Sommes-nous gouvernés ou trahis ? Telle est la question à laquelle répond Olivier Marleix dans son excellent livre Les Liquidateurs. En fait, à le lire, on découvre qu’il y a un liquidateur en chef, notre président de la , Emmanuel Macron. Ce livre est un réquisitoire contre celui qui n’aurait jamais dû être là où il est.
Olivier Marleix a présidé la commission d’enquête sur les décisions de l’État en matière de industrielle, notamment pour Alstom, Alcatel et STX. L’objet de la commission a été en particulier d’examiner les conditions dans lesquelles le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, avait autorisé la vente d’Alstom. Cette vente constitue une double trahison à l’encontre des intérêts de notre pays : d’abord, elle a consisté dans la cession d’une entreprise, de ses savoir-faire indispensables à notre souveraineté économique et militaire à un groupe étranger. Ensuite, celui-ci n’a pas respecté ses engagements à l’égard des salariés, et du bassin d’emploi de Belfort. Alstom fabriquait les turbines de nos centrales nucléaires et de nos sous-marins atomiques. Désormais, il faudra compter sur une entreprise américaine pour assurer deux activités, l’une économique, l’autre militaire, vitales pour notre indépendance. L’acquéreur, General Electric, avait promis la création de 1.000 emplois. Nous en perdons 4.000. Les licences d’exploitation sont déposées en et le coût de leur usage dépasse le bénéfice de la production en , ce qui réduit évidemment les recettes fiscales. Cette opération est un fiasco, et celui-ci est signé Emmanuel Macron qui, secrétaire général adjoint de l’Élysée, avait commandé une étude sur cette cession pour 300.000 euros, sans en parler au ministre de l’époque, M. Montebourg, qui y était hostile, et sans en lui communiquer les résultats. Lorsqu’il l’a remplacé, il a signé ! Mais interrogé par la commission d’enquête de l’Assemblée, ou devant l’ensemble des Français lors des débats en vue de l’élection présidentielle, il a « oublié » son rôle éminent dans cette affaire.

En fait, selon Olivier Marleix, Emmanuel Macron est le modèle parfait de trois dérives actuelles qui coulent notre pays. C’est d’abord le délaissement de l’action au profit de la communication. En juin 2016, le ministre Macron inaugure la « Fonderie digitale » de General Electric (encore elle !) dans le quartier de l’Opéra et félicite ses dirigeants pour leurs engagements tenus… Deux ans plus tard, vente, licenciements et locaux sous-loués à Samsung… Plus généralement, c’est le concept publicitaire creux de « start-up nation » qui s’avère une supercherie. Derrière la mise en scène, les réceptions et les déplacements tapageurs, entre 2017 et 2019, la France a reculé dans le classement des pays attractifs pour les « jeunes pousses innovantes », derrière l’ !

La grande tromperie sur le changement annoncé comme une révolution dans les objectifs, les méthodes, les mœurs et les acteurs, grâce au premier d’entre eux, correspond à la seconde maladie française : l’occupation des pouvoirs par une « élite » qui n’aime pas la France, fait carrière entre public et privé, assure pour elle-même une sécurité inaltérable tandis qu’avec cynisme, elle méprise la masse populaire, « les gens qui ne sont rien ». Macron est un modèle accompli de cette caste dont il est le dieu. Énarque, banquier d’affaires, socialiste, mais tendance DSK, il est déjà à l’Élysée sous Hollande et, en 2017, assure la continuité en « mieux », alors que des naïfs le croient de parce qu’il favorise la circulation des capitaux.

Enfin, M. Macron est le représentant dans notre pays de ce qu’Olivier Marleix appelle le capitalisme de connivence, le capitalisme illibéral qui, au lieu de demeurer dans un équilibre entre l’initiative privée fondée sur la concurrence loyale en économie et la recherche du bien commun des États-nations pour la politique, brise ces derniers, écrase ou manipule les responsables politiques sous le poids de groupes monopolistiques souvent plus puissants qu’eux et jouant des disparités fiscales et sociales entre les pays.

4 mars 2021

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