Cinéma - Culture - Editoriaux - Internet - Société - 24 janvier 2018

La jeunesse n’a pas à subir l’expression cinématographique des fantasmes d’adultes !

Loin de moi l’idée de convoquer le puritanisme à l’américaine, dont on connaît le succès, entre sa jeunesse sexuellement débridée et ses prédateurs sexuels particulièrement cognés, mais il y a des limites à la liberté, qui « consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » (article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789). Si même les révolutionnaires le disent !

Aussi, je m’interroge sur l’état moral – et peut-être mental – de certains décideurs en lisant ceci :

Les scènes de sexe non simulées dans les films ne sont désormais plus interdites aux mineurs. Telle est la décision que vient de prendre le Conseil d’État. La haute juridiction a jugé légal le décret pris en ce sens en février 2017 par l’ancienne ministre de la Culture Audrey Azoulay (BFM TV).

Jacques Demy, inoubliable réalisateur des Parapluies de Cherbourg et des Demoiselles de Rochefort, confiait : “Je préfère idéaliser le réel, sinon pourquoi aller au cinéma ?”

Effectivement, le cinéma, ce n’est pas le réel, même s’il puise souvent dedans. Le cinéma, c’est l’art de la simulation. Les scènes de sexe non simulées ne sauraient donc être du cinéma puisqu’elles sont une expression brute du réel. Gaspard Noé – réalisateur de Love, film interdit jusqu’alors aux moins de dix-huit ans pour les raisons évoquées plus haut – n’a pas exigé que l’actrice Monica Bellucci soit réellement violée dans une autre de ses réalisations – Irréversible –, il me semble. La scène était cependant criante de vérité, limite “voyeuriste”, à mon goût.

Ces considérations esthétiques formulées, ce n’est pas parce qu’Internet donne librement accès à des “contenus trash” qu’il faut lui emboîter le pas en autorisant ce même accès à des films inadaptés pour un jeune public. Il serait, d’ailleurs, préférable de verrouiller certains contenus sur la Toile plutôt que de chasser les fausses nouvelles.

Le décret en question “a été attaqué devant le Conseil d’État par les associations Promouvoir et Action pour la dignité humaine. Mais les juges du Palais-Royal ont rejeté tous leurs arguments”. Ce qui ne m’étonne guère à l’heure où, dans nos sociétés consuméristes, on grime des petites filles en “lolitas” dans les magazines.

Et pour casser définitivement les arguments d’Audrey Azoulay – fallacieux et économiquement orientés, puisque l’intention était d’offrir une plus grande diffusion aux films concernés –, j’invite les lecteurs à regarder Martyrs, de Pascal Laugier, interdit aux moins de dix-huit ans à sa sortie et extrêmement violent tant dans la forme que le fond. Ensuite, qu’ils me disent si un gamin de seize ans est en mesure de le voir.
L’art a, selon moi, tous les droits quand il s’agit du processus de création, mais le résultat ne saurait être mis entre n’importe quelles mains, et encore moins s’exhiber sur la place publique. Autrement dit, un “plug” anal géant sur sa pelouse, à la place des nains de jardin offerts par sa belle-mère, pourquoi pas, dans la mesure où il n’est visible que de soi !

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