En lutte pour empêcher l’expulsion d’un ex-pirate complice de l’assassinat d’un navigateur

Tulle renferme, comme ailleurs, son inévitable quota de Bisounours garantis pur acrylique. Une cinquantaine, au dernier recensement. Tous se sont réunis devant la préfecture de Corrèze pour protester contre l’expulsion d’un ancien pirate somalien tout juste sorti de prison, après huit années passées à l’intérieur.

Le bien nommé Mohamed Mousse (!) Farah avait été condamné pour sa participation à l’attaque d’un catamaran, suivie de l’assassinat du capitaine et de la prise en otage de son épouse. Bisou, bisou… Main sur le cœur, l’une des peluches opposées au renvoi du personnage entonne sa comptine préférée : « Ca fait partie des droits de l’homme. » Et ron et ron, petit patapon. La famille brisée par l’attaque ne figure pas dans la liste. L’effaceur de casier judiciaire ajoute : « Ce jeune a purgé sa peine, il a donc droit comme tout condamné à avoir la liberté et à faire exercer son droit d’asile. » Toute la compassion pour l’ex-flibustier est contenue dans l’expression « Ce jeune »… Un bon p’tit gars. Avec son CV, il trouverait un emploi sur un bateau-mouche !

Le romantisme du Bisounours s’active de préférence pour la souffrance lointaine. L’injustice exotique est son royaume. En rupture de mouchoirs pour la supposée victime venue d’un pays chaud, l’humaniste bobo enjambe le SDF, lui emprunte son carton sur lequel est inscrit « Une pièce pour manger », écrit au dos, en patois corrézien, « Welcome Refugees » et se précipite sur les lieux du drame. Le sort du tiers-monde est entre ses mains. Il fera barrage de son corps, se privera de tiramisu s’il le faut mais le Somalien restera là. Et puis, oser expulser un Africain dans la ville où règne « Sa Rondeur Bisounours Ier » est un scandale puissance douze. Le saint homme, assisté de trois nains qui l’éventent en permanence, répand la bonne parole sur la population, bénit les fidèles, lance l’incantation du soir à la gloire du dieu JoeyStarr. Il pourrait fuir, épouvanté par tant d’inhumanité. Migrer vers d’autres contrées… Emporter dans ses bagages toute la bonne conscience de la commune…

De la préfecture assiégée par ces militants tout droit sortis de la collection Harlequin, le maître des lieux a expliqué que la demande d’asile avait été refusée par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), notamment « parce qu’il n’a pu apporter la preuve que sa vie était menacée en Somalie ». La représentante du groupe CIMADE de Peyrelevade argumente avec vigueur : « Il a donné des noms, il a expliqué ce que chacun faisait dans le bateau, il a donné les noms des chefs. » Sous-entendu, un comité d’accueil « spécial balance » l’attend de pied ferme. La Peyrelevadoise est en émoi. De toutes les violences du monde, celle qui pourrait se produire sur un individu à 6.000 km de son clocher la renverse. Résultat d’un tirage au sort ? D’une tombola ? La roue ne s’est pas arrêtée sur la case « agressions et meurtres commis par des migrants sur le sol européen ». Peut-être la prochaine fois. À la prochaine kermesse.

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