[ÉDITO] La grossièreté d’Emmanuel Macron à l’égard de Giorgia Meloni nous fait honte

« Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés », ose dire E. Macron à G. Meloni.
Capture d'écran YT Palais Chigi
Capture d'écran YT Palais Chigi

Franchement, Emmanuel Macron est drôlement gonflé. Alors qu'il est en voyage en Inde, comme chacun sait, le président de la République n’a visiblement pas apprécié les propos de Giorgia Meloni au sujet du meurtre de Quentin. La présidente du Conseil italien a en effet posté, sur X, un court message. Citons-le in extenso :

Le message de Giorgia Meloni

« Le meurtre du jeune Quentin Deranque en France est un événement qui nous choque profondément et nous attriste. La mort de ce jeune homme d’une vingtaine d’années, agressé par des groupes liés à l’extrême gauche et submergé par un climat de haine idéologique qui touche plusieurs nations, est une blessure pour toute l’Europe. Aucune idée politique, aucune opposition idéologique ne peut justifier la violence ou transformer le débat en agression physique. Lorsque la haine et la violence remplacent le dialogue, c’est toujours la démocratie qui perd. »

Un message sobre, digne, pour exprimer la solidarité d’un pays voisin, ami et frère, qu'il est de coutume d'envoyer lorsqu’un pays voisin, ami et frère, est frappé par un terrible malheur : accident, catastrophe naturelle ou attentat causant de nombreuses victimes. Dans le cas du drame de Lyon, il n’y a certes qu’un mort. Mais tout le monde a bien compris, en France comme ailleurs, que la mort de Quentin n’est pas un simple fait divers. Que c'est aussi un fait politique et peut-être plus.

Le mufle élyséen

Réaction de Macron à ce message de Giorgia Meloni ? Il l’invite « à ne pas commenter ce qui se passe chez les autres ». De la part de Macron, cela ne manque pas de sel, lui qui pense, agit, nous dit-on, nous dit-il, en Européen ! Tout le monde est chez soi chez tout le monde, même ceux qui ne sont pas européens, d’ailleurs… Mais le pompon vient ensuite : « Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés », a tout simplement ajouté Macron. Petite délicatesse du mufle élyséen : les moutons remplacent les vaches. On a échappé aux chèvres. On dit que Donald Trump est grossier. Peut-être. Mais lui, au moins, il assume. Et il ne joue pas au bourgeois gentilhomme. Emmanuel Macron, qui donne du baise-main à tour de bras lorsqu’il fait sa tournée des cours européennes, vient de démontrer à travers ses propos qu'il peut être d'une rare grossièreté qui ne fait pas honneur à notre pays.

Alors, quelle mouche indienne a bien pu piquer Macron ?

Qu’est-ce qu’il n’a pas aimé, dans le message de Giorgia Meloni ? Que l’Europe – « notre Europe », comme il dit - découvre, tout d'un coup, que son beau village Potemkine, après bientôt neuf ans de pouvoir, est en fait un coupe-gorge où un jeune de vingt-trois ans peut être battu à mort par des nervis d’extrême gauche, en plein jour, dans la rue, parce qu’il est de droite ? Sans doute.

Au fait, Emmanuel Macron ignore-t-il, comme l’a fait justement remarquer Marion Maréchal, ce que signifie, pour l’Italie, la violence politique ? Sans remonter très loin : les années 70-80 qu'on appelle les années de plomb où attentats de l'extrême droite et attentats de l’extrême gauche frappèrent durement l'Italie. Souvenons-nous des Brigades rouges qui enlevèrent le président du Conseil Aldo Moro et l’assassinèrent en 1978. Au passage, rappelons, d’ailleurs, que la France de Mitterrand (et bien après) donna refuge à plusieurs membres des Brigades rouges. Mais ça, c'est une autre histoire...

 

Nous évoquions, il y a deux jours, les propos du ministre des Affaires étrangères allemand Johann Wadephul. Propos peu amènes à l’égard de la France et d’Emmanuel Macron. Sauf erreur de notre part, on n’a pas entendu Emmanuel Macron inviter son « cher Friedrich » à demander à son ministre de modérer un peu ses propos à l’égard d’un voisin, un ami, un frère. Curieusement...

Dans la soirée du 19 février, la présidente du Conseil italien a réagi, au cours d'une interview, aux propos d'Emmanuel Macron. Selon elle, sa déclaration sur la mort de Quentin n'était pas de l'ingérence. L'ingérence, pour Giorgia Meloni, « c'est quand un dirigeant est élu chef du gouvernement par ses citoyens et qu'on entend un État étranger dire : "Nous surveillerons l'application de l'État de droit" ». Une petite piqûre ironique en guise de rappel de la déclaration de Laurence Boone, alors secrétaire d'État chargée de l'Europe, lorsqu'en 2022, Giorgia Meloni venait de gagner les élections. Bon, en France, Laurence Boone a disparu du paysage politique ; en Italie, Giorgia Meloni est toujours là, de même, semble-t-il, que l'État de droit.

 

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

277 commentaires

  1. On peut au moins reconnaître à notre « cher » président le talent de se mettre tout le monde à dos en France comme à l’étranger. Vivement 2027 pour en être débarrassé !

  2. On connaît la mésentente personnelle qui anime les relations entre Giorgia Méloni et Macron mais de là à faire montre d’une telle discourtoisie diplomatique totalement injustifiée, il faut que le « locataire » (heureusement plus pour très longtemps mais encore trop) de l’Elysée soit sur les nerfs. Est-ce à cause de la prise de conscience de son bilan calamiteux ? Peut-être, car il semble qu’il ait récemment avoué avoir commis quelques erreurs lors de ses mandats. Il n’en tire néanmoins pas les leçons puisqu’il récidive à la moindre occasion et en particulier lorsqu’il s’évade à l’étranger. Il se peut aussi que le « gardien » ne supporte pas de retrouver, en rentrant, ses « moutons » dont la majorité ne le supporte plus.

    • A travers le message de G Meloni, il s est senti agressé. Il sait que on lui reproche son incompétence. Il l a traite d identitaire mais il a bien conscience que son bilan à elle est bien meilleur. Il a dit qu il avait fait des erreurs mais pas dans le sens du mea culpa. C est le genre qui persiste et signe jusqu à la catastrophe car il a un ego démesuré.

  3. Si la palme d’or de la honte existait il serait le grand vainqueur. C’est un bouffon qui se complait à critiquer tout le monde et est le premier à faire de l’ingérence dans beaucoup de pays, après s’être fait mettre à la porte de L’Afrique, ridiculisé par Trump d’un côté et repoussé par Poutine, écarté par l’Allemand Merz, rejeté par plus de 80% des Français, ridiculisé par L’Algérie, il a un grand besoin de prendre beaucoup de repos en maison spécialisée pour remettre de l’ordre (si possible) dans son cerveau.

  4. Quelle mouche l’a piqué ? Facile à compendre quand on compare le redressement spectaculaire de l’Italie en quelques années de Méloni et l’état d la France après 9 ans de Macronisme. Il y a de quoi être plus que jaloux.
    Forza Italia et vive la vraie France

  5. Tout aussi grave dans les reproches de Meloni. Et ça ne vise pas que Macron. : “La France a donné l’asile politique à la fine fleur des brigades rouges pendant quelques décennies.” Brigadistes légalement condamnés par la Justice Italienne. Ingérence ?

  6. Pardon madame Meloni. Le goujat qui gouverne la France n’est pas représentatif du peuple Français. Nous aimons les Italiens et nous sommes admiratifs du redressement que vous conduisez dans votre pays. Nous sommes honteux d’avoir voté pour ce monsieur qui en 10 ans à détruit à peu près tout ce qu’il pouvait détruire chez nous. Après nous avoir fâché avec un grand nombre de pays par son arrogance et son absence de sens du ridicule, Il y ajoute maintenant la muflerie diplomatique. J’espère que vous nous pardonnerez, nous vous présentons toutes nos excuses.

  7. Hollande me faisait honte au moins une fois sur deux lorsqu’il prenait la parole (c’est encore pire maintenant d’ailleurs), mais Macron c’est à chaque fois !

  8. Il suffit de bien regarder les traits du visage de notre vénéré Président pour comprendre comment il ne va pas bien moralement.
    Encore un propos délirant et irrationnel qui démontre, s’il en était encore besoin, que son mental est profondément perturbé. L’intelligence, la connaissance et l’instruction n’immunisent de la maladie, hélas !
    Madame MELONI a la tête sur les épaules et réussit à remettre son pays dans le droit chemin de la croissance et de la sécurité : elle fait des jaloux.

    • « L’intelligence, la connaissance et l’instruction n’immunisent de la maladie, hélas ! » Surtout quand elles brillent par leur absence.

  9. Je trouve la façon de répliquer de Macron insultante et grossière. Est-il devenu complètement fou? On a honte parce qu’il veut représenter la France.

  10. Le mufle élyséen doit avoir mauvaise conscience que ses moutons aient tué Quentin, mais il ne l’avouera jamais. Il est grand temps que le couple soit chassé de l’Elysée.

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