Contribuables associés vient de lancer une pétition afin qu’un effort particulier de solidarité soit demandé aux très hauts fonctionnaires. Explications de Eudes Baufreton au micro de Boulevard Voltaire.

Une pétition en ligne lancée par Contribuables associés a recueilli un peu plus de 20 000 signatures. Les entreprises demandent un effort particulier aux hauts fonctionnaires. Pouvez-vous nous expliquer ?

Pendant cette période de crise, des catégories souffrent notamment les artisans et les commerçants, les professions libérales et les TPE. Elles ne bénéficient pas de prise en charge avec le chômage partiel. Les cafetiers et les restaurateurs sont en première ligne. Ils ne perçoivent aucun chiffre d’affaires. Nombre d’entre eux vont terriblement souffrir. On a tendance à les oublier.
Chez Contribuables associés, on se bat depuis des années contre une haute fonction publique. Il faut des hauts fonctionnaires, mais on se demande à quoi servent la plupart d’entre eux. Ils sont là, c’est bien, mais ils sont payés avec nos impôts.
En cette période de confinement, les hauts fonctionnaires perçoivent la totalité de leur traitement et il n’y a ni engagement ni contre partie. Cette disproportion entre ces catégories très protégées est flagrante. On ne peut pas comparer une infirmière qui elle, s’engage au péril de sa vie avec des présidents d’autorité indépendante administrative.

Quel est le point commun entre tous ces hauts fonctionnaires ?

Ces hauts fonctionnaires gagnent plus de 10 000 euros par mois. Pour certain, on monte jusqu’à
18 000 à 20 000 euros par mois. D’autres cumulent un statut de haut fonctionnaire avec un statut d’élu. Ces gens vivent excessivement bien et sont payés par l’argent de nos impôts y compris celui des artisans commerçants en difficultés. On considère à ce titre-là qu’au nom de l’effort de guerre, la moindre des choses serait d’être solidaire avec les catégories qui ne sont pas prises en charge correctement par les mécanismes d’état dans le cadre de la gestion économique de la crise.

Comment les hauts fonctionnaires pourraient se montrer solidaires ?

Très concrètement, Contribuables associés propose que tous les hauts fonctionnaires qui gagnent plus de 5500 euros par mois, contribuent à hauteur de 16 % de leur revenu au fonds de solidarité des artisans commerçants, profession libérale et petites entreprises. Dans le cas des salariés qui bénéficient du chômage partiel, ils bénéficient de 84 % assuré et garantie. Les 16 % ne sont pas garantis et sont parfois payés par les entreprises. Je connais un certain nombre d’entreprises qui paient ces 16 %. Si ce n’est pas payé par les entreprises, c’est perdu !
On considère finalement que ce 16 % est un montant symbolique de l’effort que pourraient consentir ces hauts fonctionnaires. Les artisans commerçants prennent des risques et n’ont aucune garantie. Quand on s’appelle Jacques Toubon et qu’on a plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois, on doit pouvoir spontanément participer à cet effort national.
Cette pétition a été lancée il y a une semaine et demie et nous sommes déjà à plus de 21 000 signatures.

Quel est l’objectif de cette pétition en terme comptable ?

L’objectif en terme comptable est d’obtenir 50 000 signatures d’ici la fin du confinement et de demander au président de la République et à Édouard Philippe de procéder à cette «  ponction » de 16 %. Elle ira alimenter le fonds de solidarité destiné aux artisans commerçants et petites entreprises. Un dispositif est mis en place, mais il n’y a pas d’obligation et c’est mal encadré. Certains n’ont pas reçu ces aides. Certains cafés ne vont pas rouvrir, surtout si la saison touristique ne se déroule pas comme d’habitude. Je parle aussi d’autres artisans qui entraîneront leurs salariés dans leur chute. Il est essentiel de les sauver. Par conséquent, on pense vraiment que la solidarité doit jouer. Je rappelle que les contribuables paient l’ensemble des dépenses publiques en France y compris les rémunérations des fonctionnaires et des hauts fonctionnaires. Quand on a des revenus très élevés, on considère que c’est normal que chacun mette la main à la poche pour l’effort national.

27 avril 2020

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