Depuis que des écolos ont emporté quelques métropoles, les écologistes se sentent pousser des ailes. Dans un entretien au magazine Le Point, Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, toise avec arrogance ses adversaires politiques, depuis Anne Hidalgo jusqu’à , en passant par Macron et Darmanin. « Frapper fort rend plus fort », telle semble être sa devise : il est bon de jouer le Monsieur Muscle quand on conduit une liste écologiste aux régionales en Île-de-France et qu’on organise des primaires pour lancer les de 2022. Mais on s’aperçoit vite que ces gesticulations ne sont que du vent, porteur des obsessions habituelles aux Verts.

C’est d’abord Gérald Darmanin qui en prend pour son grade. Julien Bayou lui reproche de s’être impliqué dans la « polémique des cantines ». Pour lui, «  ministre de l’Intérieur, c’était déjà la déchéance, mais avec Gérald Darmanin, c’est minable et à l’image de ce personnage ». Pas de quartier pour ces hommes qui, au demeurant, ne sont pas les plus incapables des macroniens. Il soutient bec et ongles le repas végétarien servi dans les cantines lyonnaises : « C’est bon pour le porte-monnaie, pour la santé, pour l’. C’est le repas laïc par excellence », explique-t-il.

Vous pourriez penser que la peut s’illustrer dans d’autres combats, contre l’islamo-gauchisme, par exemple. Vous n’y êtes pas ! « L’islamo-gauchisme n’est rien d’autre qu’une insulte comme le judéo-bolchevisme d’avant. » Tenez-vous-le pour dit ! Une façon bien commode d’éluder la question que de remplacer une argumentation rationnelle par un jugement lapidaire. Ce qui suscite, d’ailleurs, des soupçons sur ses intentions : seraient-elles électoralistes ou aurait-il quelque inclination pour ces courants idéologiques ? On reproche beaucoup à Jean-Luc Mélenchon d’avoir participé à la marche contre l’islamophobie : Julien Bayou y était aussi !

Tout son entretien exhale une odeur de campagne électorale. Justement, le patron des Verts y vient, opposant « trois projets politiques […] sur la table aujourd’hui : le passé, le présent et l’avenir ». Le passé, c’est Marine Le Pen, évidemment. Avec elle, « un retour vers un passé fantasmé, qui n’a jamais vraiment existé ». Le présent, c’est Emmanuel Macron : « Il s’adapte tellement qu’il ne sait plus quel projet il veut défendre pour les 20 ou 30 ans à venir. » L’avenir, vous l’avez deviné, c’est lui, « c’est la lutte contre le dérèglement climatique et l’injustice sociale, deux défis du XXIe siècle qui sont au cœur de notre projet ». On a rarement vu un projet aussi passe-partout.

S’il semble croire que Macron perdra contre Marine Le Pen, c’est pour ajouter aussitôt qu’« il n’y a que deux forces qui peuvent gagner contre elle : la et nous, les écologistes ». Comme la droite n’a fait qu’aggraver les choses sous le mandat de Sarkozy, il ne reste que les écolos. CQFD. On s’épate de la pauvreté de la démonstration. Julien Bayou prendrait-il les lecteurs du Point pour des imbéciles ? À moins qu’il n’ait lui-même perdu l’esprit, à force de rabâcher ses lieux communs.

Les Verts n’ont pas encore de candidat, ils en ont un « portrait-robot » qu’il dessine : « Je sais que le ou la candidat(e) sera pro-européen(ne), critique de l’Europe aussi, pour l’accueil des réfugiés, pour les critères d’aides économiques, pour la lutte contre les discriminations sociales, pour l’égalité femmes-hommes, pour la transition du nucléaire vers les énergies renouvelables. » Beaucoup s’y reconnaîtront : on peut s’attendre à un beau pugilat. Il oublie simplement de préciser – ce que ses propos révèlent, il est vrai – que les écologistes sont verts à l’extérieur et rouges à l’intérieur.

28 février 2021

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