À l’occasion du 25 novembre, jour de manifestation contre les violences faites aux femmes, Macron vient d’annoncer un ensemble de mesures pour l’égalité. La seule nouveauté réelle est la limitation de la diffusion de la pornographie. Excellente idée.

Mais je pense que ces moyens sont voués à un échec de plus en plus grand, car leur optique d’ensemble est largement fausse et lacunaire. Que faudrait-il pour réellement s’opposer aux violences faites aux femmes ?

D’abord accepter de les voir toutes. Le plan Macron part des dénis habituels sur ce sujet, il ne peut donc pas résoudre grand-chose. Son idéologie, la nôtre collectivement, est la possibilité infinie de développement des individus grâce à la croissance et à un droit basé sur le consentement et l’égalité formelle.

Nous voulons oublier que la violence résulte – est l’autre nom – du refus des sacrifices des plus forts. Nous voulons oublier la violence que représente la sexualité, lorsqu’elle est pratiquée au risque de mettre au monde un enfant dont les parents ne s’aiment pas. Nous voulons oublier la moindre force physique des femmes, qui fait que leur sort dépendra toujours, en dernier ressort, de la bonne volonté des hommes. Nous voulons oublier la guerre qu’il faut parfois faire et la vieillesse …

La mesure la plus simple contre les violences est de « dire la norme » de la non-violence. L’Égyptien Sayyed Al-Qimni vient de le rappeler héroïquement à Al-Azhar à propos des viols pédocriminels. Mais nous, parce que nous refusons d’envisager la guerre, nous refusons de « juger » les normes islamiques, alors qu’elles légitiment maintes atteintes à l’intégrité physique des femmes. J’accuse l’État français de permettre ici l’enseignement de ces normes de violence contre les femmes !

La mesure la plus évidente contre les violences est de ne pas imposer la destruction de la santé d’autrui. Mais parce que nous refusons la moindre limitation au désir, nous avons accepté que les femmes soient soumises à une forme d’obligation d’ingérer à vie les perturbateurs endocriniens que sont les pilules. Une violence silencieuse majeure et massive, mise en évidence par le livre de la journaliste féministe Sabrina Debusquat (J’arrête la pilule), mais implicitement niée par le plan annoncé.

La mesure la plus significative contre les violences serait de ne plus envisager que le maintien en vie d’un être humain vivant soit subordonné au désir éventuel d’un autre. Car si la vie d’un petit d’homme, déjà existant sinon né, ne vaut que par le désir d’adultes, au nom de quoi défendre l’intégrité physique d’une femme contre le désir d’un homme de la traiter en objet ? Je mets en garde les femmes contre l’emploi de certains arguments pour la défense du droit de décider d’avorter.

L’ensemble de mesures qui m’apparaît le plus utile concrètement serait de renverser la perspective actuelle de notre législation. Le droit que j’appellerais des « liens interpersonnels » (famille, etc.) a été pensé en fonction du droit économique, et non l’inverse. Dans ces conditions, les hommes de la meilleure volonté qui soit se retrouvent majoritairement dans une situation où leur pouvoir financier personnel sera supérieur à celui de leur compagne. Changer cet état de chose nécessiterait de tenir compte du corps des femmes tel qu’il est, et que les hommes comprennent qu’après leur décision de risquer de concevoir, ils n’ont plus que des devoirs, et qu’un engagement mutuel à très long terme avec leur partenaire est préférable avant ce moment-là.

« Je suis Copernic », pour songer à un tel bouleversement des illusions qui nous ont fait élire « Jupiter ».

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