Education - Société - 27 septembre 2019

Il fallait s’y attendre, la Barbie™ neutre est lancée !

Mattel™ vient d’annoncer la commercialisation d’une gamme de poupées non genrées aux États-Unis. À trois mois de Noël, la France signe, quant à elle, une Charte d’engagements volontaires pour une représentation mixte des jouets. Cette figurine subversive ne devrait donc pas tarder à nous arriver…

Il y avait déjà les Monster High™, ces envoûtantes poupées cadavériques au look gothique censées enthousiasmer nos fillettes. Désormais, elles, ou plutôt ils, puisqu’il faut sortir de l’éternel cliché genré (encore que le masculin ne devrait peut-être plus l’emporter sur le féminin), bref, nos chers petits fruits d’un projet parental auront bientôt la chance de pouvoir stimuler leur imagination débordante sur des poupées personnalisables à l’envi. La nouvelle gamme Creatable World™ a été conçue par Mattel™ pour « s’émanciper des étiquettes et inclure tout le monde », annonce le géant du jouet. Cette étrange figurine androgyne est donc vendue ni fille ni garçon, c’est à votre progéniture de décider et de choisir (tiens tiens) s’il faut l’affubler d’une perruque de cheveux longs ou courts et l’habiller en jupe ou pantalon. « L’idée que je me faisais de la Barbie™ était qu’à travers la poupée, la petite fille pouvait devenir qui elle voulait. Barbie™ a toujours incarné une femme qui a le choix », déclarait Ruth Handler, la « maman » de Barbie™.

Soixante ans plus tard, si l’on ne sait ce qu’aurait pensé la créatrice, force est de constater que la poupée iconique a perdu de sa superbe. De femme fatale, pompier, astronaute ou présidente, affichant sa célébrissime taille de guêpe ou promouvant des « messages de body-positivisme d’acceptation de soi » (comprendre : assumant ses rondeurs), Barbie™ est désormais pourvue du corps d’un enfant de 7 ans.

Concomitamment en France, « c’est par ce type d’actions que nous renforcerons à terme la présence des femmes dans les carrières scientifiques en général, de l’industrie en particulier », expliquait, cette semaine, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances. Lors de la signature de la Charte d’engagements volontaires pour une représentation mixte des jouets, la secrétaire d’État souhaitait « inciter à la représentation mixte pour les jouets comportant une forte dimension scientifique et concourant ainsi à susciter des vocations ». Le motif invoqué est donc purement économique : il faut simplement susciter plus de vocations féminines dans l’industrie.

Toute ressemblance avec de folles théories idéologiques qu’il faudrait inculquer dès le plus jeune âge pour arracher les enfants à leur déterminisme serait purement fortuite. Puisqu’un garçon choisira spontanément de tirer dans un ballon là où une fille câlinera sa poupée, à défaut de changer de manière de jouer, si l’on changeait plutôt le jouet en lui-même ? Devançant les accusations de matraquage dès le plus jeune âge, Richard Dickson, le président de Mattel™ prévient : « Notre rôle est seulement de stimuler l’imagination. » Nous voilà rassurés : l’esprit d’enfance est sauvé. Au pied du sapin, filles ET garçons continueront à rêver en jouant à la poupée…

À lire aussi

La chasse aux personnes handicapées est ouverte

« Il faut traquer, oui, je dis traquer les embryons porteurs d’anomalies chromosomiques »,…