En l’occurrence, l’artiste visait la monarchie de Juillet, discréditée par des scandales. Mais on pourrait l’appliquer à la France d’aujourd’hui : ne plus régner sur le monde par la force ni la conquête, mais se donner l’illusion que l’on rayonne encore par la fête permanente. La vide et inutile vasque des JO lancée dans le ciel au même moment que la bombe des Américains en est une allégorie parlante. Chacun tente de briller avec ce qu’il peut.
Elle est de retour. Et avec elle, le rêve, la fête et la magie. ✨ pic.twitter.com/odXkWaVQKv
— Gabriel Attal (@GabrielAttal) June 21, 2025
Et la phrase de Juvénal pourrait s’appliquer à l'ancien Empire colonial, vengé par notre décadence qui nous laisse désarmés et à sa merci. Comme un aveu, Thomas Jolly, dans son affreux spectacle, avait précisément choisi de mettre en scène des bacchanales. Il faut noter que ces fêtes ont aussi la caractéristique d’exclure le peuple. Il y avait bien des places offertes à Monsieur Tout-le-Monde, mais c’est quand même des bobos de métropole plus que des petits paysans ruraux qui ont profité du spectacle, parce que même si l’on a un billet gratuit, le logement, lui, ne l'est pas.
L’incapacité à savoir faire fête ensemble - on l’a vu encore pour la fête de la Musique - est un inquiétant indice du face-à-face qui s’approche. Tocqueville expliquait cela fort bien, dans L’Ancien Régime et la Révolution. Le journaliste du Figaro Guillaume Perrault y voit une clé d’explication de l’alliance entre paysans et noblesse qui s’est nouée en « Vendée militaire »… mais nulle part ailleurs.
Tocqueville accuse la monarchie absolue, depuis Richelieu, d’avoir « séparé les gentilshommes du peuple » et de « les attirer à la cour et dans les emplois »… en particulier Louis XIV, dont la perruque poudrée est bien éloignée du glaive du premier roi chrétien Clovis. Tocqueville cite justement la lettre d’un intendant du Roi-Soleil qui « se plaint de ce que les gentilshommes de sa province se plaisent à rester avec leurs paysans, au lieu de remplir leurs devoirs auprès du roi ». Or, « la province dont on parlait ainsi, c’était l’Anjou ; ce fut, depuis, la Vendée. Ces gentilshommes qui refusaient, dit-on, de rendre leurs devoirs au roi sont les seuls qui aient défendu, les armes à la main, la monarchie en France, et ont pu y mourir en combattant pour elle ; et ils n’ont dû cette glorieuse distinction qu’à ce qu’ils avaient su retenir autour d’eux ces paysans, parmi lesquels on leur reprochait d’aimer à vivre. » Le film Vaincre ou mourir l’illustre très bien. Le 24 juin, ce sont les feux de la Saint-Jean, jadis divertissement de tous. Une poignée de Français enracinés les sautent encore. Aujourd’hui, on connaît surtout les feux de poubelle et de voiture provoqués par les tirs de mortier de Gros-Jean-comme-devant : c’est celui, dont le deuxième prénom est Nicolas, qui en paie la facture.
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97 commentaires
Les romains, dont Macron dit qu’ils n’ont pas laissé de trace dans notre civilisation, avaient inventé les jeux du cirque pour la même chose que Jupiter aujourd’hui : distraire les foules pour éviter qu’elles soient trop mécontentes. Mais est-ce que cela fonctionne toujours ?…
Hola ! Mais ma majorité des français ont suivi le déroulement de ces J.O. Si les 6 milliards dépensés les avaient tellement indignés,ils n’avaient qu’à faire comme moi,c’est à dire de ne pas en regarder ne serait-ce qu’un seul extrait. Alors, qu’on arrête donc de se plaindre et de pleurnicher pour ces dépenses honteuses. Toujours pareil, ça rouspète et ça rentre dans le rang sagement. Pauvre peuple de petits moutons bêlants.
Mais je n’ai pas regardé une minute de ce cirque et je vais devoir payer quand même, j’ai trouvé la cérémonie d’ouverture, vu selon des extraits sur les RS, calamiteuse donc oui je me permets de me plaindre car je n’ai jamais cautionné ça
C’est un peu trop facile, et cela devient récurrent, de laisser ces entités gouvernementales organiser des dépassements de budget, alors qu’elles devraient être soumises aux mêmes obligations que n’importe quelle entreprise privée dans la gestion de leurs projets. La seule différence : elles n’opèrent pas avec des fonds propres, mais avec l’argent public, de nos impôts, et, s’il y a complication, elles bénéficient de la complicité de tous les organismes que l’Etat et l’Administration mettront à leur service pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Dans tout cette gabegie, n’y a-t-il pas un audit à faire, autrement que par la Cour des Comptes, qui ne compte pour rien et est caution du système, mais à la demande de partis politiques commanditant un vrai audit, par des gens qualifiés, sous couvert de la justice, la même qui est si implacable avec les entrepreneurs privés, et des responsables à interroger, à sanctionner, car il y a faute, et s’il y a faute il y a certainement, enrichissement de certains, par la surfacturation, les fausses factures, personnellement, ou au bénéfice d’associations et d’ONG travaillant à l’affaiblissement de notre pays, ce que notre Etat actuel ne peut qu’encourager et sponsorer de toutes les manières possibles et bien souvent, tant qu’à faire, à la louche !
Rien n’est trop beau pour l’empereur, maintenant que le coût des jeux soit astronomique ne surprendra sans doute personne. Mais, non content d’avoir un peu plus creusé la dette, l’empereur a décidé dans remettre une couche 2030 avec l’organisation des JO d’hiver dans les Alpes. Autant continué à creuser la dette, la France est au bord du gouffre, continuons d’avancer.
pour moi, on n’est plus au bord du gouffre mais on est dans le gouffre et on avance, un peu, mais dans le fond de ce gouffre
A l’époque des candidatures aucun des décideurs en France n’ont donné un avis défavorable en raison de notre situation économique.
Faut-il croire que le gouvernement qui s’active est à l’image de la Marquise de Pompadour qui disait » Après moi le déluge », farci de cocottes?
Macron! Qu’as-tu fait de la France?…
Pour certains c’est …Le naufrage du Titanic bis repetita ..ou plus simplement « Tout va bien Madame la Marquise tout va très bien cependant il faut que l’on vous dise etc » …pour d’autres » Le bateau coule normalement » Signé NICOLAS
Mais pas de problème pour Macron. Il nous a réengagés pour les futurs jeux olympiques d’hiver. Au diable l’avarice ! Les Français sont des veaux comme disait le Général…
De la folie pure ! 6 milliards d’euros pour des jeux olympiques en France. Personne ne s’étonnera que la France est en faillite en dépensant de l’argent qu’elle n’a pas et qu’elle aura de moins en moins vu la gestion catastrophique du pays. On veut s’amuser à tout prix et ensuite on mégote sur l’âge de la retraite. On est dans un pays de fous dont l’asile principal est à l’Elysée !
» Louis XIV, dont la perruque poudrée est bien éloignée du glaive du premier roi chrétien Clovis. » Pas tant que ça. Seule la famille royale mérovingienne avait la prérogative des cheveux longs. D’où la mode des perruques fournies, en signe de noblesse, mille ans après.
Merci Mme CLUZEL de nous rappeler cette gabegie complètement néfaste pour notre Pays. Mais j’ai remarqué que notre Pinocchio à la tête de l’État, avait lui aussi son nez qui s’allongeait à chacun de ses discours, puisqu’il ment sans arrêt.
Oh dites (!), à qui « profite » ces magouilles et IMPREVISIONS des coûts réels ?
Un VRAI AUDIT par des gilets Jaunes serait BIEN UTILE .avant la débandade.
Comme c’est bizarre ,vous avez dit 3500 Milliards de dettes ? j’adore votre naïveté quant à ce chiffre !
Dans les 6 milliards, plutôt 7,5 avec la baignade de Hidalgo, c’est une goute d’eau mais rappelons les salaires mirobolants des membres du comité de (dés)organisation … Les copains d’abord !
Du pain, des jeux pour faire écran sur tout le reste, une cata totale, une gabegie, une dette effrayante et une immigration qui ne diminue pas !
Excellent édito hier soir de Gabrielle Cluzel, et oui Nicolas, donc nous les contribuables, allons encore payer !
Quand on voit la note de 6 milliards, entre le « bain » des deux sirènes (Hidaldo et Castéra), le service d’ordre qui c’est vrai, était par contre impeccable mais la note est salée , la cérémonie d’ouverture je ne sais combien ça a couté, mais trop cher pour l’humiliation même si certains ont trouvé ça bien, mais notre culture, notre religion ont été bafouées ! Et quand on voit la facture de 6 milliards , comme si notre économie se portait bien bah non justement, avec ces 6 milliards que de choses aurions nous pu faire ! Et dire qu’on va encore avoir des jO en 2030, avec quel argent ?