Jean-Michel Aphatie, le fétichiste du pied

Capture d'écran
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Jean-Michel Aphatie aime les pieds. Il en parle beaucoup. Cette partie du corps l’obsède tellement qu’il y fait régulièrement référence dans ses analyses politiques. Ainsi, en 2022, le journaliste avait qualifié les soutiens d’Éric Zemmour de « Français qui puent un peu des pieds ». Un décryptage bien senti qui avait amusé le plateau de LCI. Deux ans plus tard, c’est, cette fois, sur France Inter que le fin commentateur a encore filé la métaphore podale. Il y commentait le résultat des élections européennes et la victoire - déplorable à ses yeux - de la liste emmenée par Jordan Bardella. « Heureusement, ils sont bêtes comme leurs pieds, au Rassemblement national ! », s’est-il rassuré, sur la radio publique.

 

 

Pour Jean-Michel Aphatie, la bêtise crasse des élus RN ne fait pas l’ombre d’un doute. « Y en a pas un pour racheter l’autre ! », raille le journaliste. À quoi mesure-t-il le quotient intellectuel des responsables politiques ? L’Histoire ne le dit pas. Peut-être tient-il pour stupide tout être humain pensant différemment de lui ? On n’ose envisager pareille intolérance venant d’un représentant de cette gauche démocrate et ouverte à la diversité…

 

L’hôpital, la charité, tout ça, tout ça…

 

Pour ce qui est de Jordan Bardella, son procès en crétinerie semble déjà instruit. Jean-Michel Aphatie en veut pour preuve que le jeune leader patriote souhaite devenir Premier ministre sans pour autant être candidat aux prochaines législatives. « Quand vous entendez ça, vous vous dites : toi, coco, cours de science politique : zéro. Hop ! Viré de Sciences Po ! »

Hélas, sur ce point précis, c’est bien le sexagénaire qui décroche le bonnet d’âne. Il n’est pas nécessaire, en effet, d’être élu député pour postuler à Matignon. Rien que ces dernières années, Jean Castex et Élisabeth Borne (pour ne citer qu’eux) ont été nommés Premier ministre sans avoir préalablement siégé à l’Assemblée. C’est ballot. Aphatie, au piquet !

 

 

Les limites intellectuelles du pauvre Jean-Michel sont apparues dès le début de sa chronique, alors qu’il tentait en vain d’analyser la dissolution de la chambre basse annoncée par le président de la République. « Emmanuel Macron, hier soir, a fait quelque chose qu’on peut caractériser simplement : n’importe quoi. C’est un coup de chaud, sans réfléchir aux conséquences. » Connu pour être un stratège froid et cynique, le chef de l’État aurait donc pris cette décision historique sur un coup de tête ? Sans même envisager ses répercussions ? Sans s’en entretenir, en amont, avec ses bataillons de communicants et d’experts en gestion de crise ? Il faut vraiment être « bête comme ses pieds » pour proférer de telles sornettes.

Un commentateur avisé verrait plutôt dans cette dissolution une basse stratégie du chaos visant à laisser le RN accéder au pouvoir tout en lui savonnant la planche et en l’empêchant de gouverner librement. C’est, notamment, la thèse de Michel Onfray. « Emmanuel Macron est prêt à s’appuyer sur tous ceux qui vont se présenter comme des antifascistes : je pense aux Verts, aux socialistes, à Mélenchon… Des minoritaires qui sont majoritaires dans le monde du gauchisme culturel, déclare le philosophe, dans une vidéo publiée sur YouTube, le 10 juin. Tout le monde descendra dans la rue pour une grève générale contre le fascisme. […] Il quittera le pouvoir dans trois ans, auréolé d’une espèce de vertu nouvelle, celle du Président qui a défendu la République contre les attaques du fascisme. » De quoi donner à réfléchir au podolâtre de France Inter...

Jean Kast
Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

40 commentaires

  1. En voilà encore un qui aurait du entrer dans l’industrie afin de savoir ce que travailler veut dire. En matière de pied, c’est un expert de la chose. Il suffit qu’il ouvre la bouche pour comprendre que c’en est un. Je ne comprend pas qu’on puisse l’inviter si ce n’est pour cracher son venin en toute chose.

  2. En complément de mon commentaire précédent, j’ai oublié de préciser pour les personnes qui ne connaissent pas le Centre Madeleine Daniélou, que cet établissement privé est catholique ; l’enseignement y est excellent, les résultats aux examens bien entendu excellents ; ce qui n’a pas échappé à Monsieur Apathie.

  3. Lui qui voulait raser d’urgence le château de Versailles, Monsieur Apathie aurait-il commis un début d’exécution en y mettant le feu dernièrement ? Mais, non, voyons, il est intelligent le Monsieur ! Il sait qu’il avait dit une bêtise ! C’est un habitué.

  4. Que c’est beau tous ces anti-cléricaux qui passent leur temps a faire de la charité chrétienne. Que c’est beau tous ces anti-fascistes qui ne font que des actes fascistes. On est vraiment chez les fous. Aphatie en est un bel exemple. Il ne sait que causer sans réfléchir. Un petit perroquet de Mélenchon.

  5. « Viré de Science-Po » ? Le bonheur désormais ; c’est bien triste car auparavant, lorsque j’étais étudiant d’une Grande École qui manquait pourtant de grandeur, avec deux copains nous échappions parfois à la médiocrité en allant aux conférences diverses et toujours passionnantes de cet ex-haut-lieu de l’esprit. Décliner à ce point, c’est plus grave que mourir.

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