Dans un communiqué daté du 8 septembre, le CSA demande aux médias audiovisuels de « décompter, à partir du 9 septembre, les interventions de M. Éric Zemmour portant sur le débat politique national ». Voilà qui doit réjouir les contempteurs du polémiste qui, sur CNews, fait un tabac tous les soirs. Bizarrement, le CSA est beaucoup plus indulgent avec Emmanuel Macron qui multiplie, en ce moment, les occasions de faire une campagne qui ne dit pas son nom. Faut-il s’en étonner ?

Le collège du Conseil supérieur de l’audiovisuel, réuni en assemblée plénière, a donc énoncé son verdict. Rappelant les dispositions de la loi du 30 septembre 1986, qui prévoit la prise en compte des interventions des personnalités politiques, il considère que « M. Zemmour [peut] être regardé dorénavant, tant par ses prises de position et ses actions que par les commentaires auxquels elles donnent lieu, comme un acteur du débat politique national ». Une façon de reconnaître le talent d’un homme de droite, envié des chroniqueurs, plus souvent de gauche, qui déversent dans les médias leurs idéologies partisanes – sans que leurs commentaires soient décomptés.

Oui, mais c’est un futur candidat à l’élection présidentielle ! avance-t-on, en guise de justification. Sauf qu’il n’est pas encore candidat. Oui, mais c’est un chroniqueur politique qui s’est transformé en personnalité politique ! Mais à partir de quand un chroniqueur devient-il un politicien ? Quand il est de droite, a du talent et donc de l’influence ? On voit bien que l’appréciation est subjective et que cet amalgame fait le lit de l’arbitraire. Le CSA reste cependant plus timide que Matthieu Orphelin, le Marcheur devenu écolo, qui a carrément demandé au directeur général de CNews l’arrêt des chroniques quotidiennes du polémiste.

Ce n’est pas la première fois qu’un membre de la majorité bien-pensante succombe à cette tentation. Dans L’Opinion, le député européen LREM Stéphane Séjourné avait déjà suggéré, au mois de juin, de « compter dans le temps de parole des politiques les éditorialistes les plus engagés » à la télévision. Le patron du CSA avait alors répondu que « rien dans la loi ne nous amène aujourd’hui et ne nous amènera à comptabiliser le temps de parole des éditorialistes qui, pour beaucoup d’entre eux, sont des journalistes », ajoutant que c’était « très complexe à mettre en œuvre au regard de la liberté d’expression et de la liberté éditoriale des chaînes ». Il faut croire que, pendant l’été, il a changé d’avis, à moins que la notion de liberté ait changé de sens.

Ces réactions semblent traduire le malaise de la pensée unique devant qui sort des sentiers battus et préfère une réflexion critique et libre aux idées préconçues de perroquets qui répètent les slogans à la mode. Du reste, le CSA fait à Éric Zemmour une belle publicité en le mettant sur le même plan que les candidats déclarés. Reste à savoir si, pour promouvoir ses idées et faire gagner son camp, le polémiste a intérêt à se présenter et, du même coup, tomber dans la marmite politicienne, ou à continuer de jouer le rôle de mentor dans lequel il excelle.

 

 

 

10 septembre 2021

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