La France est-elle contaminée par la qui secoue les États-Unis, cette pratique consistant à dénoncer publiquement et à ostraciser ceux qui n’adoptent pas les « bons » comportements ?

Combien de Mike Adams, en France, ce professeur d’université qui s’est suicidé en juillet dernier, victime de la cancel culture  ?

Analyse et réaction de Jean-Paul Brighelli au micro de Boulevard Voltaire.

 

 

Le suicide du professeur Mike Adams a peu fait parler les médias. Ce professeur d’université américaine s’est suicidé en juillet 2020 parce qu’il a été harcelé et vilipendé. Il est victime de la cancel culture de la part de ces étudiants. Son crime, « être politiquement incorrect ». Dans un pays comme les États-Unis qui est en pleine hystérie collective en ce moment, c’est une affaire qui méritait d’être re débattue. Qu’en avez-vous pensé ?

 

Ce n’est pas une perte. Il faut bien se rendre compte que dans le contexte actuel, c’est un homme vivant jusqu’à un certain point, blond, protestant, un de moins c’est toujours ça de pris.

Évidemment, cela aurait une vraie perte, si cela avait été une femme, lesbienne, noire, un être humain réel. Là c’est quelqu’un qui ne compte pas !

Pourquoi, s’est-il tué ? Il y a eu une campagne bien sentie. En réponse au confinement voulu par le gouverneur de Caroline du Nord, il avait, dans un tweet sorti, « let my people go ». Il s’était approprié les paroles d’un négro spiritual. C’est un cas absolument épouvantable. Il est normal que des tweets soient arrivés en grand nombre le menaçant de mort, l’acculant à se tirer une balle dans la tête. Ce qui pour un professeur de criminologie est une fin shakespearienne. Cessons de plaisanter un instant. Il est évident que l’idéologie de gauche est à l’œuvre dans le politiquement correct. C’est en réalité une idéologie réellement fasciste.

On traite de fasciste des gens qui forçaient des intellectuels à boire de l’huile de ricin dans les années 20 en Italie.

Peut-on traiter des gens de fascistes quelles que soient leur couleur ou leur coloration sexuelle, ceux qui acculent un universitaire tout à fait reconnu par sa propre université à se tirer une balle, simplement parce qu’ils ont décidé que seuls les noirs pouvaient parler de noirs, seules les femmes pouvaient parler de femmes. Si on continue comme cela, on ne pourra plus parler de rien.

 

 

Celui qui dérange, on ne veut plus seulement lui faire honte, mais on veut carrément le supprimer, éradiquer sa présence et ses mots de tous les réseaux. Cette espèce de frénésie américaine est en train de débarquer de plain-pied sur le sol français.

 

Très récemment, il y a eu un article dans Le Figaro sur l’invasion des thèses racialistes à Sciences Po Paris. Essayez d’imaginer des excités qui sont là parce que la politique lancée par Richard Descoings leur a permis d’entrer, pas par concours, interdisant pratiquement à tous ceux qui ne sont pas de leur bord de s’exprimer. Je rappelle qu’Alain Finkielkraut est allé faire une conférence en se faisant traiter de fasciste et de nazi. Je ne sais pas si vous voyez l’énormité qu’il y a dans l’interprétation. Il faudrait interdire ces gens de parole. J’arrive de milieux assez extrémistes des années 60-70. On ne se gênait pas pour interdire physiquement des gens qui n’étaient pas de notre bord. Il faut leur interdire physiquement de s’exprimer avant qu’ils nous l’interdisent à nous.

 

 

 

On peut rattacher cela à ce qui s’est passé dans l’actualité récemment. Une professeur a été nommée et contrainte d’être mise en retrait et d’avoir une protection policière parce qu’elle aurait tenu des propos islamophobes. Ce phénomène de cancel culture américain est en train de faire une sorte d’enfant monstrueux avec les énormes problèmes d’islamisme dans l’Éducation nationale.

 

 

Vous faites allusion à ma consœur Fatiha Boudjahlat qui s’est fait très sérieusement menacer. Accuser Fatiha Boudjahlat “d’anti musulmanie” est un peu paradoxal. Elle a demandé une protection judiciaire parce qu’elle s’est retrouvée en but à l’agressivité de deux syndicats d’enseignants disant que ce qu’elle disait était de l’agression. Le syndicat SUD est un syndicat qui n’arrête pas de faire des conférences interdites à ceux qui ne sont pas de tel sexe, qui ne sont pas colorés ou autres.

Je ne vois pas la différence entre SUD et Houria Bouteldja, le parti des indigènes de la République.

Si on avait un gouvernement un peu couillu, il faudrait d’une façon ou d’une autre interdire ces gens d’exercer. C’est un avis et très franchement je sais que je ne suis pas le seul à le partager.

12 janvier 2021

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