De Snapchat à l’attentat contre Bank of America : l’ubérisation du terrorisme
On parlait déjà d’« ubérisation » pour décrire des services en tout genre commandés en quelques clics et exécutés à bas coût, mais voilà que le terme s’impose désormais jusque dans le crime organisé et, plus inquiétant encore, dans le terrorisme.
Un attentat commandé sur Snapchat
C’est ainsi que l’on apprend de l’AFP que l’auteur de l’attentat déjoué à Paris, dans la nuit du 27 au 28 mars, serait un mineur recruté sur le réseau social Snapchat. Approché en ligne, il se serait vu commander un attentat à l’engin explosif devant la Bank of America, rue de La Boétie, pour la somme de 600 euros.
Depuis les faits, cinq personnes au total ont été interpellées et placées en garde à vue dans cette affaire dont s’est saisi le parquet national antiterroriste (PNAT).
Selon le ministre de l’Intérieur, le projet pourrait être en lien avec le conflit au Moyen-Orient. Il a donc invité les préfectures à la plus grande vigilance autour des sites pouvant être concernés par d’éventuelles attaques. Laurent Nuñez a encore suspecté les commanditaires d’être des « proxies » iraniens, à cause du mode opératoire qui se rapproche de celui déjà observé en Europe où des intermédiaires recrutent sur les réseaux sociaux des petits exécutants pour cibler des établissements liés à l’État hébreu ou aux États-Unis.
L’ubérisation du crime
Bien que ce soit la première fois qu’un attentat concernant la guerre qui oppose ces deux axes soit déjoué sur le territoire français, force est de constater que le modus operandi a déjà pris racine dans l’Hexagone bien avant le début du conflit. Il est même utilisé depuis plusieurs années, à tous les niveaux du crime organisé, ainsi mis à la portée des plus jeunes.
L’un des exemples les plus frappants, dont le protagoniste a été jugé au mois de février et condamné à 17 ans de réclusion criminelle, reste le meurtre du chauffeur de VTC marseillais pris par erreur pour cible par un très jeune tueur à gages, lui aussi recruté sur Snapchat par un membre de la DZ Mafia. L’adolescent de 14 ans à qui l’on avait donné un téléphone, une arme et une cible – un trafiquant concurrent – avait abattu d’une balle dans la tête un père de famille de 36 ans, totalement étranger à cette affaire de représailles.
Du proxénétisme en passant par le trafic de stupéfiants, le réseau social est aujourd’hui loin de n’être plus que cette messagerie instantanée où les adolescents peuvent s’envoyer des « selfies » à toute heure de la journée. Il est aussi le lieu où s'escalade la violence et se fait recruter la petite main. Il permet aussi d’attirer des profils plus jeunes, moins chers et certainement davantage influençables.
Rien d’étonnant, dès lors, à voir le terrorisme s’inscrire dans cette boucle infernale.
Un terrorisme à bas coût
« Un couteau et une connexion à Internet », voilà le « coût d’entrée » dans le terrorisme où vingt mineurs ont été impliqués, en 2025, en France, relève ainsi L'Express, partenaire du Paris Defence and Strategy Forum qui s’est tenu du 24 au 26 mars.
« Plus jeunes, plus isolés » et surtout « radicalisés plus vite », le phénomène s’est encore accentué depuis le 7 octobre 2023, indique l’hebdomadaire, qui évoque notamment le rôle des réseaux sociaux. L’algorithme favorise la diffusion de contenus toujours plus extrêmes et accélère les processus de radicalisation, notamment en proposant certains discours qui activent des ressorts émotionnels immédiats pour favoriser le passage à l’acte, telle l’instrumentalisation parfois du conflit israélo-palestinien, souligne le chercheur Nicolas Stockhammer.
Ces contenus circulent souvent sans lien direct avec une organisation structurée. Ils visent des publics jeunes, désocialisés, difficiles à repérer et qui, une fois captés, peuvent être redirigés vers des messageries privées où s’opère le recrutement. Un modèle qui présente un avantage majeur pour les commanditaires, puisqu’il dilue les responsabilités et complique considérablement le travail des services de renseignement.
Rudolph Atallah, ancien responsable américain de la lutte antiterroriste, résume cette mutation : « Nous étions habitués à des organisations structurées, il s’agit désormais d’écosystèmes. » Des mini-réseaux, mouvants, fragmentés, où chaque acteur peut devenir un maillon opérationnel, remplaçable à souhait.
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8 commentaires
» Des mini-réseaux, mouvants, fragmentés, où chaque acteur peut devenir un maillon opérationnel, remplaçable à souhait. » Merci le mondialisme! Il ne faut pas être grand clerc pour se douter que les premiers bénéficiaires de l’abolition des frontières serait la criminalité internationale. Il n’y a que les mondialistes pour l’ignorer, à moins qu’ils ne soient complices.
Moins dur et mieux payé que cultiver l’arachide.
Pas de bol pour Nunez, l’auteur étant mineur et Sénégalais, il ne peut pas accuser les masculinistes d’extrême droite….ses cibles préférées.
Une dizaine de mineurs ont été interpellés à la suite du saccage de la mairie de Fresnes, même profile que celui de la Bank of America ?Pas de bol à nouveau, ni masculistes, ni d’extrême droite, mais proxi de qui ?
Incroyable
600 euros c’est vraimant minable .
S’il ramassait vingt ans ferme, incompressibles, il y aurait a l’avenir beaucoup moins de candidats » pour 600 €) !
Il faudra en revenir à la peine de mort.
Il en pense quoi Thierry Breton qu’on s’attaque ainsi a son bureau. Banque of America est son employeur…
Vu qu’il peut toujours pas mettre les pieds au USA .