Emmanuel Macron n’a rien retourné du tout

Tout ça pour ça… Des dizaines d’heures de retransmissions en direct, une logorrhée présidentielle intarissable, un matraquage de com’ impressionnant, encore un mois de débat, et puis… et puis… et puis cet acte XIII, qui montre l’ampleur de l’échec du « retournement » que l’on essaye de nous vendre depuis quinze jours.

Emmanuel Macron échoue sur trois fronts.

D’abord, il ne parvient pas à démobiliser les gilets jaunes. Ils ont passé les fêtes de fin d’année, ils ont passé le plus dur de l’hiver et, désormais, ils vont passer le débat. Le printemps s’annonce pourri… pour le pouvoir ! Mieux, ou pire, pour le Président : le grand débat leur sert de carburant. Toute cette agitation dans le pays renforce la leur. Exemple ? À Villeneuve-sur-Lot, un débat organisé par les gilets jaunes et intitulé « Le Grand Déballage » a rassemblé 250 personnes tandis que celui lancé par une organisation pro-Macron en réunissait… douze ! Et, dans cette même ville, l’annonce de la venue de Marlène Schiappa pour lundi a poussé les gilets jaunes à défiler en ville derrière un tracteur et une remorque (clin d’œil de la France rurale, toujours oubliée) pour mobiliser afin de lui réserver un comité d’accueil.

Ensuite, ce grand débat qui devait faire oublier les images des violences de la fin 2018 ne les a en rien fait disparaître. Les images et les faits de ce samedi 9 février sont particulièrement choquants : main arrachée, affrontements violents dans une rue de Lyon entre gilets jaunes d’extrême gauche et d’extrême droite, librairie du Quartier latin saccagée. C’est un échec sur toute la ligne pour Christophe Castaner comme pour Emmanuel Macron. Ils ne parviennent ni à apaiser, à désamorcer, ni à mettre hors d’état de nuire les éléments les plus violents : les casseurs.

Enfin, le Président que l’on voulait nous montrer en train de retourner la situation à son profit n’a pas, non plus, réussi à renverser la vapeur en ce qui concerne l’opinion. Un sondage YouGov indique que 64 % (+2) des Français soutiennent toujours les gilets jaunes, et 77 % estiment que leur mobilisation est justifiée.

Gilets jaunes, violences, opinion : Emmanuel Macron n’a rien retourné ni personne. Cela devient inquiétant pour lui d’abord, mais aussi pour le pays. Le temps passant, et cette crise s’installant dans la durée, la question sur sa responsabilité personnelle et son incapacité à y mettre fin remettra, tôt ou tard, sur la table la nécessité d’une initiative politique, d’un retour aux urnes, voire d’une démission. Certains éditorialistes comme Bruno Jeudy saluaient la performance du débatteur Macron reparti pour trois ans de campagne électorale. Mais quel sens aurait une campagne sans élection au bout ? Les Français l’exigeront peut-être avant la fin de cette longue séquence qui, visiblement, ne règle ni n’apaise rien. Quand ils jugeront que la campagne a assez duré.

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