Les images ont fait le tour des journaux télévisés et de la Toile. Des centaines de pompiers luttant contre les flammes, aidés et soutenus par des bénévoles et une grande part de la population. De belles images qui, si elles n’allègent pas la facture d’une certaine incurie des pouvoirs publics, démontrent que les Français font preuve d’une belle générosité. Hélas, dans certains quartiers et certaines zones, la situation est tout autre. Car si on parle avec force louanges des pompiers engagés contre ces « méga-feux » qui ont déjà brûlé des milliers d’hectares, on a peu parlé des effectifs de police déployés pour l’occasion, pour des raisons pour le moins étonnantes.

« On est mobilisé depuis le début de la crise pour deux missions », nous confie un agent affecté à la BAC : « évacuer les gens habitant les zones menacées, hélas parfois par la force » et « protéger leurs biens en leur absence ». Le policier l’affirme : pendant que des pompiers risquent leur vie et que la population s’active auprès d’eux, des « charognards » en profitent pour s’adonner au pillage des maisons abandonnées par leurs propriétaires. « C’était surtout vrai les premiers soirs », tempère le responsable Alternative Police du département Bruno Vincendon. « On a mis la zone sous cloche pour contrôler les entrées et sorties et limiter au maximum ce type de comportement », résume-t-il par téléphone, évoquant des tentatives « par le lac et les bassins en jet-ski » d’individus appâtés par les luxueuses villas arcachonnaises laissées sans surveillance.

« Mais cela ne doit pas nous faire oublier l’incroyable élan de solidarité des gens », précise Vincendon. « On a croulé sous les dons de nourriture, de boissons, certains ont proposé spontanément des hébergements », reconnaît le responsable syndical, tandis qu’un autre de ses collègues nous confiait que « s’il fallait attendre le ravitaillement par voie administrative, on serait (pompiers et agents) littéralement morts de faim et de soif ». Un exemple de plus des défaillances de l’État ?

Renforts en Gironde, effectifs minimum à

« Il n’y avait pour ainsi dire plus d’effectifs d’anticriminalité sur des secteurs entiers de Bordeaux », déplore cet agent de la BAC. La ville de Chaban-Delmas, qui connaît une vague criminogène inédite depuis plusieurs mois, a été singulièrement dégarnie pour gérer les incendies. « Cela met tristement en lumière le manque criant d’effectifs face à une situation qui empire d’année en année », abonde Bruno Vincendon. En cause, notamment, la présence prégnante de bandes entières de ceux que l’on appelle pudiquement « mineurs non accompagnés », faux mineurs pour la plupart mais vrais délinquants, qui font de un véritable coupe-gorge. « Au niveau de la criminalité, on se rapproche de plus en plus des standards de Marseille », témoigne ce policier en poste dans la cité bordelaise depuis près de vingt ans. En 2021, déjà, on constatait une augmentation drastique des vols avec armes : +46,7 % et de manière plus modérée des coups et blessures volontaires (+3,40 %) et des cambriolages de logements (+4,35 %). Tous les indices de étant en hausse, on aurait tort de faire à le grief de dénoncer le coupe-gorge qu’est devenue la France et qui fait couler autant d’encre que de sang.

6991 vues

20 juillet 2022

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.

  Commenter via mon compte Facebook

  Commenter via mon compte Twitter