Les professeurs doivent-ils se rendre dans leur établissement, lundi ? Doivent-ils s’y réunir à 40, 50, 100 ? Ou même six ou dix ? Telles sont les questions surréalistes que se posent encore les enseignants, malgré les propos clairs et solennels du président de la République, jeudi, malgré l’allocution d’Édouard Philippe, samedi soir, annonçant le passage au stade 3 d’alerte. Malgré tout cela, a été incapable de donner des consignes claires aux enseignants, jouant sur un « en même temps » de mauvais aloi.

Il affirme le principe de la continuité pédagogique pour les élèves. Jusque-là, tout le monde est d’accord. Et dès vendredi, nous étions tous sur nos « Pronote » ou autres « Beneylu » pour fixer le cap à nos élèves pour les prochaines semaines. Mais voilà, le ministre a aussi déclaré : « Les établissements seront ouverts, avec une équipe éducative. » C’est le chef d’établissement ou l’inspecteur qui décidera de « la présence d’un ou plusieurs professeurs ». On aimerait plutôt avoir l’avis des scientifiques. Pas ceux, en tout cas, qui ont conseillé au Président de maintenir les élections municipales. Mais il paraîtrait qu’ils se nomment Fabius, Larcher, Baroin…

À l’heure où la communication virtuelle est la norme, on voit mal en quoi la présence des équipes éducatives serait indispensable. Surtout dans cette période où il s’agit, justement, d’éviter la propagation du virus, de limiter les contacts, les déplacements, les échanges physiques. On aimerait un peu plus de cohérence. En particulier, les réunions pédagogiques, les conseils de classe peuvent très bien se dématérialiser à l’heure où toutes les données elles-mêmes (notes, appréciations, etc.) le sont.

C’est le paradoxe de l’institution et de notre qui ne jurent que par le virtuel et le numérique en temps ordinaire et veulent de la présence quand celle-ci est fortement déconseillée, voire dangereuse. Cherchez l’erreur…

Certes, il reste la question du « service de garde » pour les enfants des personnels soignants. Mais les solutions peuvent être vite trouvées.

Certes, le ministre a indiqué : « Il va de soi qu’en cas de problème de garde ou problème de santé, les personnels restent chez eux. » Et ceux qui sont porteurs du virus sans le savoir, et qui pourraient donc le transmettre à des enfants de soignants ?

On est en droit d’attendre plus de clarté, plus de cohérence. Samedi, les syndicats (SNALC, SNES) étaient vent debout après les propos contradictoires de Jean- Blanquer.

Une crise n’appelle pas seulement une communication de crise, mais d’abord de sortir de la com’ et de délivrer des messages clairs, cohérents. Et courageux.

Entre le pilotage erratique de cette crise du coronavirus par Mme Buzyn et les annonces tardives, précipitées et contradictoires (maintien des municipales) par l’exécutif, les atermoiements du ministre Blanquer ne sont pas de nature à retisser la confiance avec les Français.

15 mars 2020

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