Même si, depuis le début du confinement, et dans leur grande majorité, les Français n’ont pas connu le drame du frigo vide, certaines populations, elles, ont manqué de l’essentiel. Pour Sébastien Thollot, le secrétaire national du Secours populaire, « on a vu une augmentation très forte des besoins puisque l’ensemble de nos dispositifs d’aide alimentaire couvrent environ 1,27 million de personnes, ce qui représente une hausse de 45 % par rapport à l’an dernier. Et cela concerne non seulement les grandes villes mais aussi les banlieues et le monde rural. »  Un phénomène qui, selon les associations qui viennent en aide aux plus démunis, « risque de s’aggraver dans les mois qui viennent ».

L’alerte rouge a été donnée au mois d’avril, en Seine-Saint-Denis précisément, ce département le plus peuplé et le plus pauvre de l’Hexagone où les pouvoirs publics ont craint des « émeutes de la faim ». Fermeture des écoles et des cantines scolaires, disparition des petits jobs et sans doute, aussi, effondrement de l’économie souterraine liée au trafic de drogue dans certaines cités (estimée à 30 à 40 %, selon Christophe Castaner) ont précipité beaucoup d’individus dans la pauvreté. Alors, bien sûr, l’État s’est mobilisé : 39 millions d’euros ont été distribués pour l’aide alimentaire aux foyers les plus précaires (2,6 millions d’euros pour la seule Seine-Saint-Denis).  Secours catholiques, Croix-Rouge, Restos du cœur, Secours populaire, collectivités, maires et conseils départementaux ont pris le relais pour la distribution de colis. Avec l’aide de bénévoles et appels aux dons privés.

Mosquées et associations islamistes n’ont pas été en reste. Dans le monde musulman, si la solidarité est de mise toute l’année, la période du ramadan est propice à l’exercice de l’aumône, un des cinq piliers de l’islam. Les distributions de repas du soir pour rupture du jeûne se sont multipliées. À Mulhouse, Lunel,  Dijon, Torcy, Parilly et Vénissieux et ailleurs, des mosquées et des associations ont mobilisé leurs troupes. « Rennes Avenir, l’association qui réunit les musulmans rennais, a offert tous les soirs des sacs repas aux habitants dans le besoin, musulmans ou pas. » On n’est pas au Pakistan, pays où les chrétiens ont moins de chance : pour eux, pas de distribution de nourriture en ces temps d’épidémie sans conversion à l’islam. Un autre drame humain…

Signe des temps : où sont passés les saint Vincent de Paul, ses petites sœurs des pauvres, les filles de la Charité, toutes ces congrégations religieuses qui, pendant des siècles en France, se sont dévouées sans compter au chevet des déshérités ? Ces « grands remplacés » victimes de leur propre crise, celle des vocations, avaient déjà laissé le terrain, dans les années 80, aux Michel Colucci et sa bande d’Enfoirés. À présent, c’est le croissant islamique qui s’installe.

Ceci expliquant cela, le discours et les actions des chrétiens s’est, en quelques sorte, réinventé. Aujourd’hui, les catholiques auraient plutôt tendance à se vanter de leur éventuelle collaboration avec l’islam sur le terrain. À l’exemple de Vimoutiers, bourgade de l’Orne où Secours catholique et Union régionale des mosquées se sont unis pour une action solidaire de distribution de masques, le 4 mai dernier. Révélateur, ce témoignage confié à La Croix d’une enseignante catholique qui a œuvré pendant le confinement dans une association musulmane à la Goutte d’Or : « J’ai découvert un lien très fort entre cet élan solidaire et ce que ça signifie du point de vue spirituel » et avoue : « Ça m’a rendue jalouse car j’ai senti quelque chose de très fort, de communautaire ». Comme si le christianisme s’en allait sur la pointe des pieds sans rien laisser…

Plus audacieux, le diocèse de Bordeaux qui, au nom de « relations islamo-chrétiennes approfondies », fait un appel au don des catholiques à l’entraide en versant à la caisse commune des mosquées. « Complémentarité fraternelle », selon les responsables bordelais. On pourrait le nommer autrement : trahison des clercs ou encore naïveté des fidèles… Un peu de tout, sans doute.

Lucides, certains responsables musulmans se frottent les mains : « Cela augure d’un avenir plein de promesses, qui nous permettra de pérenniser nos actions communes, nous l’espérons vivement. » En tout cas, ils auront fait le job !

De là à imaginer que, demain, le seul islam fera le ciment des populations défavorisées…

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