Nous n’aurons bientôt plus le temps de trouver la prophylaxie et la thérapie capables de juguler le stress économique accablant déjà la française et, surtout, de trouver le moyen d’appliquer à cette dernière le traitement adéquat, de concert avec le traitement du stress coronavirus. C’est ici question de vie ou de mort, au premier sens du terme.

Comme probablement l’ et l’Espagne, notre pays doit à l’incurie et à l’impéritie des gouvernements de ces trente dernières années le caractère particulièrement meurtrier et ruineux de la mobilisation sanitaire récemment improvisée en catastrophe. Or, le Président ne peut s’exonérer des responsabilités d’une débâcle sociale mettant cruellement en évidence que l’industrie française a été méthodiquement et délibérément sabotée, ces années durant, dans la mesure où il lui faut assumer les responsabilités des gouvernements qu’il a inspirés et dans la mesure où il continue de perpétrer délibérément ledit sabotage.

Dès lors, le rattrapage du passif représente une gageure dont on redoute de la voir relevée par le personnel politique qui nous a menés là où nous sommes et qui a fait la preuve de son incompétence et de son inconscience. Heureusement que certains des lions menés par des ânes chers à Charles Gave, comme Didier Raoult, continueront de faire de leur mieux pour pallier, dans l’urgence et au meilleur coût/efficacité, les carences de nos systèmes de santé, économique, industriel et autre énergétique, même si on peut reprocher à ces audacieux les quelques libertés prises avec les doctrines et les méthodes codifiées.

Pourquoi a-t-on de solides raisons d’être très inquiets quant au contenu du plan de sauvetage de l’économie française ? Tout bonnement parce que les prémices ci-après semblent d’ores et déjà en préempter la teneur et, surtout, lui imposer un paradigme délétère qui le rendra inefficace.

Tout d’abord, l’information selon laquelle les chefs d’État et de gouvernement ont demandé à Bruxelles de travailler sur un plan de relance économique « dont l’un des principaux piliers est le Pacte vert » : « Même si notre priorité immédiate est la lutte contre la propagation du coronavirus, nous continuons à travailler à la réalisation du Pacte vert européen », a assuré le porte-parole de la Commission.

Il y a, ensuite, la récente déclaration de Christine Lagarde, la patronne de la BCE, selon laquelle l’Europe doit profiter de la crise actuelle pour accélérer la transition énergétique : « L’impératif absolu, c’est de s’orienter vers une croissance dite verte qui soit respectueuse de notre environnement. »

Enfin, mardi 7 avril, s’est tenue la deuxième audition ministérielle par la commission du plan d’urgence économique mis en place par le gouvernement, dont la présidente Sophie Primas n’a pas craint de déclarer : « À la crise sanitaire s’ajoute une crise énergétique, qui est une mauvaise nouvelle pour le climat et la diversification de notre mix énergétique ; elle affectera notamment la rentabilité des acteurs de l’énergie, et donc leurs capacités d’investissement, seules à même de permettre l’essor des énergies renouvelables […] inscrire la transition énergétique au cœur du plan de relance constitue la condition sine qua non pour sortir de la crise économique… ». Ceci faisant écho au plan de sauvetage de l’éolien récemment déclamé par Élisabeth Borne.

Nous savons, désormais, ce que Pacte vert, transitions énergétique et/ou écologique veulent dire, pour l’ et pour nos gouvernements successifs, depuis plus de vingt ans : en tout premier lieu, dénucléarisation de la production électrique, notamment française !

Cette dénucléarisation aura pourtant coûté 250 milliards d’euros aux Allemands, sur la période, et promet de nous en coûter largement plus que la moitié.

Si fermer des centrales nucléaires absolument nécessaires au pays et en parfait état de fonctionnement n’est pas continuer de perpétrer le sabotage industriel que nous payons aujourd’hui, je ne m’y connais plus. Aussi, lundi soir, le Président Macron s’honorerait, s’il veut vraiment nous convaincre de sa conversion souverainiste, à annoncer, parmi tous les aggiornamentos qu’il prépare, qu’il renonce à la fermeture définitive des deux tranches de Fessenheim.

12 avril 2020

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