Quatre ans et demi après l’incendie de Notre-Dame de Paris, les échafaudages déchirent le ciel gris de la capitale, et sous ce labyrinthe de barres de fer, la charpente de la flèche apparait presque achevée. Il ne reste qu’à la couvrir de son manteau de plomb. Près de 500 compagnons s’affairent sur ce chantier légendaire, 600 seront mobilisés au plus fort du projet, selon Les Échos.

« L'incendie de Notre-Dame, une bénédiction ! »

Sauf changement, la cathédrale ouvrira bien ses portes au grand public dans un an, le 8 décembre 2024, selon le calendrier des travaux en vigueur. À quelques mois près, le Président aura tenu sa promesse, prise au chevet de Notre-Dame, le soir de l’incendie du 15 avril 2019 : « Nous rebâtirons la cathédrale Notre-Dame plus belle encore et je veux que cela soit achevé d’ici cinq années. »

De quoi ravir Henri d’Anselme, le héros d'Annecy qui fit courageusement face au terrorisme, le 8 juin 2023. Joint par BV, Henri d’Anselme voit dans les épreuves passées de la Dame de pierre une occasion de renouveau : « On aura la chance de redécouvrir Notre-Dame comme personne ne l’avait connue depuis cinq, voire dix générations !, estime-t-il. A posteriori, je pense que l’incendie de Notre-Dame est une bénédiction car il a permis un regain d’intérêt pour les autres cathédrales. » Ce chrétien qui a consacré des mois à péleriner entre les plus belles cathédrales de France regarde aussi avec un œil admiratif le travail effectué par des mains habiles sur Notre Dame. « Le chantier de Notre-Dame de Paris est complètement exceptionnel, c’est un chantier modèle, pilote, à la pointe en termes d’investissement de recherche sur des technologies nouvelles », s'enthousiasme-t-il. Evidemment, en chrétien, il insiste sur le fond, sur ce qui inspira les bâtisseurs et mobilisa les artisans du Moyen Âge lors de l'érection de ce bâtiment unique au monde. « Derrière ce regain d’intérêt matériel, architectural et artistique, il y a quelque chose d’essentiel : le message des cathédrales, la dimension spirituelle de ces édifices, rappelle-t-il. Il ne faut pas oublier qu’on restaure ce patrimoine d’abord parce que c’est un patrimoine religieux, voué au culte et donc voué à Dieu. »

« Le message religieux de notre patrimoine »

Les travaux de réaménagement des abords de Notre-Dame de Paris prendront le relais du chantier de reconstruction. Voté le 15 avril 2021, deux ans après le terrible incendie, le projet retenu durera trois ans, jusqu’en 2027. Il a pour but de rendre à la cathédrale son attractivité d’antan, elle qui n’attirait pas moins de 12 millions de visiteurs par an en moyenne avant l'incendie, ce qui la hisse en tête des monuments les plus visités de France et même d’Europe.

Outre la flêche, la charpente multiséculaire du grand comble, surnommée « la forêt », renaît petit à petit, elle aussi. Cette charpente a été restituée selon des dessins et des techniques fidèles au XIIIe siècle. De quoi susciter l'admiration des touristes, qui reviendront. Pour autant, rappelle Henri d'Anselme, « il est important de ne pas avoir une approche trop touristique car, outre le message religieux de notre patrimoine, outre le fait qu’on ne le restaurera bien qu’en lui rendant sa nature propre c’est-à-dire sa dimension religieuse, c’est en fait l’âme de notre pays qu’on restaure ». Et c'est cette âme qui, peu à peu, reprend sa forme au cœur de l'île de la Cité.

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30 novembre 2023 à 17:00

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12 commentaires

  1. A toute chose malheur est bon dit-on. Et avec l’incendie de Notre Dame, si tant est qu’il fut volontaire, il aura été un évènement qui, en rappelant son existence, lui a fait retrouver sa véritable place. Magnifique travail effectué par des hommes et des femmes aux compétences exceptionnelles dont nous avions oublié que notre pays regorgeait

  2. Quel bonheur de revoir ce symbole de notre pays renaitre, quel plaisir enfin de voir respecter nos merveilleux anciens.

  3. J’espère que lorsque les travaux seront terminés, une grande marche vers la cathédrale sera organisée et que des amoureux de Notre-Dame viendront de toute la France.

  4. « elle qui n’attirait pas moins de 12 millions de visiteurs par an en moyenne  »
    donc ~33000 par jour en moyenne – est-ce possible? Tenant compte de haut/basse saison j’en doute

  5. A l’inauguration de la fin des travaux, deux difficultés majeures seront à gérer. L’énorme récupération de l’évènement par le Chef de l’Etat , à en faire « péter » les boutons de sa chemise. L’afflux excessif de personnes en désir de visiter. Il serait peut-être bien d’instituer un ordre programmé. Par exemple n’autoriser pendant quelque temps que les personnes très âgées, puis âgées, puis séniors. Les jeunes ensuite, disposant de tout leur avenir pour visiter, sans risque de trouble de leur intégrité physique. Sans une discipline établie, le risque de souffrances sera fort.

    1. Quelle récupération de l’évènement par le Chef de l’État ? Macron pourra « gesticuler » tant qu’il voudra , l’histoire retiendra que c’est sous son premier Mandat que cet édifice a été incendié ! Malheureusement , sous ses deux Mandats , bien d’autres catastrophes se sont produites ! Si elles n’ont pas été aussi spectaculaires que « NDDP » pour tous , elles n’en seront pas moins dévastatrices pour le Pays et à plus longue échéance !

  6. Un mégot, une cigarette mal éteinte, une étincelle d’un court circuit électrique ont mis le feux à des poutres de chêne vielles de 800 ans. Une prouesse. On ne nous prendrais pas pour ce que nous ne somme pas.

    1. Excellent commentaire! Quoiqu’il en soit, en admettant qu’il y ait eu autre chose qu’un accident genre cigarette mal éteinte ou court-circuit, vous pouvez être sûr et certain que JAMAIS nous ne le saurons! La lâcheté de ceux qui nous gouvernent est infinie. La poussière sous le tapis commence à devenir visible.

  7. Toujours sans nouvelles de l’origine de l’incendie, ni sur le triste accident du Général Gorgelin ? Bizarre !

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