Polémique en plein , après qu’on a appris qu’une a été célébrée, samedi soir, en l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris. Réaction de Jean Messiha au micro de Boulevard Voltaire.

Deux polémiques ont été mises en parallèle sur l’absence de respect du confinement, le cas des cités et le cas d’une messe à Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Qu’en pensez-vous ?

Ces deux polémiques n’ont pas de point commun. Le gouvernement, par la voix de Nuñez, dit que le confinement ne serait pas appliqué de manière uniforme sur l’ensemble du territoire. On peut comprendre par là que le respect du confinement dans les quartiers populaires et certaines cités ne serait pas la priorité. Étant très attaché au principe de l’égalité républicaine, je trouve que cette politique relève de l’authentique racisme. Il existerait, en France, une catégorie de gens qui ne serait pas suffisamment français, ou pas suffisants dignes pour être traités comme les autres Français, et se voir appliquer la loi au même titre que les autres Français. C’est une position qui est de nature à stigmatiser ces quartiers sous prétexte de non-stigmatisation. Ce gouvernement est fou !

Certains disent que l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet a outrepassé le devoir de confinement en faisant une messe soi-disant clandestine. D’autres disent qu’au contraire, cette messe n’était absolument pas clandestine. Quel est votre point de vue ?

Cette messe était une messe sans participants physiques. La seule information que nous avons sur la participation à cette soi-disant messe clandestine, ce sont les déclarations d’un témoin sur place. On ne sait pas si c’était un fidèle, un membre du clergé ou un laïc. Il disait qu’une quarantaine de personnes étaient présentes. Force est de constater qu’à la fin, la police n’a verbalisé que le prêtre. Cela veut dire que si d’autres participants étaient présents, il n’y a aucune raison que ces deniers n’aient pas été verbalisés. Quand vous partez en vacances et que la police vous arrête, la verbalisation ne vaut pas seulement pour le conducteur, mais pour tous les passagers de la voiture. On s’imagine que s’il y avait eu 40 personnes, il n’y a pas de base légale à ce que la police épargne les participants et ne verbalise que le prêtre. S’ils n’ont verbalisé que le prêtre, il est probable qu’il n’y avait que le prêtre.
Derrière cela, on sent les vieux réflexes de la gauche anticléricale qui se répand sur les réseaux et qui fait des live entiers, alors que les appels à la prière islamiste ne les avaient absolument pas dérangés. Ni l’AFP ni Libé ni Le Monde n’avaient mis une ligne sur les appels à la prière qui s’étaient multipliés en France. Quand ils en ont parlé, c’était pour dire que l’appel à la prière n’avait pas été fait à partir d’une mosquée mais à partir d’un appartement privé. C’était censé être la réponse au problème.
D’un côté, il faut respecter la laïcité lorsqu’il s’agit de symboles chrétiens. En revanche, lorsqu’il s’agit de symboles musulmans, c’est justement le progrès et cela n’a rien à voir avec la laïcité.

Sur les réseaux sociaux, certains internautes sous-entendent que la police aurait été plus conciliante à l’égard des catholiques de Saint-Nicolas-du-Chardonnet qu’à l’égard des banlieues, puisque seul le prêtre a été verbalisé. Qu’en pensez-vous ?

Cette messe était retransmise. Quand on regarde les images des copies d’écran par ceux qui ont regardé cette messe, on voit bien qu’il n’y avait personne sur les bancs. La police n’a pas verbalisé, tout simplement parce qu’il n’y avait personne à verbaliser. Soit des participants n’étaient plus là lorsque la police est arrivée, soit il n’y avait tout simplement personne. La police n’a eu personne d’autre à verbaliser que le prêtre, tout simplement.
Si on cherche bien dans les quartiers, on devrait bien trouver des appels à la prière, ou on en aura au moment du ramadan. On attend que le gouvernement donne des ordres aussi clairs et brutaux à la police pour aller arrêter ces événements comme ceux qu’il a donnés pour arrêter une messe avec quelques fidèles autour d’un malheureux prêtre à Paris.
Je crois qu’il y a une hargne contre tout symbole catholique en France, de la part d’une certaine presse qui entend extirper les dernières traces, les dernières rémanences des racines chrétiennes de la France. Elle entend utiliser l’islamisme ou cette espèce d’islam politique conquérant comme un bélier pour démolir ses dernières traces.
Au Rassemblement national, nous sommes, bien entendu, des laïcs. Nous faisons, néanmoins, la différence entre la France et la République. La République est laïque, la France a, comme tous les pays, des traditions historiques et des traditions chrétiennes qui font partie de notre immatériel. La laïcité est censée privilégier en premier lieu ce patrimoine immatériel là. La laïcité ne saurait servir de prétexte ou de bélier pour abattre les portes de notre identité nationale. Cela participe d’une logique antinationale aux antipodes de la nôtre.

13 avril 2020

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