Economie - Editoriaux - 22 janvier 2019

Hier, à Versailles, c’était le “Choose France”, mais les mouches ne s’attrapent pas avec du vinaigre !

Au temps où le racolage était autorisé, ces dames avaient une formule pour attirer le chaland : “Viens chez moi, chéri, y a du feu…” Ce lundi, à Versailles, pour le deuxième Choose France, Emmanuel Macron tentait d’attirer les entreprises étrangères avec un message de bienvenue plus ambigu : “Viens chez moi, y a des taxes !”

Parce que, “en même temps”, moins de vingt-quatre heures plus tôt, Bruno Le Maire, ministre des Finances, annonçait fièrement la mise en place de la taxe “GAFA”, rétroactive au 1er janvier et pouvant atteindre 5 % du chiffre d’affaires (et non des bénéfices, ce qui est assez différent puisqu’elle pourrait théoriquement frapper même des entreprises… déficitaires.) De même qu’à l’époque de l’ISF, on pouvait payer plus d’impôt que de revenu annuel sans que le Conseil constitutionnel ne lève un sourcil !

On se croirait sous Mitterrand, modèle Jospin rectifié Hollande. Cinq cents malheureux millions d’euros, soit moins de la moitié du millième de nos prélèvements obligatoires, sont espérés de la taxe GAFA. Un rendement asymptotique à zéro, pour un effet psychologique très inquiétant, d’autant que 30 % des cibles pourraient être européennes.

Après l’élection d’un fringant Président apparemment moins socialiste, et son premier Choose France l’année dernière, notre pays avait retrouvé un semblant d’attrait pour les investisseurs étrangers. Passeront-ils à l’acte après un tel signal, doublé de l’évocation constante d’un retour de l’ISF à l’ancienne et d’une crise des gilets jaunes en voie de chronicité ?

Bien sûr, avec un seuil de déclenchement à 750 millions d’euros, il n’y a pas de quoi effrayer grand monde : 150 entreprises. Mais depuis la CSG, on connaît le truc ; quand on constatera le rendement misérable, ce sera le prétexte à des abaissements successifs du seuil pour accroître la rentabilité de la taxe. Même les startupers français ambitieux, les “premiers de cordée”, comprendront “Ne devenez pas trop grand ou partez ailleurs”…

Un proverbe russe dit que si votre seul outil est un marteau, tous vos problèmes ressembleront à des clous. Décidément, la France d’en haut n’a qu’un outil : le fiscalisme.

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