Florian Philippot, président des Patriotes, est candidat aux élections municipales à Forbach (Moselle). Il revient, pour Boulevard Voltaire, sur l’actualité : coronavirus, crise avec la Turquie…


Vous êtes candidat municipal à Forbach. Quels sont les enjeux pour les municipales ?

Quand je fais un travail, j’aime le faire jusqu’au bout. En 2014, lorsque j’étais candidat, nous avions fait une belle campagne. Je suis arrivé à Forbach en 2012, je suis donc un Forbachois d’adoption.
Cela fait près de 10 ans que j’y suis, je connais donc infiniment mieux la ville, ses enjeux et ses habitants que la dernière fois. Cette fois-ci, j’ai vraiment eu le temps de travailler un bon projet local. On a fait des réunions participatives et avons de bonnes idées. J’ai vraiment envie de redresser cette ville que j’aime, et dans laquelle j’ai maintenant beaucoup d’amis. J’ai envie qu’on ne conjugue pas la vie à Forbach au passé, mais aussi au futur. Je suis sûr que c’est possible.
On fait une belle campagne avec des gens qui viennent de partout.

Forbach est près d’une zone frontalière. Dès le début de la crise du coronavirus, certaines voix disaient qu’il était important de rétablir les frontières afin de limiter l’épidémie.
Certains rétorquent que rétablir les frontières ne ralentira absolument pas un virus. Quelle est votre opinion ?

Je pense qu’il faut écouter les spécialistes. Ils nous disent que s’il y a moins de circulation de personnes, la propagation du virus ralentira. Ralentir, ce n’est déjà pas mal ! Cela nous permet de nous préparer à une éventuelle épidémie généralisée. On ne peut pas dire qu’en France on ait pris ce genre de mesure et de précaution. En réalité, la France n’a jamais contrôlé les frontières.
Dès le 4 février, les États-Unis ont interdit l’arrivée de toute personne, hors américain, sur le territoire national, qui venait de Chine. Nous n’avons jamais pris ce genre de mesure.
Je crois qu’on a complètement loupé le coche.
Par idéologie, on a refusé le contrôle aux frontières nationales, tout en nous expliquant que des mesures de quarantaine locales avaient été prises. Certains villages ou certaines villes sont sous cloche comme dans l’Oise, le Morbihan ou le Haut-Rhin. Construire des petites frontières locales, c’est efficace, mais avoir des frontières nationales cela ne le serait pas… Tout cela est parfaitement incohérent. On est dans l’idéologie pure et nous risquons de le payer.
Il faut évidemment restreindre les mouvements et appliquer les mesures d’hygiène. Mais le véritable enjeu est d’avoir un hôpital solide et un système de soin au niveau. En Italie, il ne l’est plus du tout. La situation est assez dramatique. Ils sont obligés de trier les patients. Il y a donc beaucoup de morts. En France, c’est un peu moins catastrophique, mais on attaque l’hôpital public par l’austérité depuis 20 ans. C’est la politique européenne qui nous demande cette austérité. Je crains qu’on le paye très cher.


On voit l’efficacité de la politique étrangère européenne vis-à-vis de la Turquie. Bruxelles s’évertue à considérer la Turquie comme un allié, mais qui a priori joue contre les intérêts de plusieurs États nations notamment la Grèce.

La Turquie est dans un épouvantable chantage. Depuis des années, la Turquie exerce un chantage vis-à-vis de nous. Erdogan passe à Bruxelles chercher son chèque et au passage, il nous laisse quelques migrants. Je crois qu’on parle de 1500 enfants migrants qu’on devrait prendre à notre charge. Ce petit jeu va-t-il encore durer longtemps ?
C’est tout de même très significatif et illustratif. En quoi l’Union européenne qui devrait être un facteur de force est en fait un facteur de faiblesse. Contrairement à nous, les Anglais ne sont pas tenus par ce qui va se passer à Bruxelles. Aujourd’hui, s’il prend l’idée à certains dirigeants européens d’accueillir un peu plus de migrants on sera obligé de se partager ce nouveau fardeau et de cosigner ce chèque de centaines de milliards d’euros vis-à-vis de monsieur Erdogan. Les Anglais sont sortis de ce système de fou. Ils ont décidé qu’ils maîtrisaient eux-mêmes leur politique d’immigration, leurs frontières et leur politique tout court. C’est toute la différence. J’aimerais qu’on arrête d’être faible en permanence. Je suis absolument convaincu que l’Union européenne n’est pas un facteur de force, mais plutôt un facteur de faiblesse supplémentaire.

Que vient faire Erdogan à Bruxelles ?

Il vient chercher son chèque et fait son chantage pour avoir de l’argent. La Turquie est un État souverain qui connaît ses intérêts. C’est un État libre qui a une certaine force et qui l’impose aux autres. La réalité du monde et de la vie, c’est que tout le monde n’est pas un bisounours.
Il faut savoir montrer les muscles, être fort et défendre ses intérêts.
Pensez-vous que l’Union européenne va le faire ? Bien sûr que non ! L’Union européenne est partagée d’intérêts extrêmement contradictoires entre ses 27 membres. Elle était extrêmement faible et engluée dans une idéologie sans frontièriste et immigrationniste complètement dingue.
Par conséquent, l’Union européenne va nous affaiblir de manière supplémentaire. Il faut absolument que la France ait cette force et décide de contrôler sa politique d’immigration, ses frontières et sa politique tout court. C’est ce qu’on appelle la souveraineté nationale. C’est pour cette raison que nous sommes très favorables à la sortie de la France de l’Union européenne et de l’OTAN. N’oublions pas que la Turquie est membre de l’OTAN, il serait donc pas mal qu’on se défasse de cette alliance.

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