On attendait un raz-de-marée du Parti populaire (PP), de droite traditionnelle, aux élections générales du 23 juillet. Ce n'est pas du tout ce qui s'est passé. Certes, la droite gagne 47 députés par rapport à 2019, avec 136 sièges. Certes, Vox, le parti de Santiago Abascal (chez qui Guillaume Peltier a salué, sur Twitter, cette admirable percée), emporte 33 sièges. Pourtant, il manque à la droite d'Alberto Núñez Feijóo, même alliée à Vox, cinq sièges pour atteindre la majorité absolue. Du côté de la gauche, ce n'est pas mieux : avec 122 députés auxquels on pourrait ajouter les 31 gauchistes de Sumar, le Parti socialiste de Pedro Sánchez n'atteint pas, lui non plus, la majorité absolue.

Triste résultat, alors que les sondages promettaient un raz-de-marée conservateur. La gauche de Pedro Sánchez, discréditée, a tout de même réussi à se maintenir à un niveau honorable. Comme des ânes, les militants scandaient « ¡No pasarán! » devant le siège du parti. L'héritage glorieux de la guerre civile espagnole semble admis quand on est du côté gauche de l'histoire. On ne rappellera pas ici l'absurdité sanglante de ces références barbares. Toujours est-il que la gauche a encore une chance de garder le pouvoir, si le parti indépendantiste catalan Junts lui accorde de former une coalition. Ce n'est pas gagné. On se croirait dans le sketch des Inconnus sur Beyrouth (Les inconnus - Beyrouth ), où des factions baroques se tendent la main pour des objectifs dérisoires.

Partout en Europe, les peuples commencent à se réveiller - commencent seulement, alors que la question migratoire devient plus que prégnante. En soi, les résultats des élections espagnoles pourraient être un bon signal. Il faudrait, pour cela, que ces votes produisent un effet. Il y a malheureusement fort à parier que, comme en France, le même personnel politique fasse un énième tour de piste. L’Europe est-elle en train de se scinder en deux blocs ? Il y aurait un bloc de l’Est, qui a connu le communisme, qui voit que l’idéologie de l’Union européenne est un nouveau totalitarisme et voit le risque de submersion migratoire d’un œil circonspect ; il y aurait, à l’opposé, les pays d’Europe de l’Ouest, en passe de se tiers-mondiser, anesthésiés, dépouillés de toute énergie vitale et dont aucun résultat d’élection ne permet d’espérer la survie.

Nous sommes cependant condamnés à l’espérance, alors disons que la prochaine fois sera la bonne. Et buena suerte à nos frères espagnols, qui ont su espérer pendant sept siècles pour faire la reconquête de leur terre.

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24 juillet 2023 à 14:35

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17 commentaires

  1. Le grand écart entre les sondages et les résultats ne doit surtout pas laisser penser, comme un vulgaire complotiste ne manquera pas de le faire, qu’il ait pu y avoir quelques …irrégularités. Le « no pasaran » a conditionné les masses pendant suffisamment longtemps pour devenir un réflexe grégaire.

  2. L’attitude ambiguë du PP demandant au PSOE de le laisser gouverner sans VO a sûrement coûté cher !
    A noter, 2,5 millions de votes par correspondance, un niveau jamais atteint… Si le dépouillement ne pose pas problème, l’origine réelle des votes pose partout problème !

  3. Quand va-t-on ENFIN se préoccuper des fraudes assistées par ordinateur dans les élections. On a déjà vu l’élection volée de Biden sur Trump. Celle de Lula sur Bolsonaro. Reprenons le comptage manuel, c’est plus long mais l’ELITE MONDIALISTE ne peut pas y imposer ses volontés

  4. Hormis V. Orban, les dirigeants de l’Est européen restent sur le fil du rasoir. Il finiront par pencher du coté des ressources, c-à-d vers l’Europe et les U.S. V. Orban est le seul dirigeant de l’Union à rester les pieds sur terre, soutenir son peuple dans ce qu’il attend : de la souveraineté et un conservatisme éclairé. Ce que ne peuvent qu’espérer des français désemparés par un flot sans fin de migrants oisifs qui trainent dans leurs valises de la délinquance, des trafics en tout genre et qui, par le poids de leur nombre, répandent leurs « bienfaits » dans nos campagnes. Une richesse pour la France nous disent les bien-pensants. Une France au mieux selon Macron. Il n’a pas encore testé quelques jours, quelques nuits en souffrances sur un brancard, dans les couloirs d’une urgence médicale.

  5. Cette Europe est désespérante mais ses peuples le sont autant qui en redemandent encore au risque d’y laisser leur peau.

  6. Pourquoi Guillaume Peltier ne dit-il pas un mot de l’échec de Vox qui est passé de 55 députés à 33, soit une perte de 40%, alors qu’il faudrait là aussi tirer les leçons d’un parti qui comme le sien, est tellement obnubilé par l’idéologie qu’il en a perdu tout sens politique.

    1. Ce n’est pas faux, mais VOX est apparu à cause d’un manque à droite, le PP reprenant certaines des positions de VOX, il y a une certaine logique du vote utile.

  7. J’ai vu hier sur RTVES la retransmission de la soirée électorale espagnole. Les dirigeants des partis et les journalistes avaient tous la mine heureuse à part le leader de Vox Abascal.Vox a
    en effet perdu 19 sièges . Pourtant Sumar a perdu aussi des sièges, mais ils étaient contents Sanchez et ses alliés gauchistes de Sumar sont sûrs de pouvoir former le nouveau gouvernement, Feijóo aussi, sinon il considère qu’il y a un blocage, et que la gauche n’accepte pas l’alternance. Les instituts de sondage en montant en épingle l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite
    ont poussé un certain électorat qui voulait s’abstenir à aller aux urnes, et ça a marché.Quant au PP il semble qu’il n’a pas été vraiment amical avec Vox. Bref la même technique qu’en France. Sanchez est prêt à satisfaire toutes les minorités y compris les indépendantistes pourvu de garder le pouvoir.
    Ça risque de réussir.

  8. La droite progresse , déjà un bon point! Certes pas autant que le laissaient entendre les sondages, voyons le verre à moitié plein. Comme en France avec  » Les heures sombres de notre histoire » les électeurs Espagnols ont été nourris au  » Retour de Franco » si les droites arrivaient à avoir la majorité absolue.

  9. Il y a, effectivement, un nouveau rideau de fer et, cette fois-ci, c’est nous qui sommes du mauvais côté. Pour la simple raison que vous analysez si bien : à l’est, on sait ce qu’est le totalitarisme et on établit, aisément, un parallèle entre « le rôle dominant du parti communiste » qui en était la règle et le prétendu « cercle de la raison » à l’honneur aujourd’hui ici. C’est pourquoi je ne partage pas votre analyse des élections en Espagne. Le PP a progressé nettement mais, hélas largement au détriment de Vox qui, désolé de le constater, a pris une veste. Il a perdu plus du tiers de ses sièges et c’est cet échec qui peut permettre au sinistre Sanchez de se maintenir. La raison, hélas, est simple : l’Europe occidentale, on l’a vu durant la dictature sanitaire, est peuplée de trouillards. Et, l’unanimité de médias, en-deça comme au delà des Pyrénées contre une prétendue extrême-droite, porte encore ses fruits empoisonnés.

  10. « Nous sommes cependant condamnés à l’espérance » condamnés c’est sûr, mais vu la peur qui gagne , je dirais plutôt à l’abîme qui s’ouvre sous les pieds de la France .

    1. Oui, comme l’a dit le Jacques Bainville « En somme, tout a toujours très mal marché » et comme l’a dit le Christ « Mon royaume n’est pas de ce monde »….

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