Il y avait quelque chose de macabre et d’indécent, dans l’inauguration du nouveau président , une cérémonie très select sous la surveillance de plus 20.000 soldats amassés devant un Congrès déserté, à laquelle le peuple n’a pas été convié. Certes, la démocratie a toujours eu peur du peuple, et ce n’est pas par hasard que ce haut lieu de la démocratie a pris les allures d’un « village Potemkine », un « gaga land » ploutocrate pour la superclasse mondialiste.

En effet, cette inauguration nous a offert un spectacle à la fois navrant et pathétique de déjà-vu, une sorte de musée Grévin genderisé, un mixte très kitsch de politique et de reality-show, d’un pâle retour au modèle de gouvernance « obamien » à base de star système et de politique belliqueuse, bref, le bis repetita d’une Amérique momifiée, revisitée par les annonces pompeuses d’un retour à la démocratie à laquelle personne ne croit plus. Les States à la mode bicéphale, avec ses deux versants : le versant sociétal-culturel et le versant politique militaro-industriel.

Pour ce qui est du versant sociétal-culturel, le choix symbolique de la chanteuse Lady Gaga pour l’hymne national, l’égérie bling-bling et provocatrice du lobby LGBT, n’est pas anodin, puisque la société du spectacle tout comme la classe médiatique sont une pièce importante du deep state américain. Loin d’être une simple chanteuse de l’entertainment américain aux allures de poupée de cire déglinguée, Lady Gaga a été nommée par Time Magazine « la personne la plus influente du monde », connue pour son activisme pro-avortement et son soutien au lobby LGBT, à la campagne de Hillary Clinton, de Joe Biden, mais aussi aux Black Lives Matter. Ainsi, Lady Gaga est connue pour ses grotesques performances et provocations de mauvais goût, tout comme sa chanson « Judas » (« Je suis amoureuse de Judas ») sortant à la période de Pâques, qui sera condamnée publiquement par la Ligue catholique américaine.

Avec Lady Gaga, l’Amérique redeviendra un cocktail de drones meurtriers, de pétrodollars et d’acid house mondialiste. C’est surtout le retour sanctifié de l’Amérique des minorités privilégiées, du prêchi-prêcha droits-de-l’hommistes, de l’establishment politico-médiatique et hollywoodien, de la pensée unique et de la cancel culture renforcée, la parabole ludique de ce qui sera mis en pratique par les soins de la nouvelle vice-présidente Kamala Harris, la nouvelle conscience morale, la Madonna post-trumpienne. L’autre versant politique, avec Biden, c’est le retour de l’Amérique va-t-en-guerre, des nantis et des marchands de canons du complexe militaro-industriel, le nouvel OGM anti-trumpien issu de l’alliance entre la droite libérale et la gauche libérale, des néoconservateurs aux progressistes (neoliberals).

Bien sûr, il évident qu’il n’y aura pas de rupture mais un retour au status quo ante, au modèle belliqueux de l’ingérence humanitaire et de l’interventionnisme moralisateur des États-Unis dans le monde en tant que puissance bienveillante, à laquelle Biden faisait référence dans son discours d’investiture. En réintégrant dans son équipe les faucons de l’administration Obama qui ont soutenu sans réserve toutes les interventions militaires de ces vingt dernières années, que ce soit le bombardement en Irak en 2003 ou la guerre en Libye, on annonce déjà la couleur. Il ne faut pas oublier que la politique étrangère des États-Unis, c’est avant tout une histoire de fric et de cost and benefit en matériel humain et militaire, représentant plus de 6.000 milliards de dollars, qui, pour servir à quelque chose, doivent être rentabilisés, de quoi faire redémarrer la grosse machine politico-industrielle mise en sourdine durant la présidence de Trump.

24 janvier 2021

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