« Quand vous avez des fabricants de produits à base de cacao qui vous invoquent l'Ukraine pour une augmentation de 15 % de tarifs sur la confiserie, sur les barres chocolatées – je parle de Nestlé, je parle de Mars –, faut quand même pas déconner ! On est sur l'autre continent, pour le cacao ! » Invité sur BFM TV, jeudi 30 juin, Michel-Édouard Leclerc a jeté un pavé dans la mare. Six mois après ses positions controversées sur l’application du passe sanitaire dans les grandes surfaces, le président du comité exécutif des magasins Leclerc s’exprime à nouveau publiquement pour demander, cette fois, à l’État et aux parlementaires d’enquêter sur les vraies causes de l’inflation. Il dénonce des hausses de prix « suspectes ».

Une inflation qui s’accélère, selon les derniers chiffres publiés par l’INSEE, le 30 juin, pour atteindre 5,8 % sur un an (contre 5,2 % en mai). Une hausse due, selon l’institut, « à une accélération des prix de l'énergie et de l'alimentation ». Depuis juin 2021, les prix de l’énergie ont ainsi augmenté de 33,1 % et ceux des produits alimentaires de 5,7 %. Si la répercussion de la guerre en Ukraine sur les coûts énergétiques peut s’expliquer, celle-ci ne peut pas justifier à elle seule toutes les augmentations de prix. Ainsi Michel-Édouard Leclerc de faire le buzz en lâchant, au micro d’Apolline de Malherbe : « L'Ukraine a bon dos. » Une façon de prendre à témoin les consommateurs et dénoncer les méthodes des industriels.

Il prend l’exemple de l’huile de tournesol en révélant la façon dont les tractations commerciales se déroulent : « On nous dit : “On va te livrer mais il faut augmenter de 34 % le prix d'acquisition de cette huile […] Et dans ces conditions, on assèchera tes concurrents et on te donnera 130 % de ta demande.” » Nul doute que le consommateur désormais averti par Michel-Édouard Leclerc ne pourra plus supporter cet effort supplémentaire.

Sauf que pour les industriels, le son de cloche est différent. Sur BFM Business (16 juin), Jean-Philippe André, président de l'Association nationale des industries alimentaires (ANIA), déplorait : « On tourne en rond, on n'avance pas. » Lui plaide pour que les industriels impactés par l’inflation des matières premières, packaging et transports puissent augmenter leur prix sous peine de se retrouver dans une situation d’« asphyxie étouffante ». En Grande-Bretagne, l’enseigne de grande distribution Tesco a tranché en préférant supprimer les produits Heinz de ses rayons plutôt que de répercuter la hausse « abusive » du coût des matières premières sur leur prix de vente.

Quant à l’État qui a laissé la France sombrer dans une faillite historique, il se veut rassurant et annonce qu’il « fera les comptes » avec les « profiteurs de guerre ». Bruno Le Maire a ainsi assuré, lors d’un point presse (Europe 1 avec AFP, 30 juin) : « Nous avons demandé des efforts à un certain nombre de grandes entreprises qui aujourd'hui bénéficient de ce pic inflationniste […] Nous verrons ce que les grandes entreprises ont mis sur la table pour protéger nos compatriotes contre l’inflation. »

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1 juillet 2022

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33 commentaires

  1. Les profiteurs de guerre : j’ai des amis à Odessa qui me disent qu’il y a, dans toute l’Ukraine, pas seulement à Odessa, un vaste marché de vente d’armes. Les armes arrivent et elles sont vendues, surtout à destination de l’Afrique.

  2. Pour les produits ordinaires, fabriqués en France, les Distributeurs alignent leurs prix sur ceux des produits importés.
    C’est à dire, à la marge.
    Pas plus compliqué que ça !
    Leclerc a raison !

  3. Avec la Dette astronomique qu’a fait Macron en 5 ans, comme nulle part ailleurs, et les 2 % d’agios payés depuis quelques temps (40 milliards par an), il faut bien que la France compense ces pertespar l’inflation….La pression soumission commence. ça va être pire, si la Droite joue au Centre, c’est à dire veut partager le pouvoir. Les économies sont à faire ailleurs.

  4. Chez moi en Bourgogne et chez le caviste du coin, ma bouteille de Mâcon Villages a, du jour au lendemain, pris UN euro, soit 9,90 €.
    Du coup, je vais voir ailleurs.
    Faut pas pousser !

  5. Pas besoin de Leclerc pour se rendre compte qu’on nous prend pour des cons .Petite histoire vraie arrivée en Argentine :ils ont multiplié par 3 le prix des oeufs , les clients n’en ont plus acheté .Ils sont revenus à l’ancien prix toujours boycotte des clients ils ont baissé les prix et ont retrouvé des clients .A méditer : on peut gagner sans manifester sans hurler mais tout simplement en consommant le minimum .Mais les moutons français sauront ils faire ….

    1. vous avez raison,il faut commencer ainsi: boycotter tous ce qui est suspect.
      Je le fais depuis longtemps pour un tas de choses : alimentaire (je change mes habitudes
      s’il le faut), une pub débile ou mal tournée me détourne du produit proposé, une émission télé ou un film trop cons me font changer de chaine et le service public ne me vois plus souvent. Je fuis la propagande mondialiste et fais systématiquement le contraire de ce qu’ils demandent… consommons moins et plus intelligemment.

  6. Quelques heures après l’annonce de l’attaque russe en Ukraine, le prix du carburant a grimpé jusqu’à 2,50 euros. Augmentation purement technique sans la moindre spéculation, bien entendu…Attention les « sachants »: la soupape de la cocotte-minute est bloquée… Et la température monte, monte…

    1. « Quelques heures après l’annonce de l’attaque russe en Ukraine, le prix du carburant a grimpé jusqu’à 2,50 euros. Augmentation purement technique sans la moindre spéculation, bien entendu ». L’intégralité du marché du pétrole s’effectue à terme, son prix d’achat étant déterminé non par sa valeur du jour, mais celle (présumée) qu’il aura dans trois mois, voire plus. Donc la guerre en Ukraine ne pourra avoir des répercussions inflationnistes que trois mois (au plus tôt) après son déclenchement.

  7. Leclerc enfonce une porte ouverte. Tout le monde (sauf les imbéciles naïfs) savent que la spéculation n’a rien à voir avec les conséquences d’un conflit armé. Pour nous, consommateurs, pas d’autre choix que de voter avec son porte-monnaie (boycott total des exagérateurs). Si tout le monde fait pareil, les prix seront bien forcés de redescendre.
    De plus, on a l’habitude, la même spéculation a été faite ces 2 dernières années par les laboratoires pharmaceutiques

    1. Face à un peuple inerte et soumis, tous les profiteurs se gavent un maximum, tant qu’ils gagnent ils jouent. Et s’ils sont forcés de baisser les prix ils baisseront encore la qualité des produits.

  8. Qui sont une fois de plus les couillons.
    Dans les restaurants de l’Elysée, de l’Assemblée Nationale , Conseils régionaux, départementaux….et autres trucs qui ne servent à rien, nos valeureux politiques sont engraissés gratuitement.

  9. Il a toujours eu son franc parler même s’il défend aussi ses intérêts. Je l’écoute toujours avec attention

  10. Que ce Monsieur commence donc à réduire ses propres marges, et ensuite il pourra donner des leçons .
    Si on l’écoute, quand cela ne va pas c’est toujours de la faute des autres .

    1. Peut être de sa faute en partie.
      Mais oui, il a raison sur le fait qu’on met tout sur le dos de Vladimir!!
      Le cacao ne se ramasse pas en Ukraine… Le café non plus…
      La moutarde? je croyais qu’elle se cultivait autour de Dijon….
      Le blé? Même si nous ne cultivons sans doute pas tout pour couvrir nos besoins, il y en a en Beauce et en Champagne berrichonne (et partout en France).
      Et tout à l’avenant….

      Donc oui, c’est de la faute aux autres (Oh temps… en emporte le vent)

      1. Entièrement d’accord avec vous. Une précision pour la moutarde, les superficies en culture sont largement diminuées fautes de bras vu les charges.

  11. N’allez surtout pas croire ce mauvais ministre des finances qui se voulant rassurant à notre encontre se congratule intérieurement en pensant aux futures rentrées fiscales juteuses, par TVA interposée. Les faux-culs, vous connaissez ?

  12. Voici l’avis que j’ai mis sur Leclerc Cahors:
    La petite viennoise à 1€ est passée à 1.20€. (à la fabrication 10-15cts belle marge) Idem peut-être pour les autres viennoiseries. Il faut bien compenser le prix de la baguette.
    Le grand chef devrait balayer devant sa porte avant d’accuser les autres

  13. On peut reconnaître à Mr Leclerc son courage à dénoncer ce que le citoyen lambda pense depuis longtemps mais que nos élites refusent volontairement d’accréditer – osons espérer que ces dénonciations soient suivies d’effet.

    1. Mr E. Leclerc n’est pas le petit Saint qu’il veut nous faire croire qu’il est. N’oubliez pas que c’est « grâce » à lui que tous les petits commerces ont disparu en ville et les gérants de ses magasins ne font pas partie des pauvres de la paroisse. Il devrait montrer l’exemple en baissant drastiquement tous ses produits de première nécessité.

  14. Bruno Lemaire, celui qui est tellement occupé à détruire l’économie russe, avec le succès que l’on sait, manque cruellement de temps pour dispenser ses bienfaits à la nôtre.
    Malgré tout, notre ministère de l’économie ne manque pas une occasion de rappeler les éclatantes performances de notre pays. Les gueux, ignares qu’ils sont, sont bien entendu incapables de comprendre que l’inflation galopante n’est rien d’autre qu’un « sentiment ».

    1. Quand on est riche comme la France (3000 milliards de dettes) il est bien normal de donner tout ce que l’on peut à l’Ukraine. Il faudra bien sur emprunter à nouveau

  15. Le conflit Russo Ukrainien a effectivement bon dos. Dès le début les hyènes mercantiles sont sorties de leurs cages pour dévorer les porte-monnaies des populations qui survivent. Tout est bon pour gonfler les prix et l’humeur des clients. Toutefois bon nombre changent leur attitude dans la valse des achats et les produits consommables risquent de pourrir dans les étals. C’est souhaitable.

    1. « Dès le début les hyènes mercantiles sont sorties de leurs cages pour dévorer les porte-monnaies des populations qui survivent »

      Et en +, c’est sans aucun doute, volontaire…

      « vous ne posséderez plus rien et vous serez heureux », selon le type de Davos que je nommerai pas, tant l’idée d’écrire son nom me rend malade.

  16. MEL se fait de la pub, car s’il dénonce certaines pratique spéculatives, son réseau, très profitable, adopte des méthodes similaires au reste de la grande distribution.

    1. Il n’y a qu’à voir en Bretagne comment les « fournisseurs » locaux sont heureux d’avoir Mr. Leclerc pour acheter leurs produits!!!

  17. Bruno lemaire a bonne mine… il clame partout 18 centimes de ristourne sur le carburant quand les pompes affichent 15 !!! Et Total va encore annoncer des bénéfices faramineux, c’est à eux de payer la note !
    Quand les grands transporteurs maritimes bloquent leur bateau à quai pour faire grimper les prix… bruno n’est pas là
    Mais tout cela sert bien les orientations de la Comission Européenne, cherchons un peu sérieusement à qui profite le crime !
    Merci à Édouard Leclerc pour son pavé

    1. Parce que vous le croyez plus honnête que les autres super marchés. Leur objectif à tous est la marge, la marge, la marge

    2. Total fait ses bénéfices à l’étranger, pas en France. Ce n’est pas de la faute de Total si le prix du pétrole grimpe au niveau mondial mais bien à cause de Biden, Zelensky et de ces minables chefs de l’UE non élus.

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