Les États-Unis vivent une crise constitutionnelle sans précédent et on peut lire un peu tout et n’importe quoi sur le sujet. Alors, répétons-le : non, n’est toujours pas le 46e président du pays. Il se peut même qu’il ne le soit jamais.

Pourquoi ? Parce que le processus électoral n’est pas achevé. On sait que chaque État a certifié sa liste de grands électeurs et l’a envoyée à Washington. On sait également que les élus républicains des États clés ont envoyé leur propre liste, jugeant que celle retenue par le gouverneur était largement entachée d’irrégularités.

Ce beau bazar se retrouvera alors le 6 janvier prochain, au Congrès, où le président du Sénat, en présence des sénateurs et des représentants, ouvrira et comptera les votes (listes reçues).

Tout ce petit monde devra aussitôt se prononcer sur la validité des listes en question. Et c’est là que ça devient intéressant. Parce qu’il suffit qu’un seul membre émette une contestation pour contraindre les deux chambres à débattre. Or, durant ce débat, sénateurs et représentants sont autorisés à présenter des pièces et notamment des éléments de preuve relatifs à la fraude…

Et s’il n’en ressort aucun consensus (hypothèse la plus probable) ? Eh bien, la Constitution américaine, qui a prévu le coup, dispose que le dernier mot revient au président de la haute chambre (le Sénat) qui n’est autre que… .

Or, il se peut fort bien que le respectable vice-président soit convaincu qu’une fraude massive a fait basculer l’élection au profit du ô combien moins respectable Joe Biden. Il se peut, également, qu’il se souvienne qu’en sa qualité de vice-président des , il est le garant de la Constitution et des institutions. Auquel cas, il n’est pas déraisonnable de penser qu’il refusera d’approuver les listes litigieuses transmises par les États. Surtout en présence de listes alternatives.

La décision qu’il aura alors à prendre sera historique.

Pourquoi ? Parce que dans une telle éventualité, aucun des candidats n’atteindra le seuil exigé de 270 grands électeurs.

Et selon le 12e amendement à la Constitution, l’élection du futur président doit être renvoyée devant la Chambre des représentants qui devra voter selon la règle « un État, une voix ». Et nous savons qu’il y a plus d’États républicains que d’États démocrates.

Il est donc bien possible que Mike Pence devienne l’homme de l’année 2021. Ou pas. Certains commentateurs considèrent qu’il ne prendra jamais une telle décision. D’autres, en revanche, n’en sont pas du tout convaincus, estimant que l’actuel vice-président, fervent croyant et grand patriote, aura à cœur de défendre son pays. Notamment si l’ingérence étrangère est avérée, ce qu’on ne tardera pas à savoir.

19 décembre 2020

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