Édouard Philippe devrait se souvenir d’un autre Édouard…
On ne parle plus que de lui : Édouard Philippe ! À peine réélu maire du Havre, l’homme a annoncé, sans surprise, qu’il est d’ores et déjà candidat à la présidence de la République. Le lancement de la campagne promotionnelle est parti du feu de Dieu, pour ne pas dire sur les chapeaux de roue, comme l’ont souligné, ici même, Frédéric Sirgant ou encore Gabrielle Cluzel, sur CNews. Manque plus que les goodies et les pom-pom girls. Ses fans voulaient même qu’il lance, dès ce 12 avril, sa campagne par un grand meeting. Lui a répondu : « Moi, je veux prendre mon temps. » Cela dit, il n’a pas perdu de temps pour annoncer sa candidature… Cela dit, encore, il n’a peut-être pas tort de ne pas s’emballer. Il a même sans doute raison. Le Havrais a un peu d’expérience et connaît sans doute bien l’histoire de sa mouvance politique – c’est-à-dire celle de « la droite et du centre » – depuis une trentaine d’années.
Édouard Balladur quasiment élu, un an avant la présidentielle de 1995...
En 1994, à la même époque, un an avant l’élection présidentielle, un autre Édouard – Balladur – était la coqueluche des Français se reconnaissant dans cette sensibilité politique. En février 1994, celui qui était alors Premier ministre était alors le « meilleur présidentiable de son camp », comme l’analysait Le Monde, qui était encore le journal de référence : Balladur recueillait 83 % d’avis favorables chez l’électorat RPR (la droite de l’époque), contre 63 % seulement pour Jacques Chirac ; 86 % d’avis favorables chez l’électorat UDF (le centre de l’époque), contre 39 % seulement pour Jacques Chirac.
Toujours à la même époque, un sondage TNS-Sofres avait placé en tête du premier tour Édouard Balladur, avec 33 % des voix, suivi de Lionel Jospin (24 %) et Jacques Chirac (14 %). Bref, l'affaire était quasiment pliée. Certains de ses affidés prédisaient même une élection au premier tour. Mieux que de Gaulle en 1965 ! On sait comment se termina cette course de petits chevaux : Jospin arriva en tête au premier tour, avec 23,30 %, suivi par Jacques Chirac, à 20,84 %, et Édouard Balladur termina à 18,58 %. Fin de l'histoire.
Édouard Philippe : « Le plus mauvais Premier ministre de la Ve République »
Certes, aujourd'hui, les circonstances ne sont pas les mêmes. Édouard Philippe n’est pas à Matignon – il y fut trois ans, n’y brilla pas spécialement et aurait même été, selon Luc Ferry, « le plus mauvais Premier ministre de la Ve République » – et n’est donc pas exposé à l’usure du pouvoir ou de l’impuissance. Édouard Balladur, qu’on aime ou qu’on n’aime pas le personnage, c’était tout de même autre chose : hauteur, profondeur et surface du personnage ! Par ailleurs, les rapports de force politiques sont complètement différents, notamment avec, d’une part une droite nationale désormais campée solidement sur un socle électoral dépassant les 35 %, voire plus selon les sondages, et, d’autre part, une extrême gauche qui joue à fond la carte du communautarisme pour ne pas dire de la guerre civile.
Mais, surtout, en 2027, les Français sortiront lessivés, essorés, rincés, de dix ans de macronisme, faisant lui-même suite à des décennies où, alternativement, la gauche et la droite et le centre ont conduit la France là où elle en est aujourd’hui. Édouard Philippe – il ne faut pas être grand clerc pour le comprendre –, c’est le radeau de la dernière chance pour les rescapés de la droite-et-du-centre confondus, désormais, avec les naufragés du macronisme.
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70 commentaires
Il a formé un duo de choc avec son acolyte nicolas sarkozy, mais grace a ces deux la ,nous avons eu droit a 5 ans de jospin qui encensé aujourd’hui , ne restera jamais qu’un épouvantail dans un champ de navets au bilan décevant !
C’est du lavage de cerveau. Avec les algorithmes manipulés par l’IA cet Édouard va figurer comme le seul candidat possible pour battre le RN.
La mémoire des thuriféraires d’E. Philippe a de curieuses lacunes. Parmi les brillantes mesures qu’il a prise, on peut citer au moins l’augmentation de la taxe sur les carburants qui a déclenché la crise des gilets jaunes et l’absurde 80 km/h décidé sans aucune étude préalable, suivi d’un retour en arrière qui fait qu’on n’y comprend plus rien, sans compter le coût de ces aller-retour dans la suignalisation routière (coût des panneaux et de leur mise en place puis des retours en arrière).
on fait du lavage de cerveaux des sans dents et de ceux qui ne sont rien ;;;;souvenez vous
« le plus mauvais Premier ministre de la Ve République ». Il n’avait pas encore connu ceux de la macronie!
Technique de l’UESS (Union Européenne Socialiste Soviétique) déjà rodée: propagande en fonction du candidat du système. Reste à savoir si les Français suivront.
« on ne parle plus que de lui.. » ? Ah bon ? …BFMTV, le Point Le Figaro, l’Express peut-être …BV également ?