La religieuse, la prostituée, l’infirmière et la bourgeoise partent en guerre. Le scénario de la nouvelle série originale de TF1, produite en partenariat avec Netflix, débute comme une mauvaise blague. Plongées au cœur de la Première Guerre mondiale, quatre femmes, aux trajectoires diverses, se retrouvent pour venir en aide aux soldats. Si, sur le papier, cette nouvelle série d’époque en costumes a de quoi susciter l’attrait des millions de téléspectateurs, semaine après semaine, les épisodes dévoilent un téléfilm imprégné de bien-pensance.

Septembre 1914. Marguerite de Lancastel, prostituée sur la trace d’un jeune saint-cyrien, s’installe à Saint-Paulin, petite bourgade des Vosges à quelques kilomètres de la zone allemande. Au même moment, Suzanne Faure, infirmière en cavale, vient apporter son aide à Mère Agnès dont le couvent a été transformé en hôpital militaire. C’est alors que Caroline Dewitt, jeune mère de famille bourgeoise, se voit propulsée à la tête de l’entreprise familiale après le départ de son mari au front. Rapidement, ces femmes, pourtant si différentes, unissent leurs efforts pour sauver la vie des soldats. Avec cette série, TF1 entend retracer le destin de « quatre femmes exceptionnelles qui traverseront un moment intense et tragique de l’Histoire de France ». Les moyens engagés pour produire ce téléfilm sont colossaux : 20 millions d’euros, 3.000 figurants, 130 chevaux…

Une « série purement anticatholique »

Mais rapidement, la façade historique craquèle pour laisser voir une production militante. La guerre n’est plus qu’un prétexte, une toile de fond pour porter un discours féministe. Car dans cette série, les rôles de vilains sont tous (ou presque) dévolus à des hommes. Marcel Dumont, le proxénète, Charles Dewitt, le beau-frère lâche et infâme, le cruel abbé Vautrin… Les hommes ont le don de se faire détester là où les femmes deviennent rapidement des héroïnes adulées. Le discours féministe ne s’arrête pas là. Suzanne Faure, interprétée par Camille Lou, n’est pas une infirmière comme les autres. Alors que le scénario d’origine, Ambulance 14, écrit par Cécile Lorne prévoyait de raconter « l’histoire de Soizic, une Bretonne qui fait partie de la première promotion des infirmières laïques, patriote convaincue », le script final préfère conter le parcours d’une faiseuse d’anges, dont le dernier avortement a tourné au drame.

Au féminisme, qui tout compte fait n’a rien d’étonnant pour une coproduction Netflix, s’ajoute un discours résolument anticatholique. Tout commençait bien, pourtant. Dans les premiers épisodes, le couvent de Mère Agnès n’est que paix et ferveur. L’architecture de l’abbaye cistercienne de Valloires (Picardie) et le jeu de lumières de la réalisation confèrent à ce lieu saint une élégance indéniable. Mais au quatrième épisode, tout s’assombrit. Après être tombée sous le charme d’un blessé allemand retrouvé nu dans la forêt, Mère Agnès, interprétée par Julie de Bona, décide de rompre son vœu de chasteté. Mais le pire n’est pas encore arrivé. À la fin du cinquième épisode, le spectateur découvre que l’abbé Vautrin, joué par l’humoriste Laurent Gerra, viole les jeunes nonnes de la congrégation et pousse l’une d’elles au suicide. Le prêtre devient l’incarnation du mal. Après la diffusion de ces épisodes, de nombreux internautes n’ont pas manqué de décrier « une série purement anticatholique », « racoleuse » qui « essaie de salir toutes les valeurs » et « l’âme de la France ».

Pour couronner le tout, Marguerite et Caroline, amantes dans le passé, échangent un baiser amoureux dans le sixième épisode. Les Combattantes coche quasiment toutes les cases de la bien-pensance : féminisme, anticatholique et LGBT. Ne manque plus que l’antiracisme. Les deux derniers épisodes de la série, qui seront diffusés le 10 octobre prochain, viendront peut-être pallier cet oubli.

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6 octobre 2022

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18 commentaires

  1. Il reste « les meilleurs forgerons » et les « western » de 1950… elle est belle la télé.
    Avantage des nouvelles programmations : le film qu’on a loupé ou devant lequel nous nous sommes endormis repasse dans 15 jours !!!

  2. Quant on pense aux débuts de la TV : on nous expliquait que nous allions atteindre enfin la connaissance, que nous serions émancipés, que la Culture allait pénétrer dans les foyers et élever le niveau intellectuel des familles . La gauche a su deviner le risque encouru et s’est de suite attelée à la direction des programmes des chaînes officielles . Privées de subsides ou interdites d’écran les autres ont disparu . Mieux encore : autrefois on payait une redevance qu’on était à même de refuser en jetant son poste par la fenêtre ; désormais ce sont les impôts qui paient le prêche progressiste télévisé, et là personne n’y échappe parmi les presque 50% de citoyens qui paient l’impôt . Merci encore Macron.

  3. J’ai fait le même constat au fil des épisodes…Le charme est rompu, et la « bien » pensance, en fait l’inversion permanente des valeurs, exaspérante, et d’autant plus dangereuse que les actrices sont très convainquantes…Ajoutons à cela des kilos de pub insupportables, ce qui vous incline à zapper sans scrupules !

  4. Il reste à utiliser l’arme absolue : éteindre la télé ou plus radicalement, s’en débarrasser, ce que nous fîmes, il y a quelques années…

  5. Ne plus regarder ce genre de navet ..mais le problème ..les programmes sauf certains jours sont nuls .la télé en ce moment …c’est la catastrophe .

  6. Personne n’est obligé de regarder …Il y a des bons vieux films sur des chaines classiques .

    1. Merci de me dire quelles chaînes, parce que je ne trouve plus rien de bien à me mettre sous les yeux.

  7. Je suis surpris que la production n’ait pas songé à confier un rôle à un.e transgenre …

  8. Il ne faut pas se voiler la face, tout cela a existé. C’est sûr que la série de TF1 n’est pas innocente mais pour une fois nous avons une belle série

  9. TF1 bon soldat de bien pensance.
    Pour regarder TF1 à 13h00, il suffit d’avoir un bon tube digestif.

  10. Qui regarde encore ce genre de feuilletons qui de plus souille la mémoire des vraies héroïnes .Honte à ces détracteurs de l’histoire .A boycotter bien sur .

  11. D’un autre côté, j’imagine que si quelqu’un veut faire un film qui ne soit pas dans la bienpensance caricaturale actuelle, il n’y a aucune source de financement…

  12. Moi qui croyait trouver un documentaire sur la vie des femmes pendant la guerre,je trouve là tout les poncifs de la gauche bien pensante. Non les véritables héroïnes de 14 ce n’était pas cela. Mais rien d’étonnant dans ce milieu dévoyé du cinéma français. Je ne regarderai plus ce feuilleton.

  13. Si seulement il n’y avait que le cas de ce film, que vous dénoncez, mais il n’y a quasi plus de séries, films, et surtout dessins animés et programmes pour la jeunesse qui ne soient militants, orientés, et politiquement corrects.
    Et ça fait des décennies que je le constate.
    Des générations entières sont ainsi formatées.
    C’est un scandale qu’il faut absolument dénoncer, merci à vous pour cet article.

    1. entièrement d’accord !je ne regarde plus la tele !sauf quelques reportages qui nous font découvrir un lieu ,une région ou un vieux film

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