Réagissant au soutien actif de plusieurs cadres à la réélection d'Emmanuel Macron, le député de Vaucluse livre à Boulevard Voltaire son analyse non seulement sur le second tour mais aussi sur l'avenir bien sombre de la droite.

Marc Eynaud. Une semaine après l’échec de Valérie Pécresse qui a terminé à moins de 5 %, quelle est votre analyse ?
. C’est l’accumulation de différents facteurs, des erreurs dans la communication de la candidate qui font qu’elle ne rencontre pas son public. Deuxièmement, le parti était fragilisé à la base par des offres plus homogènes sur la droite et sur la gauche et in fine, comprenant qu’elle n’était pas dans le match, il y a eu le vote utile qui a fait voter pour un autre candidat pour empêcher tel ou tel d’être au second tour.

M.E. Emmanuel Macron et Marine Le Pen s’affronteront au second tour. Certains dans votre famille politique ont appelé à voter pour Emmanuel Macron ou se sont affichés avec lui comme Daniel Fasquelle. A-t-il franchi la ligne ?
J.A. Oui il a franchi la ligne, car il fait référence directement à la proposition de Nicolas Sarkozy de faire une coalition avec Emmanuel Macron. Dans ce second tour, il n’y a pas de consignes de vote des Républicains. Certains de mes collègues considèrent qu’il vaut mieux voter Emmanuel Macron car Marine Le Pen n’a pas le niveau, sans pour autant valider l'idée qu’il faudrait lui donner les pleins pouvoirs demain ou la rejoindre. Il y a également une petite minorité qui considère qu’il faudrait se vendre à Emmanuel Macron pour gouverner. Ce n’est pas mon cas. Je plaide pour un troisième axe, celui de dire : aucun des deux candidats ne nous représente et par conséquent, je laisse les gens libres de voter pour qu’ils veulent. Je voterai blanc, car voter pour l’un ou l’ autres supposerait une proximité avec l’un ou l’autre.

M.E. On constate un élan des cadres de votre parti vers Emmanuel Macron. Craignez-vous une explosion de votre parti ?
J.A. Pas sur la partie qui appelle à voter Macron sans vouloir aller dans une coalition, car ces derniers ne se font pas d’illusion sur le président de la république et sur le piège dans lequel il a enfermé toute la classe politique. Il voulait être face à Marine Le Pen. Lors de ce débat, on a vu que techniquement il maîtrisait mieux les sujets, il voulait donc cette situation.
Une famille, ce n’est pas tant le nombre de cousins que vous avez, c’est plutôt votre capacité à avoir des enfants, votre capacité à transmettre un avenir. Il vaut mieux perdre quelques cousins éloignés qui vont se marier dans d’autres familles. En revanche, il vaut mieux avoir un tronc solide qui nous permettra ensuite de régénérer après ces élections législatives. J’entends bien participer à la refondation d’un mouvement qui serait clairement à droite et ne serait plus l’alliance de la droite et du centre, indépendant des forces politiques actuellement en présence.

M.E. Vous êtes plutôt classé à l’aile droite des Républicains. Cet avenir à droite pourrait-il se dessiner avec Reconquête le parti de Éric Zemmour ?
J.A. Pour les législatives, la question des alliance bute sur un problème technique, Nicolas Sarkozy a exactement le même problème et propose de faire des accords avec Emmanuel Macron mais il est dans l’incapacité de débrancher les candidats. On a le problème sur le centre et sur notre droite. Nous avons déjà investi 400 ou 500 candidats qui partiront sous nos couleurs. Tout accord aujourd’hui est impossible. Je suis sur la droite du parti, mais je suis aussi sur sa gauche, car le gaullisme auquel j’appartiens va vers les classes populaires et incarne le retour de la nation sur un bloc élitaire urbanisé et mondialisé. Ce dernier se soucie assez peu de l’avenir du pays et ne croit plus à la nation comme objet politique. Ce sont des gens politisés contre des gens dépolitisés. Lorsqu’on parle de l’union des droites, en réalité, ce clivage est peut-être mort, d’ailleurs on le voit dans ce second tour. Ce n’est pas le clivage droite gauche qui ressurgit en 2022, c’est l’approfondissement du clivage entre deux sociologies, deux France. Notre responsabilité n’est pas de nous enfermer dans une des deux France, mais de trouver des ponts pour bâtir un projet national. À la logique des partis, il faut opposer une logique plus gaulliste, avoir un message à porter au pays avec quelque chose de carré sur le plan régalien qui parle à ceux qui sont atterrés de voir les compromission sur l’islamisme et l’explosion de la délinquance, mais qui résout aussi la question sociale. Car il y a une insécurité physique et une insécurité sociale. Toute vision hémiplégique ne vous permet pas d’accéder à un second tour aujourd’hui.

M.E. Si vous vous présentez dans votre circonscription du Vaucluse, vous irez sous l’étiquette de votre parti sans autre soutien ?
J.A. Avant d’être le candidat d’un parti, je suis d’abord moi-même et le contrat de confiance que j’ai avec les Vauclusiens est de les représenter quelles que soient leurs options politiques. Je ne fais pas de politique au plan local. Deuxièmement, je suis président de la fédération des Républicains donc je ne cache pas mon appartenance. Troisièmement je suis président d’Oser la France et 40 candidats sont investis. J’ai reçu également le soutien du mouvement de la ruralité, de l’UDI et après, qui m’aime me suive !

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22 avril 2022

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