Editoriaux - Politique - 30 mai 2019

La candidate LREM se ridiculise en illustrant Nantes avec une photo de Montpellier

La bourde a fait le tour des réseaux sociaux. Une députée LREM a annoncé sa candidature aux municipales de Nantes avec, pour illustration de sa grande motivation, une photo de… Montpellier. C’est là que tout allait se passer. Les professionnels de la communication étaient aux manettes. Une fontaine, des jets d’eau… Nantes, Ville lumière, sa Canebière, ses fabricants de nougats, sa tour Eiffel… ses stations de ski !

Récemment, l’ami Georges Michel rappelait, ici même, l’idéologie de Juncker exprimée au travers de sa déclaration : « I like those coming from far away » (« J’aime ceux qui viennent de loin »). Une source d’inspiration pour la candidate Sophie Errante, dont le patronyme est, en soi, annonciateur d’hésitation chronique.

L’erreur fut rectifiée prestement par l’intéressée, mais notre autre ami, Sigmund Freud, nous dit que les Nantais ont été témoins d’un flagrant délit d’acte manqué. Le lointain. L’appel du large. L’ailleurs préférable à l’ici. L’attraction inconsciente pour une autre ville. Si possible lointaine. 800 bornes. Les pâturages, la souffrance des habitants, la ville sous la coupe d’un dictateur implacable… Accueillir des migrants de Montpellier, des réfugiés persécutés par la mairie et leurs impôts locaux exorbitants était le rêve secret de l’apprentie géographe. Un bon petit centre d’accueil. Un qui serait venu s’ajouter à celui réservé aux Afghans, Maliens, Soudanais…

Des centres d’accueil partout. Des Perpignanais dans le besoin, des Calaisiens à bout de nerfs, une salle de sport vidée de ses basketteurs pour loger des Bordelais dépassés par la flambée de l’immobilier… toutes les souffrances communales allaient pouvoir trouver refuge à Nantes. Et vlan ! Le fantasme foutu par terre par ces pointilleux, ces chipoteurs traditionalistes qui veulent voir la vraie fontaine locale. Pas celle d’ailleurs. Des rabougris d’essstrême droite, n’ayons pas peur des mots.

Le trait comique de l’affaire est le positionnement de la fameuse photo, non pas en pages intérieures ou façon petit format quelque part dans le texte, mais fièrement aux cotés de l’annonce de candidature. « À moi Nantes ! Ici, sur cette place qui fait la fierté de la ville, dans cette fontaine où je me baigne régulièrement, de ce lieu symbole de notre identité, j’annonce la nouvelle : je suis candidate. Le nom d’Emmanuel Macron est tatoué sur mon corps. Label certifié. Origine contrôlée. Traçabilité. Et en plus, je connais Montpellier. »

Ironie du sort, la fontaine en question se situe place de la Comédie… Les Nantais ne pourront pas lui reprocher d’avoir caché son jeu.

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