est mal sapé. Déjà, ses poignets de chemise sont à boutons. Rédhibitoire. , lui, c’était poignets mousquetaires, été comme hiver. Notez que Macron, c’est des fois boutons, des fois mousquetaires. Les deux en même temps, c’est à façon. Pas encore tenté. Les costumes de Jean Castex sont amples quand ceux d’ sont cintrés. Pour les chaussures, on ne peut rien dire, vu qu’il est rare à la télé qu’on nous fasse un gros plan sur les souliers de nos femmes et hommes politiques. C’est dommage, car on en apprendrait beaucoup. Mais l’on peut craindre le pire pour Jean Castex.

À boutons ou mousquetaires, ample ou cintré, slip kangourou blanc ou caleçon à fleurs, ceinture ou bretelles : ainsi se divise l’humanité. Définitivement. Cruellement. Sans possibilité de réconciliation. Si, peut-être, chez les défenseurs inconditionnels du principe de précaution, adeptes du « ceinture et bretelles » car on n’est jamais trop prudent.

Donc, Jean Castex est mal sapé. C’est pas moi qui le dis mais « un macroniste de la première heure » au très élégant Figaro. Et en matière d’élégance, on s’y connaît, en Macronie. « À la campagne, les gens voient qu’il est mal sapé, comme eux. Et ça plaît. »

À bien y réfléchir, cette phrase résume ce qu’est devenue la politique : de la com’. Tiens, les gars, remuez-vous un peu et trouvez-moi un Premier ministre qui fasse province – pardon : territoires. On a celui-ci, mais il a l’accent. C’est pas grave ? Au contraire ! Ce sera le petit plus commercial pour les abrutis du 20 heures. Au fait, l’accent d’où ? Du Midi. Nickel, ça mettra un peu de soleil dans le paysage. Ça va plaire, vous allez voir. « Et ça plaît », effectivement. Enfin, c’est l’analyse qu’en fait le petit marquis de service en se confiant dans le boudoir au Figaro tout en contemplant ses chaussures à boucles impeccablement cirées. La réalité est cependant un tantinet différente : la semaine dernière, au dernier sondage Elabe pour Les Échos et Radio Classique, la cote de popularité du péquenot de service est tombée à 28 %, quand elle était à 43 % en juillet. La prochaine fois, faudra essayer l’accent ch’ti, les gars.

Mais cette phrase fait plus que résumer ce qu’est devenue la politique : elle est à elle seule un concentré de la crise sociale et morale traversée par le pays. La quintessence du mépris de caste pour ce peuple de gueux : on est de la campagne, on est forcément mal sapé. Ce mépris, du reste légèrement teinté de pétoche, que l’on avait pu ressentir, voir sentir, au plus fort de la crise des gilets jaunes lorsqu’on voyait défiler sur les plateaux télé les plus beaux lauréats du concours d’élégance de la Macronie. « Sans élégance de cœur, il n’y a pas d’élégance », disait Yves Saint Laurent.

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