[PEOPLE] Pour Zaz, le résultat du RN aux européennes, c’est « l’enfer » !

©Duncan R2/Wikimedia Commons
©Duncan R2/Wikimedia Commons

Depuis le résultat de Jordan Bardella aux dernières élections européennes, l’heure serait plutôt au dérèglement, non point climatique, mais à celui des esprits ; que ce soit chez les politiques et les artistes. Au rang de ces derniers, la chanteuse Zaz qui, interrogée par Le Journal des femmes, semble littéralement dévastée : « Mais quel enfer ! OK, on veut tous un changement, mais je ne crois pas que ce soit celui dont on rêve. » Seulement voilà, c’est ce changement que plus de 30 % des électeurs ont plébiscité. Que la démocratie serait belle, sans ces foutus électeurs…

Toujours selon la même source, Zaz s’était déjà ouverte de son projet politique, répondant cette fois aux questions du Journal de Montréal : « Toute petite, j’avais une vision magnifique du monde, et je n’aime pas ce qu’on en fait ou ce que certaines personnes en font aujourd’hui. Je me sers de ma notoriété pour mettre en lumière ceux qui font du bien et tenter d’éveiller les consciences. » C’est beau. Si, d’aventure, elle rendait service à la musique en arrêtant d’en faire, elle pourra toujours se recycler comme happiness manager afin « d’éveiller les consciences » ou à l’EDF pour « mettre en lumière » ceux qui ne l’ont manifestement pas toujours à tous les étages.

 

Zaz ? Du papier-peint musical…

 

Au fait, qui est Zaz ? Les servitudes de la presse quotidienne étant ce qu’elles sont, l’auteur de ces lignes à dû se taper d’urgence l’intégrale de cette demoiselle : il n’y a jamais de honte à gagner sa croûte ; surtout si ça peut aider à sauver la France. In fine ? Dans le registre des geignardes à cheveux gras pour lecteurs de Télérama, en presque quinze années de carrière, Zaz, sans franchement avoir été très bonne, n’a pas non plus été totalement mauvaise. Dans le jargon des musiciens, on appelle ça de la sonorisation pour ascenseur ou du papier peint musical.

Bref, ça s’écoute, sans trop se faire saigner les oreilles, avant d’aussitôt s’oublier, et ça vaut toujours mieux qu’Aya Nakamura, la Castafiore qu’on sait. Mais nous sommes pourtant très loin d’une Françoise Hardy ou d’une Catherine Ringer, la voix des défunts Rita Mitsouko ; laquelle, dans le registre des chanteuses un brin déjantées, vocalisait dans une tout autre catégorie.

 

Et dire qu’elle se prend pour la nouvelle Édith Piaf…

 

Là où le temps se couvre, c’est quand Zaz se frotte à chausser les escarpins d’Édith Piaf en reprenant La vie en rose ou Padam padam, par exemple. Un peu comme si Étienne Daho se toquait de réinterpréter les plus grands succès de Luciano Pavarotti ou le rappeur Jul ceux de Georges Brassens. Elle aurait pu y penser avant, mais Zaz semble ignorer que la tête ne sert pas qu’à porter des chapeaux, mais aussi à réfléchir.

Tout comme elle aurait été mieux inspirée d’y réfléchir encore à deux fois, en 2014, lorsque interviewée par nos confrères du site Pure Charts, dédié à la chanson française, elle eut ces quelques mots malheureux, à propos du Paris occupé durant la Seconde Guerre mondiale : « À Paris, sous l’Occupation, il y avait une certaine forme de légèreté. […] On chantait la liberté alors qu’on ne l’était pas totalement. Pour moi, c’est ça, Paris. C’est là où tout est possible, là où on innove. »

 

Chanter le Paris de l’Occupation : une bonne idée ?

 

Pour sûr qu’en matière d’innovation, les occupants n’avaient pas ménagé leur peine, surtout en matière de bilinguisme dans les panneaux d’indications routières et de recyclage du Vélodrome d’hiver en camp de transit.

Sans grande surprise, cette naïveté désarmante ne fut pas sans conséquence. D’où ses excuses alambiquées : « Même si je ne suis pas historienne, je sais que cette sombre période de notre Histoire n’est ni une période de liberté, ni encore de légèreté, sauf pour les armées d’occupation et les collabos pour lesquels je n’ai aucune sympathie. »

 

 

Mince, Zaz devait croire que Résistance et communisme ne faisaient qu’un. Et voilà qu’on lui apprend que Sartre était au rang de « ces collabos » pour lesquels elle n’éprouve « aucune sympathie ». Dans sa conscience, pas forcément tout à fait bien « éveillée », un monde a dû s’effondrer. Tout comme le sien, celui de ses confrères du show-biz, qui n’en finissent plus de parler dans le vide, alors que plus personne, aujourd’hui, ne les écoute.

Quitte à avoir des raisonnements d’enfants, Zaz devrait faire comme Chantal Goya et plutôt chanter les gentils petits lapins, façon Bécassine, sa cousine...

Nicolas Gauthier
Nicolas Gauthier
Journaliste à BV, écrivain

Vos commentaires

39 commentaires

  1. Pourquoi toujours écouter ces petites personnes qui ne sont connues que pour leur aptitude à pousser la chansonnette ? La fille de ma concierge a bien plus de culture, mais hélas personne ne l’écoute.

  2. Quand les spectateurs de droite auront le courage de ne plus assister à aucun concert, à aucune pièce de théâtre, et de ne plus acheter leurs CD, de tous ces multitudes d’artistes d’ultra gauche qui insultent les votants de droite.

Commentaires fermés.

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

L'intervention média

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois