, on ne lui donnerait pas le bon Dieu sans confession mais, quand on le compare à , il n’y a pas photo : le premier paraît plus fiable que le second. Depuis quelques mois, ces amis de trente ans ne cessent de se chamailler comme des gamins écervelés dans une cour de récréation. Se croisent-ils par hasard, plus de bise mais une sèche poignée de main. Ce sont désormais les frères ennemis de la Côte d’Azur !

Il faut dire que Christian Estrosi est plus un modèle d’opportunisme que de fidélité : ses convictions changent au gré de ses intérêts. Il y a deux ans à peine, il se voulait le représentant d’une droite dure et jouait au matamore. Aujourd’hui, il se recentre et l’on peine à distinguer ses positions de celles des macronistes.

C’est qu’entre-temps, il a affronté aux élections régionales Marion Maréchal-Le Pen, qui l’aurait largement devancé si le candidat socialiste, un certain Christophe Castaner, arrivé en troisième position, ne s’était retiré pour lui assurer la victoire.

Éric Ciotti a fait sa carrière politique sous l’aile du maire de Nice – il fut souvent son collaborateur – avant de prendre son envol. Il n’a guère apprécié qu’Estrosi conviât à Nice pour soutenir son adversaire LREM aux législatives. Lui, au moins, ne change pas d’idée comme de chemise. Il soutient la candidature de Laurent Wauquiez à la présidence du parti : une raison supplémentaire de discorde.

Alors, les coups bas et tordus se multiplient. Au conseil départemental, où ses partisans sont majoritaires, Éric Ciotti a décidé, selon le JDD, de ne plus payer la ligne téléphonique de son ex-mentor. Il laisse même entendre qu’il pourrait se présenter contre lui, en 2020, lors des prochaines élections à la mairie. Christian Estrosi retire ses délégations à un conseiller municipal, suppléant d’Éric Ciotti aux législatives. Une nouvelle guerre des boutons.

Invité des « 4 Vérités » de France 2, le mardi 14 novembre, Estrosi reproche à Ciotti de vouloir “déstabiliser une population entière”, ajoutant : “Quand on s’attaque au maire d’une grande ville simplement par ego personnel, c’est à une ville tout entière qu’on s’attaque, à une population.” Il ne se prend pas pour de la marde, comme on dit au Québec : ses chevilles enflent de plus en plus.

De son côté, Éric Ciotti, invité de Jean-Claude Bourdin sur BFM TV, souligne les ambiguïtés – c’est un euphémisme – du maire de Nice. Il a décidé de ne plus faire payer, par son parti, les frais de la permanence niçoise de son concurrent : “Dans la vie, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. On ne peut pas soutenir les candidats En Marche ! et bénéficier de l’argent des Républicains en même temps.” Il n’a pas confirmé son éventuelle candidature, se contentant de laisser planer la menace.

On aimerait bien, pour la morale de l’histoire, que Christian Estrosi perdît quelques plumes dans ce combat de coqs. Il n’est pas certain que les Niçois continuent de lui faire confiance. Éric Ciotti est-il le mieux placé pour lui ravir la mairie ? Peut-être, s’il rompt avec son ostracisme à l’égard du Front national. Mais ce n’est sans doute pas demain la veille.

Verra-t-on, un jour, une droite intelligente qui comprendra que, si elle ne rassemble pas tous ceux qui ne renoncent pas à la souveraineté et à l’indépendance de la France, ni à ses racines chrétiennes, elle sera condamnée à la défaite ou à faire une politique où le Macron jupitérien reconnaîtrait les siens ?

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